‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 3)Chapitre 13 sur 45 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Elisa eut toujours une grande vénération pour le sublime dévouement des sœurs de charité; aussi lorsqu'elle parlait de ces vierges hospitalières, elle disait que c'étaient des anges que Dieu faisait asseoir au chevet du moribon. Elle s'était persuadée que les vœux de ces saintes filles devaient être perpétuels; elle n'apprit le contraire que lorsque mademoiselle Joséphine d'Abrantès reparut dans le monde.

\g6 NOTICE SUR MARCELINE.

Nous la rencontrions souvent dans les salons de sa mère. Sa présence leur prêtait un nouveau charme. Elisa se plaisait à l'entendre, à lire dans cette âme si épurée d'orgueil , si modeste dans sa supériorité, qu'on eût dit qu'elle devait plus de reconnaissance aux malheureux à qui elle avait prodigué ses soins, qu'ils ne lui en étaient eux-mêmes redevables. Ohî combien elle regrettait de ne pouvoir reprendre ses charitables et pieuses occupations , et de s'être vue forcée, pour conserver la vie, de renoncer à la profession que son cœur avait choisie. Dix années de veilles et de fatigues passées dans les hôpitaux n'avaient pu manquer d'altérer sa santé naturellement délicate. Mademoiselle d'Abranîès se trompa long-temps sur le courage qui l'animait; elle prenait la force de l'âme pour celle du corps ; mais quoique l'âme ne perdît rien de sa vigueur, il lui fallut cependant céder, car le corps devint faible.

Ce fut à peu près à l'époque dont je parle,

^b'^ct SUR Marceline. 197

que parurent et la Comtesse de Villequier , d'Elisa , et le Journal des jeunes Personnes. Le docteur Alibert , qui faisait un grand cas du talent de ma pauvre enfant , sachant par expérience que le nom que Ton redit le plus est celui que l'on oublie le moins , pensa qu'il serait bien que le nouveau Journal répétât celui de l'auteur de la Comtesse de Viilequier. Deux fois , mais en vain , il avait écrit à Elisa pour l'engager à passer chez M. Duplessis (1), qui se trouverait fort heureux , lui disait-il , que mademoiselle Mercœur voulût bien contribuer au succès de son entreprise. Une troisième lettre suivit de près le$ deux autres : elle était grondeuse ; la voici :

« Que faites-vous donc, ma chère enfant ? pourquoi rester ainsi chez vous? Comment ! Soumet vient de m'apprendre que vous n'êtes point encore allée chez M. Duplessis ! Mais à quoi pensez -vous donc? Je ne vous

(1) C'est le nom du propriélaire du Journal dc:> jeunet Personnes.

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