‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 3)Chapitre 14 sur 45 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

If)^^ NOTICE Srn MARCELINE.

comprends pas ; car enfin , vous devriez savoir, ma chère petite, que qui a besoin de feu en cherche. Je m'afflige réellement pour vous de voir que dans votre position vous négligiez ainsi les occasions de gagner de l'argent. »

«Non , me dit tristement Elisa ; non , je ne néglige pas les occasions de gagner de l'argent ; mais il me répugne , à moi , de colporter mes pensées chez un éditeur, comme le commis-marchand colporte chez le riche des ballots d'étoffes pour les étaler à ses yeux. Ah ! si M. Alibert pouvait sentir quelle douleur cause à l'âme l'amour-propre blessé, il me pardonnerait , j'en suis sûre ! Mais non , il ne connaîtra jamais une telle souffrance , lui qui , riche de fortune comme de talens et de réputation, se verra toujours prévenu. Tu conviendras pourtant , maman , que si M. Duplessis était bien désireux que je travaillasse pour son journal , il viendrait m'en prier lui-même ; ainsi , je n'irai point m'oflfrir. » Puis, réfléchissant que ce serait

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faire une sottise au bon M. Alibert qui lui donnait chaque jour de nouvelles preuves do l'intérêt qu'il lui portait, et qui ne la gron dait que parce qu'il la voulait heureuse, elle me dit en me tendant la main : M. Alibert a raison , j'ai tort. . . oui. . . grand tort — Car, comme il le dit fort bien , qui a besoin de feu en cherche.... Allons.... demain je me mettrai en campagne; tu viendras avec moi, n'est-ce pas , maman ? ta présence me rendra forte , et puis je me dirai : c'est pour ma mère !

Je serais tentée de croire que Dieu fut touché de sa résignation, car au moment où nous nous disposions à aller chez M. Duplessis, il se présenta à la maison. Après nous avoir fait connaître le sujet de sa visite , il dit à Elisa combien il était important qu'un journal spécialement destiné à être lu par les jeunes personnes , ne contint que des principes de la plus saine morale^ et que, certain que la source où mademoiselle Mercœur avait puisé la Comtesse de Viliequier

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