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portance , que le lecteur pût y suivre Louis XI pas à pas ; il fallait aussi qu'il fût instruit de tous ceux que ce monarque avait faits depuis son avènement au trône ; et , pour cela , il fallait commencer par lui faire connaître quelle était la situation de la France lorsque Louis XI succéda à Charles VIÏ et quels furent les moyens dont il se servit pour remédier aux abus sans nombre qui existaient sous son prédécesseur. Alors Elisa écrivit le chapitre V Historique j et celui du Bénédictin, qui se trou* vait le premier de la nouvelle j devint le second du roman.
Elisa était si satisfaite de faire de Louis XI un roman au lieu d'une nouvelle, que je ne saurais comparer la joie qu'elle en ressentait qu'à celle d'un enfant à qui l'on n'avait promis qu'une petite poupée et à qui on en donne une grande. Pauvre petite ! sa joie devait peu durer ; il me semble encore voir l'expression de bonheur qui se répandit sur ses traits quand elle me dit :
— « Du courage , ma petite maman , du
courage; il me faudra plus d'ornemens (i), l'édifice étant plus grand. Mais aussi songe que Louis XI fera notre fortune et notre réputation ; oui , notre réputation. Tu ris ; mais n'est-il pas juste que , participant aux frais, tu partages les profits? Il faut aussi, vois-tu , que chaque chapitre devienne un des rayons de mon auréole de gloire. »
Pauvre enfant ! elle est allée demander au ciel d'y ajouter les derniers rayons ! ! !
V*= MERcœuR ,
Née A<]élaïde Aumand.
(1) C'est ainsi qu'elle appelait les notes que je lui fournissais.