SI I
LEtTRE LXXV-.
rieuse comme 1 animal léger- qu’elle conduisait en laisse. Je m’intéressais sur-tout' au sort dïlinine où je croyais^ trouver quelques rapporfsavec le mien. Marie me montra de loin la c&bane paternelle ou elle retournait; ce trajet ne nujoigjtait pas d’un quart de lieue et- la nuit était loin encore >jè la suivis. '.•» Près de fer porte, sous un bêtre qui avait vu naître et mourir Ijien des générations > latnère do Marie -filait au rouet , et lajeuue fiancée, assise auprès d’eljc,,
Hiouil]ait-de ses larmes lte chanvre dont elle eutou-
fait sa quenouille. l>a more et la fiHe m accueillirent avec une effusion (Je bienveillance que je n ai .pas souvent rencontrée dans la monde où j ; ai vécu. Tandis qulimine w servait une tasse de' erême que j’avais demandée-, j eus le terçps-d’observer Ja délicatesse de .ses traits , l’éléganto légèreté dè . $a taille, et l’expéeasion d’une physionomie charmante, qu’embellissaient encore les traces du chagrin profond dont elle portait l'empreinte.. Je ne lui cachai pas que j'en conuaissais la cause,, ef j’interrogeai plus particulièrement sa iHpre sur les circonstances du mariage projeté ou. elle était contrainte- «On ne mp contraint, pas, interrompit vivement lirrpne, et c’est volontairement que j’épouse un homme qui fait le bonheur de mon père et de.pia mène, -v II est bieto vrai, reprit cette bonne femme, qu’Êntine se sacrifie- pour nous : nous sommes bien pauvres.
III CÉCltE.
mon mari et moi, et Eaourétw en -épousant nia
fille, nous donne' un toupie de belles vaches et cent écu* comptant, avec lesquels nous voilà bien sûrs cfc ne manquer’ de rien dans , nos vieux jourV — Mais elle en aimé nn autre? dis-je à la mèi*e. — Ifflas oui, et noüs l'aimons fous; mais mon neveu Hoson n’a pouriui que. son adresse, son agilité et sofa courage-, et llii-mélfac a renoncé à la main • d’Émine, dqpuis qu’iT a ch connaissance des intentions ‘grand pasteur. — floson, Continua la jéifne fiancée eû versant un tocrent de larmes , s'apprête à quitter lfe pays; il va s’engager, et nous ne le reverrons jamais dans nos montagnes. — Prévenex-le de venir vous trouver demain ici , à pareille heure; je viendrai moi-même, fit peutjêtre,en nous concertant énseinble, tron-vcrons-mûisle ino^en dclcretenirparini vous. » Ea jeune fille, quisMd? devinait ma pensée, s’est jetée 'sur ma main, qu'elle baisait en sadgloltant; sa mère me remerciait sans savoir de quoi, et je me suis éloignée de cette cabane, avec la douce espérance d’y ramener demain l’amour et le bonheur^ . . • • .
Vdus apprendrer. dans une autre lettre qnel aura
été la succès de ma seconde visite à la cabane du * .
bon homme Lézer....
Adieu pour cé soir, mon tendre ami; chaque •fois que je quitte la plume, il/me semble qup je
brise un des liens qui nous unissent.... Cependant je ne puis plus écrire, mes pleurs tombent sur ce papier: que j’envie son sort! Dans quelques jours, il sera entre tes mains.... tu pourras le presser sur ton cœur.... A toi, pour la vie, Anatole; pour la vie et par-delà.