‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Cécile, ou les passions. Tome 2Chapitre 15 sur 41 · PAULINE À -CECILE · texte numérisé non relu

PAULINE À -CECILE

. * • • Blois, ■ 787 .

* .le suis venue passer quelques joues à Beauvoir, chez mon oncle ( ne tremble ‘pas pour mon répos ; c]est un véritable oncle* que celui-là; soixarft&seize ans, i-embourré d.e flaneHe au mois d'août, fumant et grondant du soir au matin ). On a est imaginé quele voisinage de Blois, à l’époque de la foire, ferait diversion- au pbagrki qaieme cause ,1e dépArt-tTAlbert; les bonnes gens ne se doutent pas du service qu’ils me pendent : ici je n’ai pour Surveillante que ma vieille gouvernante, madame Dufaut; j’aurais le tempsd’écrire vingt lettres pendant quelle prend son café avec sa contemporaine la baronne du Terrage; qui fait, depuis une quarantaine d’année», les lionueurs du castel. Nous allons presque tous les jours nous ptomener à la foire; nous passons devant le bureau de la poste , et j’ai tin singulier talent pour glisser une lettre dans la boîte ; j’en u’serai ce soir

• Digiti

LETTRE LXXIX. l3«

pour la Seconde fois •- c’est assez te dire pour qui j-’ai fait nia première épreuve. Eh.hiqn ! oui , mademoiselle, votre frère- no »est décidé ài partir qtre sur la promesse que je lui. ai faite de lui écrire, et je suis esclave de ma parole. 11 est allé soutenir son

examen -à Brest;' instruit comme il l'est, il ne man-

quera pas, d’être aspirant garüqr-marine; six. mois après oa l'expédiera sur quelque frégate, à l'e&trémité du monde; il en reviendra dans cinq oh six ans peut-être, et nous troüs marierons quand il plaira à Dieu. Voilà ce qü’on Appelle dès arrangements.de famille, ou l’on n’a oublié de^consulter que ceux qu’ils intéressent; nous sommes sijeunes, disent-ils, comme s’ils avaient peut’, que nous fussious trop longtemps tjeuneèxl Que jé leur en voudrais, Cécile,, si je ne trouvais *au fond' de mon cœur ,uue sorte de plaisir à me sentir dans une situation semblable à la, tienne ! J’ai de la patience pour tes chagrins, j’en aurai pour les miens;. après tout, la patience n’ést qu’use espérance projongée.

Depuis ton départ, je n’ai pafs luis le pied à Beaavoÿ-, ce qui ù’a pas empêché que nous il ayons eu plusieurs fois à Champfleury la visite de l’odieux Montford ét de ton père. Je ne te cacherai pas, mon artyè , que ce derniet a parlé de ton mariage avec le comte comme d’une chose convenue, et à laquelle toi-même avais donné .ton consentement : ■j’ai élevé quelques doutes d’un ton assez équivoque

î 3 n Cécile. ’

pour laisser NlontfoMIncertain’Sur le sentiment qui me les inspirait. Je lie serais pas éloignée de croire cfti'fl ait vu un peu dejalousie dans mon fait, et si j’ai bien interprété lé regard qu’il a glissé sur-moi , il voulait dire : Què voulee-vous? les 'choses sont

trop avancées. « Décidément le chcvtolier d’Hpi val a raison, cet homme nes\ pas seulement un fat, cest un sot et un méchailt»

Je ne serai pas assez bète ponr.te donner des nouvelles d’Anatole; j’entends dire aux uns qtl’il est à Paris, aux -autres qu’il est parti pour l’Angleterre, à M. d'Kpival qw’il’g'est retiré chez som père-, ch Provence. Tu sais .probablement mieux que moi ce qu’il en pst.' , . •

l.a saison - des eaux avance, ma chère Cécile : n’èn verrai-je pas la Rrt? A bientôt pourte revoir, à toujours pour t aimer;

LETtnE L XXX I 33.

. LftTTHE LXXX. -

CÉCILE A SA MÉKE.

Nite', 1787 -

Ma bonne, ma tendre mère, quelques mots échappés à ma tante «l’ont fait concevoir de vives alarmes sur votre santé. I^es prétextes qu’elle a troués, pour ne pas' me permettre de lire le passage de la lettre où M. -d’Épival lui donnait cette triste nouvellement augmenté mes inquiétudes : je serais partie sur-le-champ pour vous rejoindre, si je ne courais risque que de ma vie, A entreprendre en ce moment un si long voyage. Au nom du ciel , rassurez-tnoi

I Cécile et madame de Neüville étaicnlftoujours à Barègcs, mais leurs lettres, étaient timbrées* de Nice. Madame de Neuville en donne la raispn dans une de ses lettres précédentes.

II est aisé devoir qu’eutre cette lettre et 1# précédente, il existe

une lacune de deux ou trois mois; on, a .eu et Ton aura plusieurs fois la même remarque à faire dans le cours de cette correspondante. - * .

1 34 ck’cile.

par un mot de votre main! Ma situation est déjà si cruelle !.... qjje deviendrais-je , .si j'allais apprendre que lç& chagrins que je vous cause ont mis vos jours en daDger?

.1 embrasse vos genoux. •

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