‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Cécile, ou les passions. Tome 2Chapitre 17 sur 41 · ii · texte numérisé non relu

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LETTRE I.XXXV

Sans monter plus haut, nous passons sous une petite voûte en forme de corridor, qui paraissait se terminèr par une muraille rouge et transparente : nous avançons et nous nous trouvons derrière une simple cloison de serge; nous faisons, aux deux extrémités, des découpures pour y appliquer nos yeux. Dans une salle ronde, éclairée par une lampe de fer suspendue au plafond, un vaste lit de camp, séparé en plusieurs parties; forme un demi-cercle précisément en face du lieu où nous sommes; au milieu de la salle, positivement au-dessous de la lampe, une table, dressée et servie avec une sorte d’élégance sauvage, annonce que l’on attend cinq convives. Au-dessus de chaque lit , un feutre pointu ou un bonnet de plumes de coq indique le sexe de la personne qui l’occupe.

Pendant que nous nous communiquions nos observations à voix basse , les sons lugubres que j’avais entendus la veille parviennent jusqu’à nous, et sont interrompus quelques moments après par les éclats de rire qui annonçaient probablement la fin de cette scène de fantasmagorie. Comme j’en faisais la remarque , un rideau semblable à celui derrière lequel nous étions placés, se lève, et nous voyons entrer à la file, un homme à longue barbe, le corps ceint d’un cordon; trois femmes : l’une âgée d’environ cinquante ans (l’imagination ne se représente pas la Fatalité sous d’autres traits) était suivie de deux jeunes filles

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