DO
CECILE
ser un cri articulé, mais inintelligible, et nous arrivons assez tôt à l’escalier pour voir toute la famille descendre, ou plutôt se précipiter, au-dessus de nos têtes , par le noyau du même escalier , au moyen d’une corde qui le traversait dans toute sa longueur. Arrivés au bas, c’est-à-dire à vingt-cinq ou trente -pieds au-dessous du sol, nous nous trouvons dans un vaste souterrain , au centre duquel vient aboutir, à cinq ou six pieds de terre, le noyau de l'escalier.
Ce cachot n’a pas d’autre issue que la porte étroite par laquelle nous venons d’entrer. Bien sûrs que les esprits très matériels que nous poursuivons sont cachés dans ce souterrain , au milieu duquel pendait encore la corde qui les y avait conduits, nous en parcourions tousles coins , lorsque Charles , en approchant sa lanterne de la muraille, y lut ces mots : Les oubliettes /.... Cet avertissement nous remet en mémoire les vieilles traditions du château, et nous finissons par découvrir, au centre du cachot, la trappe fatale qui s’ouvrait sous les pas des malheureux que la vengeance précipitait jadis dans ce lieu de destruction : il n’y avait pas moyen d’en douter ; c était par-là que s étaient échappés le gnome et sa famille. Nous n’étions pas tentés de les poursuivre dans cet abyrne , et nous nous contentâmes d’amonceler assez de pierres et de décombres sur l'ouverture du gouffre pour nous assurer que les
hôtes de la tour ne pourraient y rentrer, du moins par ce passage.
Cette expédition faite, nous remontâmes dans la tour pour y visiter, plus en détail, des lieux où se perpétuait, depuis trois siècles, une famille inconnue à ses contemporains. Ce que nos recherches nous ont jusqu’ici procure de plus curieux , c’est un manuscrit qui me paraît renfermer l’histoire de cette singulière colonie. En voici l’extrait :