‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Cécile, ou les passions. Tome 2Chapitre 35 sur 41 · j(l 'CÉCItiK · texte numérisé non relu

j(l 'CÉCItiK

prendre le tempÿ de -répondre aux qnestious qu’il

ni adressait avec colère. . ‘ .

.le revins au bout d'un quurt-dbeure, et je le retrouvai ne promenant à grands pas sur la terrasse où je- l’a vais laissé : ses pistolets étaient posés sur lh balustrade. • • ■ .- *

» Je suis prêt à vous écouter pour la dernière' fois',, inc dit-il , mais n’attendes de moi aucune concession ; mon parti est pris irrévocablement, et nulle puissance humaine, ajouta-t-il en se saisissant d’un pistolet, né pourrait me contraindre à vivre un jour dé

■ — Suivëa-moi donc , lui dis-jé ,- mais prene*/ avec vous vos deux àrinCs , vous 'en trouverez L’enrploi. v Zf

En disaüt ces mots, je le saisis par le bras avecune sorte de viplçnce , et je le conduis dans sa cbaml»re. » •

Je iiesstdei-ài pas- de vous retracer dans ses détails unescène dont aucun langage humain ne pourrait vous donner l’idéo. ■' 1

Le prenibr objet qui frappa les yeux d’Anatole en entrant dan?, cette chambre ftft nn enfant quijouait sur son ht avec le pdrtràit de Cécile.}.. « Qu’est-ce ? s’écria-é-il avec- mn mouvement. 1 convulsif ; quel est eet enfant?.... » Qu avait-il besoin de ma réponse h... 11 sciait approché; l'enfant avait 'stuiri en kti ten-

dant ses petits bras , et l’heureux Anatole , qui s’eu était saisi dans le délire de sa joje , le oeuvrait de baisers et de farntps , en répétant : « C est elle! c’est Cécile ! c’est Nathalie !•'•». ■ . . . : t .

— Qui, Anatole., voilà l’enfant qui ira plus que vous au monde, et qui vous supplié' de lui conserver son père.... . * • ; .

. • — Spn père! s’écria-t-il; je suis un monstre, indigne de ce vnom , indigne de ton amitié.'... bâche que je suis, je voulais mourir pour échapper aux remords d’un premier crime, aux tourments d’une existence vouée à d'éternels regrets ; -ma. vie ‘avait causé la porté delà mère, ma mort allait immoler l’enfant, et attacher à ma mémoire le nom de parricide! , . . .

. On eût dit que çet adprable pétite créature éprouvait quciqué chose du sentiment; quelle inspirait ; elle regardait Anatole , passait sa main sur ses joues, et les sentant baignées de larmes, elle se mit à pleurer.

11 la pose sur- son lit, et' se mettaqt à genoux devant elle ; « Non , noa , s’écria-t-il en joignant les mains , je ne mourrai |>as ; j« vivrai par toi ,. pour toi ; et mon amour te rendra ttunère. »

U la couvrait de baisers, puis se jetant dans nies bras: «Pardonne-moi, Charles, et fais. que je me ’ pardoum: à moi-même : dis-moi que j’ai rfcçouvré

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tou estime; que mon cœUf n’est pas niorf.à la »m-

,tu » *• • * . • • * **

Apres quelques irfonrents passés dans' les effusioits de Inimitié, dans les transports de l'amour paternelç jciftrai avec.\natole dans les détails d’un évènement qui changeait encore une fois -sa destinée. . * •. • •

Le lendemain du jour ou j avais répondu à-sr derqlère lettre, j’étais-parti pour les Pyrénées avec l’intention d’en ramener l’enfant. Je né m’attendais pas à. l’obstacle nouveau que j’aùrais à vaincre' de la part de l'honnête famiHc à laquelle Nathalie avait été confiée. Toutes le$ raisôns que je donnai, toutes les offres d argeut que je fis n’anraient jamais déterininé le bonhomme F ,ézer et sa femme à remettre en d -antres mains, que' dans celles de CécHe ou dans les vôtres un enfaiit qu’ils adoraientf • ■ ■

.Je leur racontai les malheurs de- Cécile; je leur montrai la dernière lettre d Anatole, et je tï’eus point de peine à les convaincre que la présence de Nathalie pôftvait seitle sauver les jours de sou père.

u Eh bien! me dit -le houdiomme Lézer quand j’etts cessé de parler, j’ai d£s raisons-pour croire à la vérité de l’histoire que vous nous faites, et je vois im'nmyen de votts^ftisfaire sâps manquer à notre prtHm-sse.... - . •• •

« f èiniue , ajoutadl’ ea parlant à la -nourrice , tu •

IjETTiVECVII.

vas partit avec ce monsieur; tu 4e suivras par-tout où il voudra te Conduire; mais tù ne- remettras l'etr fantqù’à une de* deux dames que nous connaissons.

— Qu à cela ne tienne, reprit la fenjnie dn vieux pasteur; à cette condition * mou cher monsieur., jme voila^préte à vous. suivre. i» '? . •

• En moins d’une heure toutes les dispositions furent faites^ mais queJc moment de la séparation fut pénible pour Ces bonnes gens ! • 4 1 • ’ .

La nourrice ne pouvait s’arracher des bras de son mari et de ses ènfants, et tous sp disputaient le bonheur de donner un dernier. baiser à çette charmante Nathalie qu’ils appelaient leür fille, leur sœur, et qui leur rendait leurs caresses avec une grâce enfantine dont on n’a point d’idée quand on n’a’ point vu cette petite merveille.

Quelque langue et quelque rapide qu’ait été notre course , l’enfant et la nourrice n’out ,point souffert. Le moment où cette excellente femme a pfru devant Anatole a été pour lui un nouveau sujet de joie; elle s’est arrêtée un instant dev.ant lui, l’a regardé, et lui sautant au cou :- « Ah!-ma fine, s’écria-t-elle, je n’ai pas besoin d’autre preùve, et notre chère petite u’a pas $ie père, si, vous netés pas

le sien '4W •

J'ai p^ssé uue partie d"a nuit à vous écrire, et je puis vous dire, ce matin , eu fermant ma lettre ,

CÉCILE

que depuis long -temps |ü n’ai goûté quelques . heures d’un sommeil aussi tranquille. Jamais je ne m’étais couché de sh bonne humeur avec le Ciel- et avec le» hoiumes. * - * ; ' ,

• .-Je ne sais quel heureux pressentiment .s'empare de moi à. mon réveil; mais il ibe semble que Nathalie est la colombe de l’arobe-, et quelle nous présage encore de beaqj jours de. cœur d'Éntili» en sera toujours pbur moi le plus infaillible garant.

LETTHE CVIII.

LETTRE GVIIÎ.

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