‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essai sur les moeurs. Tome 3 (volume 3)Chapitre 11 sur 56 · IP · texte numérisé non relu

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Qu'il eit grand, qu’il cil doux de se dire à soi-même :

Je n’ai point d’ennemis , j’ai de» rivaux que j’aime ;

Je prends part à leur gloire, à leurs maux, à leurs biens; l,cs arts nous ont unis, leurs beaux jours sont les miens. Cou ainsi que la terre avee plaisir rassemble Ces chênes, ces sapins, qui s’élèvent ensemble :

Un suc toujours égal est préparé pour eux;

l^ur pied touche aux enfers , leur cime est dans les deux ;

Un tronc inébranlable et leur pompeuse tête

Résiste, en se courbant, aux coups de la tempête;

Ils vivent l’un par l’autre, ils triomphent du temps:

Tandis que sous leur ombre , ou voit de vils serpents Sc livrer en sifflant des guerres intestines ,

Et de leur sang impur arroser leurs racines,

Voltaire, Disc, en vers.

La jalousie, dans les arts, est le vice de la médiocrité: on l’a dit; je le crois; et l’expérience le prouve, à quelques exceptions près qui semblent encore confirmer la règle. Les quatre plus grands poètes du siècle de Louis XIV, Molière, Boileau, Racine et La Fontaine, ont vécu long-temps ensemble dans l’intimité la plus étroite, et se rassem-

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