UN DINER D ARTISTES
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blaient, une fois par semaine, avec failli. Mignard et Dufresny.
Chapelle, un des coryphées modernes de la secte épicurienne, les frères Broussin, connus par leur amour pour la bonne chère, le conseiller Brilhac, et plusieurs autres personnages de distinction, avaient, à la même époque, fondé un dîner hebdomadaire à la Pomme-de-Pin , dont on peut se faire une idée, en songeant que les Plaideurs et le Chapelain décoiffe furent, en grande partie, composés dans ces joyeux repas.
C’est de là que datent ces réunions d’artistes et d’amateurs, si communes dans le dernier siècle, et qui se sont continuées, depuis, sous différents noms. La première qui ait joui d’un grand éclat est la fameuse Société du Temple, où le grand-prieur rassemblait, à jour fixe, tout ce que Paris avait alors de gens aimables dans les lettres et dans les arts.
Quelques années après se forma, sur un ton aussi gai, mais avec beaucoup moins de luxe, la Société du Caveau, qui compte, au nombre de ses fondateurs, Piron, Duclos, Fuselier, Crébillon fils, Boucher, Bameau, Bernard et Collé. Jamais la gaieté, l’esprit et le goût, n’érigèrent à la critique un plus singulier tribunal ; ses arrêts se rendaient en chansons, et portaient, le plus souvent, sur les productions de ses propres membres. Le besoin de rire, l'absence de toutes prétentions, l’alliance assez dif-
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ficile d'une extrême malice avec une sûreté de commerce inaltérables, accrurent, en peu de temps, la célébrité du Caveau : des gens de la plus haute distinction, M. le comte de Maurepas, lui-même, alors premier ministre, sollicitèrent la faveur d’y être admis.
Après la dispersion des confrères du Caveau , le fermier-général Pelletier fonda chez lui un dîner, dont il existe encore plusieurs anciens convives, qui peuvent se rappeler y avoir vu Sterne et Garrick, pendant leur séjour à Paris.
Dans ces derniers temps, les sociétés du Vaudeville et du Caveau Moderne, en donnant trop d’importance au matériel du repas, et trop de publicité à l’expression de leur joie, paraissent avoir moins songé à leurs plaisirs qu’à la réputation de leur cuisinier et à celle de quelques uns de leurs membres. La gène qu’impose à chacun des convives l’obligation du tribut poétique auquel il est régulièrement assujetti; la rivalité et bientôt après la jalousie, qui manquent rarement de s’établir entre • les hommes qui cultivent la même branche de littérature et luttent constamment sur le même terrain, doivent mettre trop souvent l’amour-propre aux prises , pour que la franchise et la gaieté n’aient pas quelquefois à s’en plaindre.
Peut-être est-il indispensable, pour qu’une société de cette espèce conserve tous ses avantages , quelle
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se compose d’bommes de talents, d’esprit et de conditions diverses, dont la supériorité , dans des genres différents, ne puisse être l’objet d’aucune comparaison directe, ni le prétexte d'aucune usurpation. Il existe à Paris un modèle de réunion de ce genre : la troupe aimable des artistes qui l’ont fondée se rassemble, tous les quinze jours, à un dîner sans faste, dans un petit local calculé tout juste pour une table de vingt-cinq personnes, parmi lesquelles on compte des poètes, des musiciens, des peintres, des comédiens, des sculpteurs, et même un médecin, qui n’est pas fâché de se trouver, de temps à autre, avec de bons vivants.
Soigneux d’éviter les regards d’un public, qui peuvent être aiguillon de gloire, mais qui ne sont jamais aiguillon de plaisir, ces aimables confrères ont d’autaut plus d’esprit , qu’ils cherchent moins à en montrer, et s'abandonnent d’autant plus franchement à leur gaieté naturelle, que personne ne tient registre de leurs folies. Les impromptus du poète sont mis au même instant en musique par le compositeur, exécutés par le chanteur, et fournissent quelquefois au peintre l'idée d’une caricature; mais ces productions, enfants d’un joyeux délire, s’évaporent avec lui , et n’ont d’autre objet que de remplir agréablement l’heure qui les a vues naître.
Je me suis rencontré , il y a quelque temps , à la campagne , avec un gentilhomme napolitain que
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UN DINER D’ARTISTES, j’avais autrefois connu chez le marquis de Caraccioli, son parent. 11 a conservé pour les artistes français de ce tcmps-là un grand fonds d’estime, et m’a rappelé, avec uu plaisir extrême, le beau printemps de 1 763, que nous passâmes à Épinay chez madame de Lionne, où Vernet, Lagrenée, Coustou, Soufflot, Lekain, Caillau, Sédaine et Grétry, se réunissaient toutes les semaines. « J’ai parcouru tous les royaumes de l’Europe, ajoutait-il, et je n'ai rien vu, pour l’esprit et l’amabilité joints au talent, qu’on puisse comparer à cette réunion d’artistes célèbres. Le modèle en est perdu, même pour la France, et il est bien douteux qu’il s’y reproduise jamais. » Pour toute réponse, je fais inviter mon Napolitain à dîner à la Goguette, un jour où l’assemblée était au grand complet.
Je le conduis chez un traiteur d’assez modeste apparence , mais auquel ses hôtes sont demeurés fidèles, en reconnaissance des services qu’il leur a rendus dans des temps moins heureux. La salle est décorée simplement, mais avec goût; la table sans faste, mais avec abondance. Pendant la première partie du repas, on s'occupa des nouvelles de la république des arts : une vente de tableaux , une pièce nouvelle, l’annonce d'un concert, la mort d’un artiste célèbre, devinrent tour-à-tour le sujet d un entretien ou l’étranger, à côté duquel jetais assis à table, eut plus d’uue fois occasion de remarquer
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avec quelle grâce , quelle facilité , quelle érudition sans pédanterie , s’exprimaient plusieurs des convives. ç
Insensiblement la conversation cessa d 'être générale, et je pus répondre aux questions que m’adressait l’étranger sur les différents personnages avec lesquels il se trouvait, et qu’il ne connaissait encore que de réputation.
« Quel est, me dit-il, ce grand jeune homme qui parle peu, mais avec une justesse remarquable, sur tous les points que l’on discute ? A peine paraît-il âgé de trente-cinq ans , en dépit de cet énorme cadogan , de cette grecque poudrée , d’une date bien antérieure. — C’est un de nos peintres les plus estimés : jeune encore , il jouit déjà d’une réputation brillante et méritée. Plus coloriste que dessinateur, il suit les traces de Itubens , qu'il semble avoir choisi pour modèle. 11 a, comme vous l’avez remarqué vous-même à la dernière exposition, quelque chose de cette fougue d’imagination, de cette hardiesse de pinceau, qui distinguent le chef de l’école flamande, dont il a même emprunté quelques défauts : au demeurant, homme simple, laborieux et modeste, et ne connaissant du monde que ce qu’il en voit par les fenêtres de son atelier. »
« A la droite de ce peintre, vous reconnaissez sans doute le premier de nos tragédiens. Ecoutêz-le raisonner sur son art , et vous ne serez point étonné de
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l.i supériorité qu’il s’y est acquise. L’étude d’un nouveau rôle l’absorbe tout entier pendant trois mois; car ce ne sont point seulement les vers du poète qu’il veut rendre, c’est le personnage lui-même qu’il veut représenter; et l'illusion étonnante qu’il produit dans plusieurs de ces rôles ne tient pas moins à la sévérité de mœurs et de costume qu’il a introduite sur la scène, qu’aux inspirations de son orne et aux ressources de sou admirable talent. Libre des soins, des travaux et de la pensée du théâtre, il ne vous offrira plus qu’un homme aimable, quelquefois même qu’un grand enfant que la moindre chose distrait ou inquiète.
« — Dépêchez-vous, je vous prie, de me dire si je me trompe sur l’idée que je me forme de cet homme en habit marron , qui fait de si mauvaise grâce les honneurs d un des bouts de la table. = Vous parlez du plus habile homme qu’il y ait en France; et vous en conviendrez, quand vous aurez appris que cet étranger, dont la Prusse nous a fait présent il y a vingt-cinq ou trente ans , s’est établi , de sa propre autorité , contrôleur des beaux-arts qu’il n’a jamais cultivés, auxquels il n’entend rien, et qu’il a su pourtant rendre ses tributaires. Vous le trouverez ici, pareequ’on le trouve partout où il y a un bon repas , un bon marché ou une bonne dupe à faire.
« Eu face de Manlius, est un de nos modernes
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Orphées. Get habile compositeur est parvenu , dans quelques uns de scs ouvrages, à réconcilier Gluck et Piccini , en adoptant un système de musique où les beautés différentes de ces deux grands compositeurs trouvent naturellement leur place. Ce musicien est du très petit nombre de ceux qui combinent aussi agréablement les mots de la langue que les notes de la gamme, et qui se feraient écouter avec le même plaisir dans une tribune et dans un orchestre : sou caractère est digne de son esprit et de son talent
“ ,,le suis tu pour vous laisser écouter l’anecdote que vient de raconter, avec tant d’esprit et d oiiginalite, celui de nos peintres dont vous aimez par-dessus tout les tableaux. — Comment ! c’est là ce \ andyck français à qui je ne connais rien de comparable pour la vérité, l’élégance, la variété des poses, la beauté des chairs, la grâce de la composition et le grand goût des accessoires? — C’est lui-méme, et je vois que je n ai rien à vous apprendre sur ses ouvrages. J’ajouterai qu'il leur doit une fortune dont il fait le plus noble usage : sa maison est le rendez-vous de tous les talents, et il y donne 1 exemple de cette honorable confraternité qu’il est moins rare de voir régner parmi les artistes que parmi les gens de lettres.
“ Cet autre, dont les saillies et les calembourgs excitent de si longs éclats de rire à l’autre extrémité
Ermite, t. ni.
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de la salle, porte un nom fameux dans la peinture. Son père, que vous avez connu jadis, et dont il n’a dégénéré en aucune manière, partageait avec M. de Bièvre le sceptre du calembourg ; ce qui ne l’a pas empêché de produire des chefs-d’œuvre. Son fils a fait tourner au profit de son talent sa passion pour les chevaux, qu'il peint dans un degré de perfection où personne avant lui n’avait encore atteint. Un tableau de bataille, qu’il vient d’achever, lui assure un rang distingué parmi les meilleurs peintres dans ce genre. Cet artiste a trouvé le secret de soutenir un nom célèbre, et l’a transmis à son fils, qui s’annonce avec plus d’éclat encore dans lu carrière où sou père et sou grand-père se sont illustrés.
u — Dites-moi, ce gros bossu en habit vert, qui rit tout seul et toujours, est-il bien gai? sa physionomie si ronde et si ouverte est-elle bien franche? — Vous avez deviné juste: cet homme, eu dépit de son masque naturel, est triste, envieux et faux. C’est un ruaitre maçon qui s’est donné pour architecte, et qu’on a pris pour tel, dans uu temps où I on se croyait trop heureux de coucher dans la rue. Il a bâti quelques maisons de fruitières dans les faubourgs, restauré quelques baraques dans la Cité, et s’est laissé persuader qu’il était un Mausard. Qu’aurait-il gagné de plus à l’être effectivement? Il a fait fortune, et jouirait, dans sa retraite, du repos, de l’aisance, de la sauté, de tous les biens qui sont si
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rarement le partage du vrai mérite, si la basse jalousie dont il est tourmenté ne lui faisait un supplice continuel des succès et du bonheur des autres.
“ Voulez-vous de la gaieté franche et communicative, un talent supérieur dans un genre aimable, une aine élevée sans orgueil , de l'esprit sans prétention ? Regardez ce petit homme à ma droite, qui va vous dire une clwse pas plus grande cp,e rien, dont chaque mot est un trait plaisant, dont chaque geste est une espièglerie. L'amitié l’unit depuis longtemps au grand peintre que vous avez surnommé le Vandyck français; ce sentiment, auquel l'amour des arts semble prêter un nouveau charme, s’est manifesté par des actions et dans des circonstances également honorables pour l’un et pour l’autre.
“ 11 Y a long-temps que je n’ai fait un aussi
agréable repas (me dit mou Napolitain en riant aux éclats de 1 histoire d’un Gascon émigré, qu’un des convives venait de raconter de la manière du monde la plus spirituelle et la plus originale ) ; et ce qui me Paraît distinguer bien honorablement cette société d’hommes à talents, c’est une bienveillance réciproque qui semble exclure tout sentiment d’amour-
propre. — Ne vous y fiez pas, lui répondis-je; en tait d amour-propre, nous avons ici ce qu’il y a de mieux. Vous voyez bien ce grand garçon qui se balance dans sa chaise d un air si nonchalant? il a trouvé le moyen ( et cela notait pas facile) d’avoir
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plus de vanité que de inélite; sn politesse n’est qu’une manière de vous avertir de prendre garde a lui. 11 se complaît de si bonne foi dans ses perfections, qu’il est plus surpris que fâché des éloges dont un autre peut, en sa présence, devenir l’objetrll a, dit-on, des critiques à ses gages dont il dirige la plume, et avec l’aide desquels il porte à ses rivaux des coups d'autant plus dangereux, qu’il sait mieux que personne l’endroit où il faut frapper; mais je ne serais pas du tout éloigné de croire, que l’amourpropre et l’amour de l’art fussent tellement identifiés en lui, qu’il ne regardât comme l’acquit d’un devoir, le bien qu’il fait dire de lui et le mal qu’il fait dire des autres. C’est un de ces hommes qui font le désespoir des flatteurs les plus aguerris, parcequ’on ne peut jamais, quelque louange qu’on leur donne, les devancer dans la bonne opinion qu’ils ont d’eux-mêmes.
« S’il était besoin de contraste pour faire ressortir un caractère aussi marquant, on pourrait supposer que le hasard seul n’a pas placé près de lui ce jeune homme d'un maintien si modeste et d’un talent si distingué. Son début dans la carrière a éffr marqué par un triomphe d’autant plus flatteur, que ses confrères eux-mêmes l’ont proclamé. — Je me rappelle cette circonstance également honorable pour le jeune artiste et pour ses rivaux ; mais un si puissant motif d’émulation n’accuse-t-il pas l’iudif-
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férence affligeante à laquelle il s’est abandonné, et qui prive la France des chefs-d’œuvre que d'aussi brillants essais l’avaient mise en droit d’attendre? — Peut-être croit-il avoir assez fait pour sa réputation ; peut-être ( la modestie elle-mcme a son amour-propre ) craint-il que de nouveaux efforts ne le portent en-deeà de son premier élan ; peutêtre enfin ( cette supposition est la plus vraisemblable, car la sensibilité, source des grands talents, l’est aussi des grands chagrins ), peut-être quelque peine secréte absorbe-t-elle toutes les forces de son aine. Il y a des moments où tout ce que l'on peut faire , c’est de vivre.
« — Je remarque là-bas un homme qui me semble devoir s’acquitter très gaiement de cette obligation. Quelle face épanouie! quel air de santé, de bonheur! — C’est un garçon d’esprit qui s’est proposé, de très bonne heure, ce problème qu’il a fort habilement résolu: Concilier avec le goût des lettres le soin de sa fortune. Il cultive une branche de commerce dont les arts dirigent et perfectionnent les produits, et rend le luxe de l’Europe tributaire du goût et de l’industrie française.
u Son voisin, par un effort plus généreux, a sacrifié, en maintes circonstances, son intérêt à sa réputation. Digne émule des Étienue, des Plantin, et de son père, il honore un nom déjà célèbre dans l’art typographique, qu’il a perfectionné par les
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plus utiles et les plus ingénieuses découvertes. Les monuments qu’il a élevés aux classiques latins et français lui assurent, comme imprimeur, une réputation à laquelle, en qualité de savant et d’écrivain, il a déjà droit de prétendre, et que relève encore un renom de probité qui le distinguerait , même dans un temps où cette vertu serait plus commune.
'• — Quel est cet homme, presque en face de vous, dont la physionomie a je ne sais quoi de fin, de sardonique, qui donne une expression toute particulière à des traits d’ailleurs assez insignifiants ? — C’est un littérateur très instruit, très malin, et très aimable (tjualités qui semblent s’exclure, et dont la réuniojiïést un des secrets de son caractère). Doué d’une tournure d’esprit originale, il a le besoin de la célébrité sans en avoir le goût . il renonce au repos qu’il aime , et dédaigne la gloire qu’il poursuit. Sans faire cas de rien, il aspire et parvient à tout, pour avoir le droit d’apprécier le mérite et les efforts de ceux qu’un pareil succès enorgueillit. L’intervalle qui sépare l’ignorance du savoir, la sottise du bel esprit, ne paraît long, s’il faut l’eu croire, qu’aux yeux de la vanité qui le mesure; et (la réputation d’homme de bien à part) toutes les autres, selon lui, peuvent s’acheter à crédit, et sont presque toujours payées plus quelles ne valent. — Ce personnage est du nombre de ceux que nous appelons,
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comme les Anglais, des caractères. Le commerce d’uu pareil homme 11 e peut manquer d’être fort amusant; et, quand on n’est pas sa dupe, je conçois qu’il soit gai d’être son complice.
« — Remarquez bien, je vous prie, cet autre original d’une toute autre espèce, qui pérore, depuis un quart d’heure, d’un ton nasal et sententieux. — Qui? cet homme sec qui rajuste à tout moment, sur une assez vieille lête, une perruque à l’enfant? — Lui-même; c’est un compositeur larmoyant, dont le nom équivaut à un drame. Toutes ses partitions respirent le sentiment et la probité ; et , bien que ses confrères lui refusent les premières connaissances des règles île son art, il a (rouvigÉÊteuvcn d’obtenir des succès extravagants. iiiuuq^Hpailo que des sujets conformes à la plus saine ni®; et, tout récemment, il a refusé de mettre en musique un poème d'opéra dont l'héroïne s’était mariée sans le consentement paternel. 11 a composé un recueil de nocturnes à l’usage des maisons d’éducation, où I on a remarqué un duo entre le Vice et la Vertu, qu’il propose de faire chanter, tous les ans, à la rentrée des classes, en place du Veni Creator. Comme il y a des gens qui se permettent de rire de ce moraliste en contre-point , il est bon de leur apprendre que ses ouvrages lui rapportent plus que les chefs-d’œuvre des Gluck et des Sacchiui n ont jamais rapporté à leurs immortels auteurs.
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« — A côté (le lui se trouve placé notre plus grand peintre de fleurs. Ses roses sont fraîches comme la nature, et rien n égale 1 éclat de leur coloris, si ce n’est la vérité et l’agrément de leur attitude. Ü ne manque à ces prodiges de son pinceau, que les prestiges du parfum auxquels il ne peut prétendre, pour accomplir une autre illusion. »
Notre entretien fut un motneut interrompu par le plus jeune des convives, qui se leva, et dit à voix haute (en montrant une feuille de papier que depuis une heure j’avais vu passer dans plusieurs mains à l’autre extrémité de la salle): •> Messieurs, caricature que voici , par sou- ; le produit en est destiné à la estimable que vous avez tous issé pour héritage à ses enfants que le souvenir de ses talents et de ses vertus. — Adopté! s’écrie-t-on de toutes parts. — Je fais moi) affaire de la gravure, dit, en vidant son verre, un gros homme que je reconnus à son accent alsacien. — A six francs l’exemplaire, et je souscris pour quatre, » ajouta le voisiu du graveur, eu signant la feuille, qui se trouva eu un moment couverte de vingt-cinq ou trente signatures.
On nous fil passer le dessin avant la liste: rien de plus ingénieux que cette folle composition, où quelques originaux, ridiculement célèbres, sont représentés avec des têtes d'animaux (pii, sans rien
je vous propose la scripüflKk)lont.ùrc vi uvvjjpn artiste connu,''!! (pii n’a la