ALIX ET HÉ U EN G ER
si vivement par la peinture de ses malheurs et de son amour, que le monarque donna son consentement formel au mariage d’Alix et de Bérenger, et qu’il promut ce dernier à un poste honorable auprès de sa personne. Muni de ce précieux écrit, Bérenger craint de perdre un moment; il était onze heures du soir: son impatience ne lui permet pas d'attendre le jour; il revoie vers Alix.
« Déjà il découvre le fanal qui brûle au sommet de la tour du château. Comme il passait au pied de la colline des Fresnes, plusieurs assassins, armés de toutes pièces, s’élancent du milieu du taillis, fondent sur lui à l’improvistc, le percent de coups, et prennent aussitôt la fuite. Aux cris de l’infortuné jeune homme, la sentinelle la plus voisine répond par un cri d’alarme qui se répand dans le château. On accourt; Alix, qu’un pressentiment funeste avertit de son malheur, vole vers la fontaine; elle y trouve Bérenger étendu , sans vie, et pressant sur sa bouche l’écharpe qu’il avait reçue d’elle. L’infortunée ne s’abandonna pas aux transports d’une vaine douleur. Dès le lendemain de cet horrible événement elle se retira dans l’abbaye de Maubuisson ; elle y prit le voile, et mourut au bout de quelques mois.
« On respecta son dernier vœu : son corps fut enseveli auprès de celui de Bérenger, dans le bosquet de la fontaine des Fresnes, que l’on appela depuis la fontaine d /tmanr. »