L’ÉCRIVAIN PUBLIC
Respicert exernplar vita morumquc jubcbo Doctum imita toivm , et i feras hinc ducert vo ces.
Hou., Ars poet.
Le pciuire des moeurs doit avoir constamment les yeux sur les modèles vivants que lui présente la socie'té, afin d’y trouver l’cipressiou vraie de la nature.
« Combien pouvez-vous gagner par jour? — Que sais-je, monsieur? les jours se suivent et ne se ressemblent pas. — Mais encore ? — Bien ou mal , j’arrive au bout de l’année ; j’ai vécu , j’ai payé mon loyer, et je ne dois rien. — L âge vient, et la vieillesse a des besoins auxquels il faut pourvoir.
— Je suis tranquille ; j’ai la promesse d’un lit à l’Hospice des Ménages. — Et vous ne vous presserez pas, je le vois, d’en prendre possession. — Malheureusement ma vue commence à baisser, et les yeux sont le principal instrument de ma profession.
— Depuis combien de temps l’exercez-vous? — Je suis écrivain public depuis cinquante-trois ans. —