UNE PREMIÈRE REPRÉSEN TATION
effet théâtral, uu vers liardi, l’autre crie au mauvais goût ! au mélodrame !'au néologisme ! Les loges applaudissent à une scène fdée avec art; le parterre n y voit qu’un entretien prolongé sans motif. La i n a I v eUlunce.Éae II e, pour ainsi dire, les mots au passage, et d< treiV ioiit l’effet d’une scène sur laquelle l’auteur avait droit décompter, pour faire justice de l'impropriété d'un terme ou de la hardiesse d nue locution.
A travers toutes ces agitations, tous ces flux et reflux d’opinions diverses, où il ne manque que l’opinion publique, la pièce arrive à sa fin, et le nom de l’auteur est proclamé au milieu des applaudissements, dout lejfracas ne peut cependant couvrir le sou aigu de quelques sifflets. Le rideau se baisse.
L’auteur, qui n’a pu tenir en place pendant la représentation de sa pièce, qu’ou a vu aller et venir des coulisses au foyer, du foyer dans les couloirs , heureux de voir sa barque au port, non sans quelques avaries, court dans les loges des principaux acteurs, auxquels il rend généreusement, mai* sans tirer à conséquence pour l’avenir, la meilleure part des applaudissements qu’il a reçus. 11 se mêle ensuite dans la foule, où il épie des entretiens particuliers auxquels l’amour-propre ne trouve pas toujours son compte. On le reconnaît sous le péristyle : les uns l’abordent et le félicitent ; il sourit modestement. « Vous ferez mieux une autrefois, « lui crie
D aujourd'hui.
de loin un grand personnage dont on annonce la voiture ; et le pauvre auteur fronce le sourcil avec colère.
Son mécontentement est encore plus visible lorsqu’il s’aperçoit que plusieurs gens de lettres de sa, connaissance se contentent, en passant près de lui, de lui serrer la main.
Mais tout-à-coup son visage s’éclaircit ; le sentiment que j’y vois briller n’est pas exempt d’orgueil, mais il s’y mêle de plus douces émotions. Deux femmes l’ont abordé avec un empressement quelles avaient bien de la peine à contraindre : tandis que la plus âgée, par ses discours, faisait l'éloge le plus brillant de l’ouvrage, la plus jeune, par son silence et ses regards, faisait encore mieux celui de l’auteur.
n° lxxxvi. [ao févaieb i8i3.]
yera iuceuu patuit Dêa.
Vno., Æn.
Sa démarche, sa grâce, annoncent une déesse.
J'ai connu, dans ma première jeunesse, un vieux procureur au parlement, assez riche pour abandonner, à deux heures, son étude aux soins d’un maîtreclerc, et qui trouvait plus agréable de mener, à soixante-quatre ans, la vie de garçon, que de se confier en célibataire aux soins intéressés d’une gouvernante.
Il dînait habituellement à une table d’hôte de la rue de Grenelle, où j’allais quelquefois. Ce procureur, que je vois encore, et qui n’aurait pas été plus laid qu’un autre sans l’énorme dimension de son nez, ne manquait pas, immédiatement après son dîner, d’aller prendre sa tasse de café chez Procope, dont il était l’oracle dramatique. De là il se rendait à la Comédie-Française, où l’on était sûr de le trouver tous les jours au parterre, près de la bar-
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