MŒURS «ES SALONS
celui qui trouble le repos d’une femme qu’à celui qui porte atteinte à sa réputation ; vous feriez entendre à cet intarissable, et d'ailleurs très respectable M. V"*, que ce qu’on appelle la conversation est-une suite de dialogues et non pas de monologues; qu’elle doit, pour âinsi dire, flotter au hasard, sans gêne, et sur-tout sans prétention; vous répéteriez, au moins une fois par jour, à ce petit magistrat Fr’”, si gourmé, si solennel, qui s’imagine que l’homme est sur la terre en visite de cérémonie , qui lève si dédaigneusement les épaules quand on se permet de rire un peu haut, quede bon ton chez vous, non seulement n’exclut pas là gaieté , mais qu’il admet de temps en temps la. folie, et -qu’il tolère même quelquefois les bêtises pour ne décourager personne; enfin , si vous avie» cinquante ans au lieu de vingt, avec cet esprit, ce tact parfait, cette grâce héréditaire dont vous êtes pourvue , vous établiriez dans votre salon, non pas un'despotïsmeàla manière de madame S*”, qui vous prescrit 1r. place que vous devez occuper, la contenance que vous devez tenir, le moment Où vous pouvez parler, celui où il faut vous taire ; mais ces régies qu'on suit sads les apercevoir^ cette liberté bien entendue-, dont l’ordre est le garant et la familiarité la limite: moins absorbée çlors par les soins si doux d’épouse et de mère qui vous occupcnt-et doivent vous occuper presque seuls