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ont 'dû vraisemblablement leur -origine aux événements divers amenés par la chance des combats.
u- Au reste, interrompit Léon!, il est difficiled’assigner des -bornes aux conjectures auxquelles on peut se livrer ail sujet des diverses fabriques, milir taires que l’on retrouve dans cette contrée f où tant de nations différentes ont promené .tour-à-tour leurs fureurs et leur» étendards. Comme dans l’histoirede presque tous les peuples de notre Europe, c’est le nom des Romains qui ouvre cette liste sanglante : un monument a traversé les siffles pour témoigner de leur passage ; c’est la pierre trouvée à la source de la fontaine de laverie, près BeJême. A l’invasion des Romains succéda celle plus affreuse des Saxons. Aux Saxons succédèrent les Alains et les Iluns , forcés bientôt de céder à leur tour -devant les Francs , commandés par Clovis. Quatre siècles plus tard , arrivèrent les Normands , dont les conquêtes au-delà de. la Manche attirèrent ensuite les Anglais. Je fie vous parie pas, pour terminer, de l’invasion- passagère des Prussiens ; car céux-ci,' comme on sait, ne fixèrent point de camp, mais s'installèrent sans façon daus les maisons et dans les lits de leurs hôtes, qui ne leur avaient que trop long-temps appris à abuser des droits du vainqueur. » • '
Guidés Ÿ ar i*s indications que M. Louis Dubois a consignées dans unè excellente notice sur le Camp
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du Cbâtellier, nous avions déjà parcouru sa stérile enceinte, et recherché du côté du nord sa porte d'entrée el le6 traces des fortifications qui la défendaient, quand nous aperçûmes une jeune dame, occupée à crayonner un des plus heureux sites du riche paysage qui entoure à l'horizon cet ancien champ de carnage. Un homme , dont la physionomie vive empruntait une expression nouvelle de la contemplation de ces lieux historiques, était près d^elle debout et pensif, tandis qu’un jeune enfant, aussi indifférent aux souvenirs du passé qu'aux iu- * quiétudes de l’avenir, charmait le présent par les jeux et les exercices de son âge. Une pareille rencontre dans de pareils lieux présupposait , des deux côtés, une identité de penchants et de goûts qui entraînent l’un vers l’autre ceux qui les partagent. Noqs voir, nous parler, nous entendre, ne fut l’affaire que de quelques instants. L’aimable famille sut bientôt qui nous étions , l’objet qui nous' attirait dans ces lieux écartés et ceux que nous nous proposions de parcourir encore. Nous apprîmes à notre tour quelle habitait elle-même Alençon, et nous reçûmes, en, échange de nos communications , l’offre de; continuer notre voyage de compagnie; elle était faite avec trdp de bienveillance pour que nous craignissions d être indiscrets en l’acceptant. .
Nous^retônrnâmes %nsemble à Séez, d'où nous partîmes le lendemain matin ponr Alençon. Je-
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m'attachai pendant le tfajet à tirer de l'interlocuteur, que nous devions à une si heureuse rencontre; les aperçus statistiques et les observations de mœurs que je. ne pouvais me flatter de recueillir moi-meme dans un département dont je ne me proposais-plus de visiter avec quelque détail que le chef-lieu.
« Si vous ne vouliez qu’une division géographique et politique, me répondit M. ***, dont je cacherai le nom sous l’initiale des anonymes , sous la lettre N***, je vous dirais que le département de l’Orne sc partage en quatre arrondissements deftit Argentan , Domfront, Mortagne, et Alençon ,-sont les chefs- " lieux ; mais vous préférez suivre les lignes de démarcation tracées par la nature ou par la civilisation , et, sous ce rapport , le département de l’Orne n’admet guère que deux grandes divisions , cd|e de l’est et celle de l’ouest. Vous avez presque entièrement parcouru Ja partie orientale, et vous avez pu vqus assurer qu'elle diffère peu du reste de ,1a Normandie. La terre y est généralement féconde , les sites agréables-, les habitants actifs et industrieux. Je voudrais pouvoir faire un éloge aussi CQmplet de la partie occidentale ; la vérité m’oblige à de nombreuses restrictions. C’est un pays qui n’a jamais eu, même dans son état primitif, lés grands traits de la nature sauvage, et qui ne vous offrirait pas en dédommagement l’intéressant spectacle d’une civilisation avancée. Mon attachement pour le département qui
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m’a vu naître , loin de «l’empêèher de dife que ses forêts, ses landes ses étangs, et ses tnarais, dm donnent date beaucoup de parties un Uspect peu attrayant pour un étranger,- me déterminera au 'enntrïiiçe à appeler votre attention sur* un -état de choses que les efforts de l’agri eu 1 tu W ’dpv rai e n^a t- ' ténuer chaque jour davantage , et contre lequel j'aimerais à vote voir stimuler notre émulation nationale. il est effrayant de songer que la charrue sillonne, à peine la moitié de la superficie du département dë l’Orne, qu'uti dixième est tout au plus occupé par ses gras pâturages qui fournissent, il est vrai, à la France sa plus belle race de chevaux de maip ; et que tout le reste est envahi par des marais qu’on pourrait dessécher, par des étangs souvent insalubres , et par des forêts entremêlées de bruyères et de landes immenses, dqnt le sol défriché reproduirait sans efforts leS belles espèces de bois qui croissent alentour.
« Si, du sol, j’élève vos regards sur les hommes qui le couvrent, ils n’appellent guère moins d’améliorations, sur-tout, comme je vous l’ai déjà dit, dans la partie occidentale ; et j’oserai leur reprocher, avec d’autant plus de fermeté que leur bonheur m’est plus cher, le peu d’émulation qu’ils apportent à s’élever au rang que la nature leur assigne comme créatures intelligentes, et le peu d’efforts qu’ils fout pour se procurer ces premières nécessi-