PANORAMA D’ALENÇON. I
servir à une nouvelle histoire des règnes de Louis XII et de François
«Quant à la ville, c’est sous le moins favorable de ses aspects quelle se présente d’abord à vos regards, qui ne peuvent embrasser que les faubourgs assez insignifiants de l’Æcusson et de Lancrel ; mais elle vous offrira plus d’intérêt du côté de l’est, vers lequel je vous engage à vous tourner. L’hôtel de la préfecture et l’église de Notre-Dame occupent les deux points extrêmes de ce nouveau quart de cercle. Vous avez déjà eu l’occasion de remarquer en arrivant la façade du premier de ces deux édifices, qui est un des plus beaux et des plus considérables d’Alençon. Ce fut Élisabeth d’Orléans, fille de Marguerite de Lorraine et femme de Louis- Joseph de Lorraine , duc de Guise , qui fit construire cet hôtel après la mort de son mari. La ville d’Alençon eut donc l’avantage de pouvoir offrir pour demeure à l’impératrice Marie-Louise , lors de son passage en 1 8 1 1 , un palais qui avait appartenu à sa famille.
« Une tour carrée d’un sombre aspect vous indique 1 ’église Notre-Dame ; la nef a été commencée au milieu du quatorzième siècle. La tour, que le feu du ciel a frappée deux fois, en 1744 et 1808, est d’une construction plus récente , aussi bien que le portail, devant lequel je vous engage à vous arrêter, ne fût-ce que pour voir la singulière position qu’il a
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plu au sculpteur de donner à un saint Jean qui contemple la sainte Vierge. La place qui avoisine l'église était celle du cimetière de la paroisse, dans ce temps de bonne police et de saine philosophie où l’on avait peur des revenants, mais où l’on ne redoutait rien pour les vivants de la putréfaction des morts. Aujourd’hui cette place sert de marché aux légumes, et rappelle à notre souvenir le nom de M. de la Magdelaine, premier préfet du département de l’Orne, selon l’ordre chronologique. Dans la partie la plus basse de cette place, et à-peu-près vers le centre, se trouve une ancienne maison, bâtie eupierreeten granit, que latraditiondésignecomme ayant servi d'habitation à Henri IV ; vous devez la reconnaître d’ici, au pavillon très élevé qui la surmonte, et, si vous voulez la voir de plus près, vous chercherez 1a porte-cochère qui porte le n° 1 8 . En tournant vos regards vers l’hôtel de la préfecture, vous avez sans doute déjà remarqué, à l’extrémité de la ville, dans le faubourg Casan, un édifice d’une structure assez équivoque : c’était un couvent dont on a fait une caserne que l’on appelle la caserne des Capucins , en mémoire de ses premiers hôtes. La ville, qui est sans garnison, verrait avec plaisir qu'on en fît un séminaire de dragons.
« Reprenons maintenant notre vol à l'horizon , en nous replaçant sur la ligne imaginaire qui sépare le nord de l'est. Je n’arrêterai vos regards ni sur la