PANORAMA «ALENÇON
douces bénédictines, protège aujourd'hui un établissement rival de celui dont je viens de vous parler; c’est la manufacture de mousselines de M. Mercier.
«Au-dessous de cette manufacture, le sommet verdoyant de jeunes arbres vous indique la place du Camp du Roi, ainsi nommée depuis 1 4 * 7^ année où Henri V, roi d’Angleterre, y campa, quand il se rendit maître d’ Alençon. C’est le Campo Vaccina de notre ville. C’est là que chaque jeudi les paysans manseaux et normands font assaut de ruses et d'adresse, et qu’on livre à leurs méditations le spectacle sanglant des exécutions judiciaires. Voici, sur la rive droite de la Sarthe, notre hôpital, situé précisément dans l’endroit le plus marécageux et le plus malsain de la ville. 11 est voisin du Vieux-Pont de Sarthe. En nous reportant toujours vers l’ouest, vous remarquerez, au moins par sa laideur, Y église Saint-Léonard, qui s’élève au centre d'un quartier où l'industrie n’a point encore pénétré, c'est-à-dire où la population est livrée à toutes les privations et à toutes les douleurs de la misère. On adoucirait au moins ses maux en lui procurant un air plus pur et des habitations moins humides, si on établissait un quai depuis la rue du Pont-Neuf jusqu'à l’ancienne porte de la rue de Sarthe. Cette mesure, dont notre administration municipale s'occupera quelque jour, embellirait et assainirait i'bôpita! lui-même et
PANORAMA DALENÇON. I HJ
toute la partie de la ville qui se trouve jusqua l’église Saint-Léonard.
« Au premier plan du tableau et directement au sud, se présente la Halle au blé, d’une forme circulaire et d’une architecture un peu lourde. Au-dessus des galeries du rez-de-chaussée, on a ménagé des boutiques qui forment notre Palais-Royal aux foires de la Chfiruieleur et du Grand-Lundi. Derrière cette halle s’élèvera bientôt une salle de spectacle qui pourra contenir six cents spectateurs, et dont les dessins, que M. Clogenson pourra vous comAïuniquer, promettent un monument de plus à la ville. Nous serons redevables de cette succursale du culte de Thalie et de Melpomène à M. Mercier, qui a déjà fait élever l’an dernier les jolies boutiques en arcades que vous voyez se développer sur une ligne circulaire parallèle à celle de la halle. Vous vous étonnerez peut-être qu’ Alençon , riche en assez beaux monuments , n'ait pas de salle de spectacle. Apprenez que jadis elle eu eut une qui fut détruite à la voix de ce fanatisme ardent, qui, en proscrivant tous les plaisirs, voudrait proscrire tous les arts. Tout ce quartier, qui prend aujourd'hui une nouvelle existence , était peuplé autrefois de couvents de Cordeliers et de béguines , que , sans être enclin à porter un jugement téméraire , on pouvait trouver un peu trop voisines des bons pères.
« Maintenant concentrez , je vous prie , votre at-