‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7 (volume 2)Chapitre 22 sur 60 · PANORAMA D ALENÇON. . ' A · texte numérisé non relu

PANORAMA D ALENÇON. . ' A

les célébrités fâcheuses, nous sommes «ontraints ' d’inscrire les noms de Castaintj et ceux de Jean René Héôerl , Mit le Père Duchesne. Vous pouvez, voir en passant , dans la grande rue, la petite maison portant le n" 8o‘, dans laquelle ce démagogue a vu le jour le t 5 novembre 1757. Nos vieillards ont conservé le souvenir de l’extrême probité' de son père; sa mère était noble. Dans quel sang avait-il puisé la ragé qui l’animait?»

M. N**? termina par ces mots ses indications et sa nomenclature , et nous descendîmes de l’observatoire presque aussi lentement et aussi péniblement que apus y étions montés.

n'axn. [ 5 aoi’t t6aG.]

Str pnrsentibus uituix voluptaiibus , •ut futurin non ri nceas.

* . * Senec.

En goûtant les plaisir* de l’ardente jeunesse. Songes à ne pas nuire à ceux de la vieillesse.

Caen est pour moi, à ce qu'il paraît, la terre promise; m’en voici encore éloigné par un accès imprévu de rhumatisme goutteux qui prolonge mon séjour à Alençon. Léon, aux premières atteintes du mal que j’ai ressenti ,• s’est empressé de s’informer quel était le médecin le plus en vogue de la ville. On lui a cité trois noms qui paraissent inspirer ici une confiance égale; ce sont ceux des docteurs Lib***, Lég***, et Lav***. Je me suis décidé pour le premier, en me rappelant qu’il m’avait été désigné comme possesseur des manuscrits du principal historien d’Alençon, Odolant-Desnos, dont il a épousé la petite-fille. Malheureusement le docteur Lib*** venait de partir pour sa p;rre des Vignes, un instant

LES BAUX DE BAGNOLES. l33

avant celui pu Léou- se présenta chez lui. U s’est hâté alors d’avoir recours au docteur Lav***, qui , étendant jusqu’à moi une faveur qu’il restreint àpeu-près maintenant à ses seuls amis, a bien voulu • mç prodiguer scs soins.' • : *: .« ' . .

<, Ton» me trouvera, sans doute assez accommodant, me dit le docteur après qu’il eut observé les, symptômes de mon mal ; vous «leviez Vous' rendre d’kn à Vire-, Monsieur l’Ermite? Eh bien ! je retaiv derafi peu votre départ, et je ne changerai rien à votre route. Je -vous eugagerai seulement à faire une* halté de quelques jours à moitié chemin, aux Eaux de. Bagnoles. — < Je vous- entends, docteur; quand on- n’a plps rien à espéffer' de l’art, il faut se. jeter dans les'hras do la naturfc , et vous aimez mieux laisser à'cetle-ci'la chance des revers. — Ce n’est point là ma pensée ; j’ose me flatter au contraire de faire concoiifirl’un et l’antre à les éloigner long-temps encore. - — G’est donc dès eaax.de Bagnoles que vous attendez oe phénoméhè? -»-'Oui, mon cher Ermké. Le nom de ces eaux a a pds sans doute frappé vos -oreilles aussi- fréquemment que ceux de Bagnères, de Barèges,' du Mont-dlhr, oh de Plombières ? il est plus connu jusqu'à présent des malades que des oisifs. Quand. les embellissements q^’on y a faits depuis quelques années auront pris leur "entier développement , ees dorniers y affluèrent sans doute ; il suffit, quant à présent , que les

1 34 fcES B*Aei DE bAUTiOLÊS.

premiers se trouvent bien du séjour qu’ils y font, * L'action de ces eau* n'est pas seulement puissante sur des rhumatismes goutteux comme le VAtre : sciatiques , maladies cutanées , catarrhes rebelles blessure^ d’armes à feti, ankiloses, toux., obstruc.tions, oedèmes, voilà les maux nombreux quê pes eaux salutaires, guérissent ou adoucissent chaque . jour. — ' Cette énumération est très rassurante, dOe-

• leur, pour tous ceux qui m’ont pas encore épuisé la patience du rapide messager qui nous apporte toute cette aimable troupe sur ses aijes, et (jui, ail- besoin, l’aide encore de sa faux- — N importe, interrompit Léon, avec un accent moins stoïque que le

•. niicn , partons pour Bagnoles^ — Daùs deux jours

• vous çn aurez la permission de la factflté r reprit le

docteur.» .* - .

- Ces deux jours, de .souffrances et d’attente ont été abrégés par les' fréquente? visjtes ét les longues lauseries de mon aimable Esculape. On ne peut former ea Téctmtant qu’un regret qui ajoute encore à L’estime qu’inspire sou caractère , c’est que la discrête réserve que lui’ impose son état réprime un peu l’épanchement de ses communications. 11 y a pourtant un si grand fonds de bonhomie dans sa . causticité, que -je suis couvainéuque ceux qui sont l'objet de scs bons mots doivent être les premiers à les lui pardonner. J’ai remarqué aussi, en-faveur de

LUS EAUX UE KAG’KOLKS.

sa philosophie, que, malgré Ta longue expérience qu'il a des hommes, 3! a conservé pour eux heaocoup de bienveillance; et eir faveur de la rectitude desun^esprih, que, malgré léténduede ses Connaissance», il ne croit pas.plus- qu’il ne faut à son art.

Nooxavons fait nos derniers adieux an docteur et * M NT„- dont nous nous sotqmes séparés avec les sentiments que. Pon éprouve en quittant un vieil ami, quoique notre connaissance ne date qne de quelques jours. Nous -cheminons en malade?, c’està-dire ap pas, sur la grande route d’Alenron à. Renues; nous la- quitterons à Prtrt en Pail, pour prendre, qusqu'à /.'ou/erdfe«eulement , celle qui Conduira Vomfi'onl. Nous a vous je temps d'examiner les cbàteartx et les chaumière* tpii bordent la route. La première maison de plaisance (pii nous a frappés par son étendue et 1 agrément des jardins (pii lenvirgpnent est ceUe de Perveinc. Nous apprîmes quelle appartenait à M. J. Rattier, bouorabfcmetat connu à Paris dan* le coinrderrtr de Imdrapurie. A quelques, milles p|ns loin, deu?^ énorme? grenades douées, (pii surmontent les pilastre» d'une grille, située sur le bord de la route, iiidiquent la retraite du général Bonnél, qui iioqs avait été déjà signalée du haut de l’observatoire de la bibliothèque d’Alençort. ,

*' Nous remplissons par la lecture le repos que la

1*36 LKS H AUX 1)F. BAO-AOI.W.

monotonie de la rpute laisse à uotrc curiosité; ce$t Léon qui analyse notée bibliothèque de voyagé.

;u bagnoles, me dit-il en achevant de parcourir une notice insérée dans les Archives de ta- Normaledie, publiées par M. Louis Dubois, bagnoles est le seul établissement d'eaux thermal es que ta .France possède dans les departements du nord-ouest. Soù nom, que l'on a même écrit autrefois liitignollcs, indique, comme celui de Vagnèrcs, que la destination île ces divers lieux renioute il des temps fort reculés. Lest évidemment dn mot de basse latinité bagniim , employé pour hahieiun que ces deux noms dérivent. la; souvenir le plus ancien (pie la tradition ait conservé de bagnoles ne se rapporte cependant qu'au commencement du seizième siècle ; encore l'anecdote qu'elle a consacrée- jJentrclle paraître assez douteuse. On raconte -qu’un . cheval ma* iwdo, abandonné de son maître, et poilssi^par le hasard au lx>rd de la fontaine de bâgnojes , se désaltéra et su plongea dans ses eaux. -Son instinct, excité par l ndoucisseinept que ce premier bain apporta' à. son mal , le retint aux environs de lniobtaiûe et le rament/ chaque jour dans son sein. Itetrouvé par ses anciens maîtres, ils cherchèrent la cause de cette cure miraculeuse, observèrent' le cheval , et découvrirent la fontaiuc de bagnoles.

« 11 parait résulter de quelques anciens titres qu'elle était connue sous Ce nom dès t’6i« ; mais'-ce

L#S EAUX l)B^T}AUÎiOL«8, 137

«'cul que de j 687. que dqte ^réputation thermale. U u arrêt du conseil du 10 juin de cette même année concéda cette fontaine à deux tnlreprenenra. En 1692, on y construisit des bains, une chapelle, et quelques bâtiments d habitations qui opt subsisté jusqu'à la En du siècle dentier. Je passe sous sileucu les analyses contradh^ûihes qui qiU éfé données des eauin de Bagnoles daus un temps où l'art, n avait point encore les moyens d’arriver à .ce degré de certitude auquel, il peat atteindre aujourd'hui. MM. Fauii uçliu et Thierry, appelés il y a dix.QU douze uus à les examiner de nouveau, y ont rocounu du muriatç de soude, et en moihdre portiou le sulfate et le tu 11 ria le de qhaùx ainsi que le giuriale cj« magnésie. Le' limon de la. fontaine contient du serti re étdu 1er. La température de la sOuj-ce est de vkigt-deux degrés dehéauimtr. Cet étabfissenieula repris depuis i8i4,.pàrmi nos eaux diçrinales les ^plus renommées, le rang quil n'aurait jamais dù. perdre. 11 doit, sa réhabilitation aux soins du propriétaire actuel, M. ■/ïlexéiiui/e Jscjnnchois ‘,-qui a multiplié aytom- de cette fontaine des constructions élégantes et couuuodes et de vastes plautations. -fe C'est ce dont nous pourrons juger bientôt , iuter- ' v • •*. ...

' OcpUis 'ipie-cc discours a étc écrit ; M. U-uInciiois , également • CBei-Cttc des hargnnirs.qui'fréqiientaient BnfjnolcS <*t dc‘ses nomluvoa aftuj » été rtiùvé pir. uue.uiorl j ) rv lujtsnN-.

l38 LtfS S4ÜX NÏ jllAGîlOLBÇ.

rompte-jê car, -si je ne me troihpe, Voie i*à notre gauche ce ch à te an de La hermonéière , retraite, de Réaumor, que loo .traits a désigné comme voisin de Couteme. » y * , • ”• — ;

Nops ne tardâmes pas effectivement à faire notre entrée dans- cetla petite -ville , où nous avons -abandonné- la grande routa pour prendre lé -chemin de traverse qui conduit à ^'établissement dés eanx. A Couterne, on n’en est plus éloigné que d'une lieue et demie; la route est en'fort bon- état. A-pen-près à moitié chemin , on passe devait le châteàu dé îa famille de Frotté. ^ .••«.»...* *• .

Où omis avait annoncé Bagnoles -comme rappelant en miniature les «tes de . l’Helvétié. "Noua ouvron* 'les yeux nous W dirigeons sur -tous les points pour -chercher, dans ce qui nous entourtf, ' quelque chose qui présente de l’analogie avec la Suisse-; Ken n’a un caractère^ plus normand que les campagnes que nous traversons, La surprise" et *le' , contraste ne commencent qu’à la porte même du parc de Bagnoles. La gorge étroite et profonde qu ’d occupe semble avoir été entr ouverte, par’ un déchirement volcanique. L’œil le moins expérimenté en reconnaît les traces dans ces rochers perpendiculaires et crevassés qui forment le vaUon' comme’ feraient les parois de deux" murs en raines* dans

leurs débris confusément épars, et. dans le mélange

et la superposition des terres et de rocs.de diffé-

LES- »AÜX.1)E BA-Gfid-LBS. . .t3g

mites failli Hos. I^es géologues en trouvent de» prouves plus positives encore dans la présenae-du feldspath, des basaltes, dé- la taine de fer, et de» stratifications diverses*, smt pulvérisées, soit «nfragments , répandues dans cétte-gorge et sur ses flancs;

' 'l'ont en faisant ces premières observations, noq,s suivons une longue allée garnie de peupliers, et sinueuse comme la petite rivière dç-Vée, à laquelle elle doit safraiclienr. Nous laissons sur notre droite les principaux bâtiments desbains, nous traversons le léger pont -qui unit lès* deux rires, et uoils-vpda à la porte du directeur. Nous ^'avorts pas eu la précaution d’écrire pour retenir un appartement ;r l’avance; il n’y en a point de libre; mais c’est avèc l’expression de la politesse la plus engageante que M. I ,<*inaeTiois nons offre départager pour quelques jour» son appartement.. 11 en résultera 11 m peu de •gêne pour tous; néanmoins, aux manières de notre hôte, j’offrirais de parier que nous éprouverons du regret quand viendra le moment où il pohrra nous loget' plus à l’aise. .•

J’ai besoin de réposj-.et je m'établis sur ma chaise longue pendant que l.égn va étdairer la plaça.

Il résulte de- son rapport-qoe le logement dndirecteur où nous . nous tj-ouvons, et dont la salle • à manger commune occupe le rez-dé -chaussée, est situé sur la rive droite dé la Vée , ainsi que. les offices, les écuries, et lotis les bâtiments accès-

I/jo ■ LÉS ÉAUX DE-.BAdPIOLES.

soires. La fontaine des bains particuliers, au-dessus desqoels il y a -deux étapes d’apparlemCnts élégants et commodes, la cbajfeile, le vleiui bâtiment où »e trouve le bassin , et la chaumière renfermant' un billard et' un salop , sont établis sur da rive droite.

Léon a ajourné au lendemain sa promenade dans le parc, qui n’a pas moins de cent arpents 4 il: « été retenu aux bains par la célébration d’uu auto-da-fé dont les flammes, reflétées’ spr mes fenêtres/ auraient ranimé -daus mon coenr léspéranoe dim. prompt soulagement ù ines maux, si j’eft avais 4 connu la cause.. °i a brûlé solennellement des béquilles d une jeone dame, arrivée' percluse il y a quioze-jours, et qui c<f soir a dansé en rotad autour du fcü de joie, allumé en l’bonneurde sa guérison.

, «Je sais, dis-je à notre aimable directeuf, qui me «

donnait ées détails de la cérémonie, que c'est 'un usage fort ancien parmi les hommes de brûler. Cq. ,

* qu’ils estiment le plus. Jadis on boulait les morts, qto brûlait les offrandes faites, aux, dieux ; do uos jours nous brûlons encore les choses sacrées ,',anx •Indes, dn va ipémejusqu’à brûler les femme», mais néanmoins, continuais-je cp agitant ma- canne-, je trouve quelque ingratitude à' détruire ce qui nous a servi pendant le temps, de la souffrance et de l'adversité. Au lieu debrûterles béquille» çle'yos cou- . valesceflts, je vousjengagcrtis plutôtà élever, dans quelque endroit choisi de votre parc, -un peüttem*'

pie à la nymphe de Bagnolqs, où chacun irait suspendre sa canne ou sabéquille avec une inscription analogue -à la circonstaijce. Le souvenir des béquilles brûlées s'efface* celui des béquilles oiïèrtes en exvoto je conservé, et vous auriez 'ainsi les annales exactes des curjes miraculeuses de Baguées!— Votre idée est charmante, me répondit SI: Lemarchois, j’y sqngerai. « ' • .

. Je prends deux baius chaque jour, et déjà j’eu ressens les- heurçux effets. J’ai fait aujourd'hui ma première apparition à la table commune, où/j’ai pris plage suivant le rang qui m'est assigné par la date de mon arrivée ; excellent moyen de couper . court aqx discussions de préséance et aux petites prétentions de l'amour-propre. Le hasnrd m’a heureusement servi. J’ai pour acolyte un habitué des eaux dont j’ai grand'peur que les béquilles Défigurent pas de si tôt dans le temple que j’ai projeté, mais qui .a .conservé, 'au milieu des souffrances, cette inépuisable gaieté, dernière consolation des - disciples d’Épicure, et plus philosophique peut-être que le froid stoïcisme d£s partisans de Xénon-., J ni eu bientôt lié connaissance avec SI. N*.**,, qui s’est chargé de me la faire faire avec la plupart des autres convives.

« Le haut bout de la table,’ me dit-jl, est occupé par la supériorité sociale la plus marquante que " nous ayons en ce moment ?ux baitjs. C’est madame

♦4 'i . USS Eaux DE BAGtiOLES.

la comtesse- de V*'* qHi l’occupe. . On l’admire "encore comme ces belles ruines d’Italie Ou de.-Gréce, dont la faux du Teiup a respecté quelques parties, suffisantes pour faire juger de ce qu'efles -ont? dil être jadis. Vous voyez près d’elle son petit-fils, dont U*s soins- empressés et les attenfiotys délicates semblent plutôt l'effet don- culte que celui de la, tendresse filiale. " ■

u. Cette figure grave et sévère, ‘bien que dans la Heur ile l’âge, et- qu'en dirait modelée sur ceHe ddu guerrier romain, appartient à un utilitaire -français ; c’est lé colonel - O**', qiri vient de réparer jçi des forces dont la patrie nedoit plus faire usage; tandis queTofficier débile et? caduc que vous. voyez, à quelque distance de lui est" -sous les drapeaux. "Ges contrastes sont- au reste tellement communs de nb£ jours, et Sont répandus dans, tant, de proférions , <jue l’on pourra définir notre époque , céfle. où ta vieillesse était eù activité et la jeunesse en ‘retraite. En regard j^ù colonel, est sa jçtme épouse, dopt vous avez pu'déjâ juger l’élégance et la grâce- , ■ et chez laquelle- vous découvrirez cliaqûe jour quelque nouvelle qualité et quelques solides vertus. ' ' ’ *' ■ [ « , ’ ’ > *>

Quant à cettè autre fehtniè, non moins jeûné, mais- d'un genre de beauté différent, sur laquelle vqs regards «ont arrêtés, vofts voyez et» elle l’ornement et l ame de tiftfre salon; c’rst par, elle que ‘

LES EAUX- DK BACjSOf.ES. Jl 43

l'on danse: et que l'ou ceinte ici. . Chaque soir elle tient le piano avec une complaisance- qui,, ferait pardonne» l'absence -d'un talent. distingué," si fcfie avait besoin de cette indulgence. Les spiu-s qne ^éeiarue toujours la santé d’une jeune veuve. ont déterminé un oncle plein de tendresse à auiencr mudaine à Bagnoles. Elle parait se trouver très bieijk.de ne séjour, sur-tout depuis- que le jeune oqttntede **T.est dçs nôtres. L’ppcle de cette nièce ebésie est ce grand monsieur que vous reconuaiirez vis-à-vis à la (Mitessede ses- manières et à l'aménité de son langage. Je'vous signalerai ce petit bonmie à figure rubiconde pomme .le joyeux anecdotier de la compagnie. Demeurez certain qu'au bout de vingtquatae heures il- vous rendra le Compte ie plus .exaèt.de la famille et de la fortune de tout, nouveau venu. Cet autyre s’est chargé, de la fourniture des paioiabourgs, Nous avons été contraints de -restreindre sa fécondité; s'il lp i en échappe pius.de ^ par jour, il. epeQUFtuqe. amende. '

i. Je n’ai rien à vous. dire du Voisin de votre jeune, compagnon de voyage, puisque vous connaissiez avant, moi le fil» du comte de -/."* (J”.', dont on durait tort de- mesurer 1e courage sur la stature*. Ne vous semble-t-il pas qu'H ai,t passé

*.fi parait qÿe ce um-tu a été relui de dcnuemi secret qui a depuis. sutCité contre M. du lA« C. deux sieaires d'une taille rot

i/|4 I.F.S EAtrlC ne B’AONOLKS.

dans ses yeux noirs et y$s quelques étincblfes du

feu qui ' animait. les regards de l'aigle sons les

ailes duquel s’est écoulée une patrie de s« première

jeunesse?

« Vous avez reçu pins d'une visite de M 1 . ImvUIo, •second médecin de cet établissement ; jèné'le désigne donc pas à votée attention. Nous aurions d’ailleurs quelque peine â l’apercevoir d’ici; tirais à son accent méridional vous pouvez préjuger qu’il

fait les honneurs dé l’autre 'extrémité de la table.

G’est habituellement près de nous*' que |e place M sPiettt, notre premier médecin, qui produit ses quatre-vingt-quatre ans comme la preuve la plats irréfragable de «oh talent médical, il regrettera dfc ne s’être pas réneontré avec' un vieillard qui le suit' d'aussi péès que volts, mon cher Ermite, dans la eal'fière de la vie. '•••.• •’

« La tiécessité "Où fes. baigneurs se trouvent à Baguoles de vivre- en Communauté répand parmi bous un air de'fatnille qui" n'existe pas totq'ours, ailleurs.. Vous- avez pu observer déjà que" le- ton de la meilleure compagnie et qu’une cordiale simplicité président à ces réunions. Nous devops aussi à la sagesse de notre directeur d’ed avoir jusqu’à ■présent banni le jeu. v •

lo&talc. On sc -rappelle comment le jeune comte a Hônis en fuite les deux géant» assassins avec le seul secours de son parapluie. »

AA b |è> M •

, »Ü in’a falla plas d’un jour -pour parcourir la totalité du parc ; maintenant j’en connais tpus les détours, et je. sais à quels parrains oti à quelles marraines sont redevables de leurs noms les principaux points de ralliement qui s’y trouvent, car il -èst d’usage ici, qu’après trois saisons, un baigneur -donné un- nom qui conserve son souvenir au site oit à la fabrique du parc qu’il préfère. C est ainsi que le rocher de Sotnmàriva- a reçu le sien du Mécène dont les arts pleurent la perte ; qu'unr nonveau Paris a baptisé lé mont Ida ; que la grotte Frcsnay rappelle madame Delauntiy, veuve de cet honorable négociant què Louis XVI anoblit en récompense dé là loyauté qu’il avait mise à remplir les fourni* tuées de toiles des armées «a vàles s Vf le- Clémencef a emprunté le prénom de la fillfr de Cette même, dameu Enfin le bois de Èeauregard doit, m'a-t-on dit, la dénomination qui lui sied si, bien à madame Dubois deSeauregard, de Laval , célébré dans ccqmys par ini don de 1 5o,ooo francs qu’elle a . fait aux ttepistes pour -aider à le.ur rétablissement. Je n'ai jamais parcouru ce bois sans que mes réflexions ne se soient dirigées malgré moi sur le bon emploi des richfesàesv v ' <

J’ai visité aussi ta fbrge, ‘qui est aussi au-dessus des bains ,-«t l’hôpital militaire, qui forme une division de l’établissement tout-à-fait distincte. En revenant, nous sommes passé»' dévaut une vieille

Ermite eu proviîicf, t. vit. io

;/(« LE9. EAUX DE- nACJSOLES. -

masure', que, suivant une conjecture que je.eroi'i un peu trop hardie , on prétend avoir -été habitée ■par Charlemagne. •' •• ?• • ,

A iuesnre «pie .mes forces reviennent et que mes. douleurs se calment, je donne une carrière -plus vaste à mon essor, et je me prépare ainsi à reprendre le cours de mes voyages. Des plaisirs do la pèche, qu'on peut .se procurer à la ligne ou au filet, j'ai passé àcetnc d'une grande partie de chasse que nous avons eu occasion de faire aux environs. Maintenant je suis affilié à une soeiété. de pèlerins qui ont fait vœu «le paroourir tous ceux des lieux envirnn- . liants susceptibles' d'exciter la curiosité ou* l'intérêt. Léon «st lç supérieur de l'ordre, .et rq;le la marche une carte du département -à la main. Tous les chevaux de l'établissement et tous les ânes des environs ont été mis en réquisition! Nous avons fait une nouvelle visite au château de LaBermoudiére, que nous n'avions aperçu qu'en passant. Nous avons parcouru les majestueuses avenues de celui de Couterne, il nous.rtstceucorè.à voii'celui de Chantpje. Les grosses forges de Varcnnes et de Çosse passeront ensuite sous notre inspection, et, pour terminer par des objets relatifs à notre institution, c’est la Chapelle de saint Orlcr, fameuse par ses miracles et la tour de lionvoutoin qui seront le but de nos deux dernières excursions.- • t... . ' », ,

Cette touf-dc üonvouloir, dont l’aspect est- très

«LES EAUX DE KAjGN01.ES. .

pilUHfsque, se trouve au mi|ien de la forêt 4‘An- ■ tjewiie. C'est une espèce de phare, élevé au centré des vastes forêts qui couvraient jadis ce pays; -elle setvait à rallier pendant lp jour et à éclairer pendant la nuit la .marche des soldats qui se trouvaient • égarés aux environs. - ■ •

il y a en ce matin de#cbucliotteniehts mi déjettnér. Une de nos jolies baigneuses y manquait. Un ,

de nos plus aimables baigneurs était l'objet d'tine attention quïl ne semblait pas soupçonner et qni ne pouvait échapper qn a lui seul. J’ai remarqué quen sortant de table, on së formait par groupes, dont la conversation, également animée, paraissait cependant avoir des résultats très différents. Dans les uns, où la* vieillesse et d’âge mrtr étaient plus particulièrement réunis, les figures paraissaient sé- . rieuses et presque courroucées; dans les autres, où la jeunesse dominait, les physionomies avaient 1 expression de la plus folle gaie#. J'ai toujoure préféré dans eu monde envisager les choses sous le côté plaisant. Malgré mon âge, je pris rang parmi les rieurs; M. s’y trouait déjà; je l’abordai.en . le priant de me mettre au fait de cette énigme. Il s agit d’n ne charade, me répondît-il; et quand il m’eut parlé quelques instants, je vis qu’il avait raison au moins dans le sens de ImuBlas. Le révélateur voulait m imposer, pour prix de sa confidence, l’obligation de reproduire l’anecdote dans mes obser-

valions, sons le titre des Ombres Chinoises vais je ne saurais çouscntir à manquer à iegard des autres d’une discrétion dont je? voudrais encore avoir besoin moi •même. Je ne. soulèverai donc point le rideau, qui est loin d'ailleurs d’avoir vodé la cbàrade en question; mais si jamais ce' livre tombe dans les. mains de* parties intéressées, je lesengage à se souvenir qu’il y a- toujoA's une leçon cachée sons les ingénieuse* fictions de la mythologie, que ce u’es( pas sans dessein qu’elle nous représente l'alnour aveugle, que çç. dieu .s’accomrpode mieux du silence que du bruit, du mystère qne 4e l'éclat, des ténèbres que du jour, et que dans les mideîsvous, où l’amour sera seul en tiers avec eux, il y va de l’intérêt de tous trois de sopffljjr les lumières.

Page 1