‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7 (volume 2)Chapitre 39 sur 60 · LEGtJIO* rvt t)UMOU!UEZ · texte numérisé non relu

LEGtJIO* rvt t)UMOU!UEZ

su p ce pays. Ce qui résulte des chroniques, c’est qne, lors de l’iniasion des Normands, .il mettait, dans pet endroit un fort , un petit port, une abbaye et Quelques maisons; mais o«t(e réunion d'é». dificcs de différentes espèces ne s’appelait' point encore Cherbourg , à en juger dn moins par le bon mot que ces mêmes chroniques attribuent pins tard à Richard III. Elles rapportent que ce prince, ayant fait faire aux fortifications de cette station maritime des réparations et des augmentations quil trouvait sans donte dispendieuse» , s’écria :• « lèf Castel esl'un cher bourg per mi , et que les - courtisans lui donnèrent le nom de Cherbourg , pour perpétuer le souvenir de Cette saillie da leur dtijr.

Les Anglais brûlèrent Cherboung- en i aqS-; ce désastre détermina à le ihieux .fortifier t aussi écbouèrent-ihs devant ses murs en 1 346, fors delà descente- opérée àr la Hongue sous Édouard HI. En 1 353 cette ville fut cédée à Charles 11, dit le Mauvais, roi de Navarre, par suite des arrangements qu’il avoit pris avec la oouConne de France , pour ses possessions de Champagne et de Brie; Le besoin de se maintenir sur ce point isolé obliges! ce prince à créer des fortifications considérables. Ce fut lui aussi qui, pour reconnaître le dévouement des bourgeois de Cherbourg , les créà tous barons. C’est à cet anoblissement que fait allusion l’expression populaire de pair à bâton , dont on se sert

encore quelquefois en parlant d'un bourgeois, de Cherbourg. 11 parait an reste que cè n’était pas nn rain privilège; car on assure qu’il fut un temps où les femmes des environs quittaient leur résidence habituelle au moment defaire.lcnrs couches , pour venir créer et mettre an monde de petits barons à Cherbourg.. . • • • V •

« Charles-Ie-Mauvais fit payer nn peu cher aux habitants de Cherbourg l’avabtage d’être nobles, en les livrant aux Anglais. Ceint la dectÿère place dans laquelle ils se maintinrent sous Charles VJI ; ils n’en furent chassés qu’en 1450. G’èst à un vceu fait à la V ierge par les habitants de Cherbourg, pen* dant çe dernier siège , que l’on, attribue la construction d'une maohinc à ressorts, représentant l’Assomption de Marie, que l’on voyait autrefois dans la principale église de la ville. 'Les historiens de Cherbourg- eri parlent A tort Comme d'un morceau unique dans son genre, car il y avait une apothéose toute pareille à Dieppe. Cette machine était, à ce qn il- partit, mte espèce de gloire dont l’effet répondait assez à c'elui de nos gloire» d’opéra.

« Pendant les guerre» de religion , Montgommei’y fit plusieurs tentatives pour 's’emparer- de Cherbourg; mais cBvfut la seqle place.de la presqu’île q»e Matiguon parvint à soustraire à ses bouillantes attaques. . \ • •• c

.«Telle est, me dit Léon, lanalyse succincte de

l’histoire de Cherbourg proprement dit. C’est en présence des lieux, qu'il faut retracer cellpdu part militaire; et pouy pénétrer dans son enceinte, nous avons- besoin' d'une permission qu’il nous faudra aller prendre aux- bureaux de la manne chez le major-général; * . > , / .

• Pendant cette revue historique nous longions- le joli cours, qui annonce agréablement la ville, et les côjcfe d’un bassin, destiné aux vaisseaux du oorm merce, mais que le peu d’importance de celui de France n’a' pas mis jusqu’à présent dans la nécessité de creuser entièrement. Le sol n’en est que de quelques pieds,p4us bas que celui des terrains envi-* ronnants; et en attendant que la mer y fasse gronder ses flots r il sert de promenade anx, oisifs, et d'arène aux jeux des enfants ou des matelot*.- Nous finies .choix p6ur notre logement de ïltôlel de France, et après avoir parcouru le vieux port, établi par les soins et sous le ministère de RL Tru-daine, nous nous, rendîmes aux bureaux de la marine, situés de l’aijtre côté du bassin. 11 n’est peut-être pas inutile de prévenir mes lecteurs qué , la permission que n,ous allions y chercher nç peut être réclamée comme un droit; mais qu elle est une faveur que les autorités - maritimes peuvent refuser, et, qu elles n’accordent qu'aux Français munis de pasée-pqrts en régie. Selon - rusage des . personnes qui veulent visiter le port avec utilité et économie

de temps, nous prîmes un garde-marine pour nous accompagner, ■ •

La mer est pour les marins ilne sorte de patrie commune, indépendante du sol qui les a vus naître ; et il y a entre gens qui l’ont fréquentée une fraternité particulière, et uue identité de langage et de seutiments qui les unissent les uns aux âutres-par de prompts rapports. Nous n’avions pas encore traversé la ville avec le patron Jean , que quelques mots teelmiqués lui avaient déjà prouvé que la mer n’étajt point un élément nouveau pour moi. J’appris en revanche sur quels vaisseaux it avait mpntéÿ à quels combats il s’était trouvé, dans quelles rencontres il avait été blessé. A travers tous ces détails personnels que je provoquais-, il n’en était pa» m*ins attentif à dous faire remarquer la propreté et l'alignement des rues que nous parcourions. Trois fois il avait même interrompu tout-afait son discours, potfr nous faire admirer la prison qui est en construction , et les deux fontaines publiques dont les aiguilles pyramidales et les vastes bassins sont chacun d’un seul morceau de granit.

« Tout est bien changé depuis cinquante ans autour de nous, reprit-il ensuite; surtout pour un homme qui , comme moi, a vu ctyte ville avant les immenses travaux qu’on y a faits. Car vous saurez , messieurs , que j'ai eu l’honneur de servir de guide au général Dumouriez, lors de la première inspec-

Ermite eïi province, t. vu. 19

tion qu’il fit de cette i-ade avec M. de La Bretonnerie. — Ces deux hommes , interrompit Léon , sont incontestablement ceux qui ont le .plus cohtribné à la création du port de Cherbourg : le premier par ses écrits, ses démarches, ses sollicitations et son entreprenante activité pendant qu’il fut commandant "de la ville; 'et le second, en concevant l’idée de fermer la Fade par la fameuse digue ; ce qu’il a exécuté avec un courage et une ténacité de caractère qu'aucuns obstàcles ne rebutèrent. »

Cet entretien nous conduisit jusqu’à l’entrée du port Militaire, où le guide de Dumonriez présenta nos laissez-passer au concierge: Nous parcourûmes d’abord la corde rie, qui a quinze cénts pietés de long; nous avançâmes ensuite vers le rivage poûr visiter le magasin à bois, bâtiment dotmüle pieds d’étendue, sous la toiture duquel -on a ménagé un plancher destiné à tracer les épures des vaisseaux en construction. Les gens' de l’art remarquent qne la charpente qui soutient le comble de ce large bâtiment n’a d’autre point d’appui que* les rmiCs , et la regardent en -conséquence comme pn chefd’œuvre. • t • . ••

Quatre cales couvertes , c’est-à-dire quatre énormes toitures soutghuesjiar de magnifiques pilastres, et qui sont assez élevées et assez vastes ptmr que l’on puisse construire un vaisseau de ligne à l’abri de chacune d’elles, excitèrent- ensuite .notre admi-

LE GUIDE DE DUMOURIEZ. , a y 1 ration. Noos examinâmes avec une surprise au . moins égale la forme qui se trouve entre les cales, et qui est destinée à radouber les vaisseaux.. C’esLun bassin en granit dont la cavité a la forme d’un vaisseau de premier, ordre, mais qui est d’une proportion assçz grapde pour que les ouvriers puissent circuler et travailler autour du bâtimenyitinc fois qu'il y est introduit. Rien n’est plus ingénieux, que le moyen d’introduction que l’on emploie. La forme communique avec le bassin du port -par une entrée d’une largeur suffisante pour le passage des plus grands vaisseaux. Cette eutrée est habituellement et hermétiquement ferméè par unèbateauporte, espèce de bataVdoau mohile, qui ne laisse pas le moindre passage aux eaux de la mer. Lorsqu’il s'agit de faire pénétrer un vaisseau dans la forme, on ouvre cette entrée, et la marée l’y amène. On attend alors qu elle ne laisse plus, en sç retirant, que quelques pieds d’eau daus la forme, pour en refermer l’entrée .avec le bateap-porte; puis, à mpsure que l’on enlève cette enu à l'aide dp. pompes-, on soutient par de nombreux étais, ..préparés d’a- ,jrauce, le bâtiment, qui se trouve ainsi à sec, pour ne plus recevoir d’ead jusqu'à ce que les réparations soient entièrement achevées.

Les cales et la forme occupent le cûté droit du bassin d’avant-port. Noire- guide allait nous en faire l’histoire, lorsque Leon l’engagea à reprendre les

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choses d’un peu plus haut, et. à nous donner #ine idée générale de l’ensertible du port, et de la rade de 'Cherbourg. «Nous en concevrons mieux, ajouta-t-il , l'impur tance et l’utilité* des travaux qne Fon y a. faits. — Je tâcherai, répondit notre guide, de vous répéter le moins imparfaitement qu'il me sera posAle les observations que j’ai entendu faire au grand général dont j'ai eu le bonheur d’accompagnér les pas sur ces côtes. » Fuis il se recueillit quelques instants, et il reprit à-peu-près en ces termes : « La nature a ménagé deux rades du mouillage le plus sdv dans la baie de Cherbourg. Cette baie s : étend depuis la jminte de Querquevtlle que vous voyez â votre gauche, jusqu’au cap Lévi que nous avons à droite. Il y a impossibilité- de la bloquer, à cause du grand courant de. la Manche qui se fait sentir à la hauteur des deux points que je viens de vous indiquer. La plus petite des deux rades régna depuis la pointe du Homet* que •Voici tout près de nous à gauche , jusqu'à Y île Pelée que nous avons en face; et la grande, depuis l’ffe Pelée jusqu à la pointe de QuerquevilU;. Cette dernière fade a près de quatre mille toises. Ajoutez que,- sur trente-deu% aires’ de vent, il n’y en a que dix qui soient contraires à son entrée et à «a «ortie j et qn’au-delà du cap’on trouve assez -d’eau pour diriger la marche des vaisseaux -de quelque côté, qu’on le désiré. Vous saisirez aussi', au premier coup d’œil, tout l’a-

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Gaulage que l’on pourrait tirer de 1 ” le Pelée et des pointe,, du Honfet et de Querqueville , pour couvrir l'entrée et toute l'éteudue de cette rade. Mais on ne téouva pas ces avantages naturels suffisants encore , et M. de La Bretonnerie conçut le hardi projet de fairOiCKécuter au milieu des flots, et par l|main de l'homme, un de ces grands travaux qui semblent être réservé^ à celle de la nature. Il proposa d’éta-: blir depuis ï île Pelée, que vous voyez à une lieue en mer, jusqu’à la pointe de Querqueville, c’est-àdire dans l'espace de deux lieues d’étendue environ, une digne dé plus de cent toisas de largeur à sa base j et par-là d'établir en quelque sorte un port en pîdne mer. Ce projet fut adopté; et vous connaissez Les efforts inouis que son exécution a coûté.-. Toute la France a retenti de 1 ingénieuse invention des cônes due à M- de Cessai t, et des moyens employés pour amener en ligna, et couler à la placé qui leur est assignée, ces énormes masses remplies de quartiers de rochers, qui servent de fondement principal à la digue. » , .

• Pendant que notre guide parlait ainsi , nous cherchions, de toute la perspicacité de nos regards, à apercevoir cette fameuse digue \ à travers les vagues de la marée montante, mai - . -au- rien pouvoir découvrir- Moitié Jean s’aperçut de l’objet et de l’inutilité de nOtre-recberchc , et il reprit: «.Le projet primitif avait été d'élever cette digue au-dessus de

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la hauteur des plus grandes marées , d’en affermir ii ■ sommet par un talus en maçonneriS , et d’en arrêter les extrémités par des musoirs; maisil n’a point encore été exécuté. On n’a élevé la digue'qu a la hauteur nécessaire pour empêcher le passage des vaisseau^; cêpèndant ü est à cr&indre qhe- l'action des vagues n'aplatisse et ne divello à - lft longue cet énorme rempart, et qué'aes'débrls bé soient quelque jour rejetés et eutassês dans la rade, où ils formeraient des bancs et des ntterrissementsdangereux. Et alors, comme disait M. Dumouriez', otl aura gâté la nature, et cet inconvénient sera sans remède. On né reconnaît la place qu’occupe la digue qu’à la ligne blanchâtre qui tranche sur la couleur plus foncée de la mer. Elle commence un peu à la gauche de 171$ Pelée, sur laquelle s’élève aujourd’hui'le fort Royal, que vous voyez précisément eh face de l’entrée de l’avant-port. C’est sur ce poiçt extrême de la digue que dîna Louis XVÏ, au milieu deTélite de la marine française, et d’un peuple enivré de voir un aussi grand ouvrage^onsacré par la présence du souverain qui en avait Tait le travail dé prédilection de son régne. La première passe «e trouve entre ce poirtt et le fort Royal, sous le canon duquel elle est placée; la digne régne ensuite sans interruption jusqu’au fort Dauphin ou fort Central, ainsi nommé parcequ’il occupe le centre dé îa digue, et depuis cè fort jusqu’auprès de la pointe -À» Quergicmité,' Où

'est la secoa.de passe. Ainsi ces- deux entrées Se trouvent protégées , du côté de la mer, par leÿ-fcux du fort Royal et du fort Central, et du côté de la terre par ceux du fort d'Artois , élevé sur la pointe du Homet et du fort de Querqueville, placé sur la côte. 11 résulte de leur position respective que l'on ne saurait entrer dans cette rade, ou qu'on ne saurait en sortir, sans ppsser d’un côté à bâbord sous le canon du fort Royal et du fort Central , et •de l’autre côté à tribord sous le canon des forts d’Artois et de Querqueville. Tel est le vaste refuge que la marine avait réclamé pour.sès vaisseaux ; mais des réflexions plus approfondies ont fait sentir depuis , ainsi que M. DumouriezVavait prédit r la nécessité de revenir au projet du maréchal Vauban , et de créer un port au fond de cette rade, pour faire face- à celui de Porstinouth. L’avant-port que voici est le premier pas fait vers l'exécution de ce. projet, coreimençé aussitôt que la retour de l’ordre et dupe saine administration permit de s’occuper des travaux d’utilité publique. 11 a été livré aux eaux de la mer le 27 août 1 8 1 3 , en présence de l’impératrice Marie- Louise et ■ d’une suite nombreuse de personnages marquants et d’artistes célèbres. Il a^ueuf cents pieds de long, sept cent vingt pieds de large , et cinquantecinq de profondeur. La largeur du chenal d’entrée est de cent quatre-vingt-seize pieds.-

« On -avait commencé à creuser le bassin d’arme-

2g6 LE GUIDE DE DUMOURIEZ.

ment même temps que celui de l'avant- port ; vous le ttoycz à notre gauche. H parait que des circonstance», qu'il ne m'appartient pi d'apprécier ni

d'expliquer, n’ont point encore permis au gouvernement de l'achevér. On a recommencé depuis peu à y travailler, et vous allez bientôt entendre jouer les mines, à laide desquelles séules On parvient. à creuser dans -ces masses compactes de granit. »

Un instant après, de nombreuses détonations attirèrent en effet nos regards vers le second bassin , et nous vîmes les débris du roc voler de tous côtés en éclats. Ce fufalors que nous pûmes juger de l'extrême difficulté de ce travail, c|ui consiste à effolier peu à peu le granit avec le secours de la mine. C’en- ■ tière confection du bassin d'armement est attendue avec impatience ; c’est le complément indispensable des autres travaux. Jusque-là l’avant-port se trouve en quelque sorte sans objet , puisque les vaisseaux que l’on y lance y sont moins èn sûreté que dans la rade, et qu’on est obligé de les conduire à la remorque pour les'armeT à Brest. * * • .

Outre le bassin d’armement ,-on doit creuser d’autres bassins derrière l’avant-port. Nous avons vu un plan de bassin cÿ-culaire auquel orna, dit-on, renoncé l'effet ‘en esrtriginal et séduisant sur le papier.

Nous avons fait le tour de l'enceinte du port, que des fortifications défendent dans toute son étendue. En revenant du côté des cales, où Léon vou-

LE CÜIQE DE AüMOüRIEZ. 397

lait faire la visite-d un vaisseau de ligne , notre gutde nous montra ; le long du bassin d’armement, les fondations des magasins destinés à recevoir le gréement des vaisseaux, ‘et des cabanes où étaièrit casernes les prisonniers espagnols pendant les travaux de l’avant-port.

Un vaisseau de ligna de cent vingt canons , près d’être achevé , fut celui auquel Léon donna la préférence. Je répéterai ici , pour quelques uns de mes lecteurs, une partie de l’application que le patron Jean lui donna , et que j’ai eu moi-même quelque plaisir à entendre, à cause des souvenirs qu elle rappelait à ma pensée. * '

« Un vaisseau de ligne de cette dimension , Ipi dit le guide de Dumouriez, avant • de monter un escalier en- bois qui conduisait du sommet du bâtiment t est la plus grande canstruotion mobile qui sorte dé la main de l'homme. Sa longueur ordinaire est de <fêux cents pieds , et son -élévation de cinquante t cinq. Ou* compté qu’il enti^it nettf Maille chevilles dans ‘sa cdnstructira ; et quaiftf il est entièrement ârmé et gréé , on estime qu’il pèse quatre millions cinquante raille »ü y es; sa valeur moyenne est d’un million de francs,

« Montons maintenant à. bord. Le planehpr supérieur que nous foulons , continua-t-il , s’appelle le pont ; mais avant de nous en occuper, visitons les quatre étfcges que noos avons sous iesipieds.

a$8 ls guide nt; DUMODRiEa.

premier que nous allons rencontrer en descendant se nomme première batterie , ou premier entrepont , et se garnit de canons dg trente-six ; viennent ensuite la deuxième batterie ou deuxième entrepont , qui reçoit des canons de vingt-quatre ; la troisième batterie ou troisième errtrèpont , 'composée de pièces de dôuze ; et enfin - ta cale qui est le magasin du vaisseau. Elle est divisée, en- plusieurs fosses- ou soutes pour les differentes provisions. La fpsse aux poudres > désignée communément sous le nom de Sainte-barbe, est à une extrémité, et la Fosse-aux- I/ions, où se trouve ta prison, se trouve à l’autre. Quand nous serons remontés sur le pont ,,vous dis-tiuguerez d’abord le côté de. la proue , c’est celui qui fend les eaux, et le côté de la poupe, qui est celui où se trouve le gouvernail. Le pont sé divise en trais parties à-peu-près égales. Celle du milieu, garnie seulement de lisses en fer et, de filets , sè nommç vibord ou passavant. On ami cl le gaillard ^ farrièn j la partie qui est du côté ait gouvernail t et ga^kird-d’avanl , celje qui est vers la proue. La grand mât occupe le centre du passavant; le mât d’artimon doi^son nom à la place qu’il occupe auprès du gouvernail, i que nous appelons aussi- le timon. Le misène s’élève au point qui sépare le gaillard -d’avant du - vibord ; et enfin le mât de -beaupré est voisin de la proue. Chacun de. ces grands mâts est en outre surmonté d’un mât de perroquet ,

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flèche légère ajoutée à son extrémité, et déqprée d’un pavillon. Du côté du gouvernail est -ce qu’on appelle le château - tf arrière ; il Se compose de la chambre dos pilotes, de k chambre du conseil, àe la chambre du capitaine, et de celle des canonniers , réparties les unes an-dessus des autres , depuis le pont jusqu'à la 'cale, et dans l’ordre que je vieps de vous indiquer. »

% Vtful us connaître k .nom du vaisseau que nous venions de parcourir. Une inscription attachée provisoirementà la proue m’appritqu’il s’appellerait un jour le duc de Bordeaux. Je crus distinguer, à travers ces caractères assez récents, le titre d’u» autre enfant aussi destiné au trône. Serait-il possible que ce vaisseau fût resté imparfait depuis la catastrophe qui Ion a précipité, et qu’on^eût laissé dépérir dix ans sur les chdbtiers un ouvrage qui demande tout au plus dix mois pour être achevé?

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