‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7 (volume 2)Chapitre 40 sur 60 · DE CHERBOURG · texte numérisé non relu

DE CHERBOURG

Je passe sans transition de Cherbourg à.Saiut-Lô, et j’épargne à mes lecteurs le désagrément que je n’ai' pu éviter moi-même, celui de revenir sur les lieux que j’ai parcourus avec eux dans, le discours précédent. Ce n’est qu’en sortant de Carentan que l’on retrouve l’epibranchement de la route «jui conduit à Saint-Lô. Je n’ai point eu le courage , ainsi que m’y engageait mon vieil ami M. A***, pendant que pçus examinions à Cherbourg les raretés de sa bibliothèque normande, et. sa belle collection de médailles , d’entreprendre par des chemins à-peuprès impraticables le tour de la presqu’île. A l'en croire cependant, un voyageur plus intrépide que

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moi trouverait dans cette excursion un assez ample dédommagement à ses peines. Il éertcontrerait'd’a- . bord UtviUe,- point de débarquement des Anglais en 1758, ensuite le cap de la Hogut et le* falaises dfJobourt , dans les càvités desquelles des milliers d'oiseaux viennent chercher un abri en hiver. Attachés les uns aux autrés pour sê défendre' contre les rigueurs du froid, ils forment des agglomérations dont la grossêur est à-peu-près égale à celle d’Un tonneau, et paraissent attachés aux parois du rocher comme de belles grappes de raisin sont suspendues aux murs qui le* soutiennent. En descendant jusqu’au Gros-Nez-de-FHarnanville , on jouit delà * vue*de site* charmants, trop rarement explorés paf nos artistes,* et de ht perspective de ce qu’on appelle à notre honte, dans ce pays, les petites lies anglaises : elles n’auraient en effet jamais .dû cesser • d’être des îles françaises. ;

Espérons que plus tard la nouyelle route de Va- ' lagnes à Barjleur sera continuée de Barfleur à Cherbourg par Saint- Pierre-Église j et qu’elle longera ensuite les sinuosités de la péninsule pour redescendre par les bourgs de Èri quebéc et de Saint-Sauveur , dont M. de Gerville a sigpalé les vieux châteaux aux archéologues et aux paysagistes. L’accès de ces parages abandonnés deviendra alors plus facile * la prospérité du pays s’en accroîtra pendant la paix ,

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et, en cas de guerre, le transport des moyens de défense sera plus rapide et plus sûr. • . *

Nous avons rempli , pendant le trajet de Cherbourg à Carenlan , une lacune relative à la première de çès deux villes. Léon avait négligé à dessein de me la faire remarquer, «l’ai pensé, .tue dit-il , que la recherclje des hommes 4e quelque célébrité que Cherbourg a vus naître charmerait les ennuis' dit voyage, jusqu’à ce que de6 sites nouveaux vinssent réveiller notre attention. Nous. nous mîmes en conséquence à compulser nos notes et nos auteurs. Parmi les noms que cite madame Retau Dufresne , nous avous'choisi ceux des deux frères de Caiilère 7 ÿan. mombre de l'académie française, et plénipotentiaire * à Kiswich , l’autre gouverneur général à la- Nouvelle France, et de Desi-oches-Orange r qui, par une.de ces exceptions jadis trop rares, devint, de simple 'soldat, lieutenant-général et grand-maître de l’bô.tel royaldes -In Valides. Nous toc*i$ sommes àperçju que la Clio de Cherbourg avait omis le médecin Jean lia mou, précepteur de M. de llarlay,, -et un des solitaires de Port-Royal. L’évéque de Senez, Jean de Beauvais, a jeté, dans des temps moins éloignés, '-un plus brillant éclat sur la ville qui lui servit de berceau. C’est le seul orateur qui ait consolé la chaire de la perte de Massilkm : pins grand encore par la simplicité, do ses mœnrs que par sçs talents. Quelques vieillards se rappellent l’avoir vu à Cherbourg ,

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