A AVRANCHES
lorsqu’il venait visiter sa mère qui y tenait une petite boutique de chapellerie. 11 ne-dédaignait point de passer de son palais épiscopal sous l'humble toit qui avait protégé son enfance, et il y vivait sans ostentation et sans faste, avec la même frugalité qu'aux jours de sa jeunesse. v-
Les noms contemporains de M. Dupuytren , et de M. Gauthier, jeune orientaliste auquel on. doit une magnifique édition des Mille et une Nuits, sont destinés à grossir à leur tour la liste des- célèbres barons cherbourgeois. Je n’oserais. en dire autant de celui de M. Avoyne de Chantereine, député de la Manebre. Les hommes qui s’attachent de tropprèsaux circonstances courent risque de passer avec
eMes: • . *
Avant que l’évêque saint Là eût , au commencement du sixième siècle, donné, son nom à sa ville natale, elle se nommait Briovera , c'est-à-dire Pont- SHt-Vire. Il semble assez bien établi- qu'elle ne se composait alors que du port et du château. Rien ne parait prouver que les Romains aient connu Briovera, et que cette ville ait existé du témjis de leur domination. C’est à Semilti, village à une lieue de Saint-Lô, que ceux qui veulent absolument qu’il q’y ait que des villes d’une haute antiquité dans ce monde , cherchent les titres de celle de Briovera. Selon ccs antiquomaues, Semilli a été pourSakrt- Lô ce que Vieux fut pour Caen, Noviomagus pour
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I jisicux, et Etou vi pour Vire. Si Semilli fut jamais une ville, il est probable que ce fut une ville ouverte, dont les habitants vinrent dans le bon temps chercher un refuge sous les murs de la forteresse qui protégeait le pont jeté sur la Vire; on n’y voit plus aujourd'hui qu’un vieux château et trois avenues.
On prétend que Charlemagne, animé du désir d’opposer un boulevart redoutable aux invasions des pirates du Nord, que sa politique profonde prévoyait, augmenta les fortifications de briaverçi, en même temps que celles de plusieurs places de l'Armorique. On ne dit pas cequi.le détermina à y fonder un abbaye. En 890 , la ville fut détruite , et les habitants passés au fil de l’épée par les .Normands. Un de ses évêques en releva les fortifications; ce qui ne l’empêchtrpas de retomber au pouvoir de O coffrai Plantagenet, en 1 1 4 1 - "
• Trois seigneurs nprmands s’étant jetés , en r 345 ', dans UBe intrigue qui avait pour but dé favoriser les prétendus droits d’Edouard , roi d’Anglèterre, sur la couronne de France , Philippe de Valois fit décapiter les félons à Paris, et envoya leurs têtes à Saint-Lô, selon les uns, à Carentan , se|on les autres, afin quelles y fussent exposées. Édouard, pour les venger, vint assiéger et ravager Carentan et $aint- Lô, et fit de magnifiques funérailles aux victimes de sa cause. On a retrouvé ces têtes à 8 aint-Lô veft le milieu du dix-huitième siècle; elles étaient par-
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fadement conservées et arrangées avec un art^qui fait infiniment d’honneur au bourreau de Paris. Le cou reposait sur une espèce d’assiette en fer à la- • Ajuelle il était fixé par une verge de fer, qui-traversait la tête perpendiculairement, sortait par le . sommet du crâne, et s’arrondissait en forme de crosse.
Lors des guerres religieuses qui eurout à Soint-
Lô le même caractère d'acharnement et- de fanatisme que dans le reste du Bocage, cette ville tomba au pouvoir de Montgommery , et fut reprise ensuite pdrMariignon. L’est là què s’arrêtent ses fastes hist toriques. On'n’eq parle aujourd’hui que comoTe du ebef-lieu -d une piréfecture, animé par tyiclques manufactures d’étoffes dé fil et de laine, eontiues sous les noms de finettes , de tî rétamés, bu AeHroguels. Ce sont les chutes de, la Vire qui donnent le mouvement à ces hsinçs,"’ auxquelles 4e joignent en-, eore quelques tanneries. On a évalué que iTudustrrc n’occupait pas moins de -quinze cents personnes, tant à . Saint-Ld qu'aux «avirons. t
Saint-Lô s'étend à-la-fois sur nne éminence escarpée et. dans ut» vallon profond., il en ‘résulte l’effet le plus pittoresque.. La ville haute sert.de point de vue àlavifle basse, et réciproquement Les maisons sont généralement fort mal bâties; quelques constructions nouvelles annoncent uu meilleur avenir. Un petit jardin nous a paru être ici l’orne-
Ermite en province, t. vu. ao
;io6 DB CHKKBOUBG
mqpt nécessaire d’une maison; mais le go&t leplus
déplorable gâte cet embellissement. Je ne crois pas
que nous ayons vu nu seul arbre abandonné à sa
croissance naturelle.. Tou» sont taillés en boüles,, e»
% * . * paons, en pyramides: on les façonne çonmie le
marbre ou la pierre. . -
Il y a trois -monuments à visiter à Saint-Lô: le-
glise, la préfecture , et la prlsoü. Ce que noaà trouvâmes .de plus remarquable en visitant l'église ce fut une proclamation de M. Clément, maire de la ville, il scs administrés., à L'occasion du sacre; elle était affichée sur le portait Ce magistrat annonçait que le jour de la fête il y aurait une distribution <le pain ét m de viande faite , aux indigents ç domicile, et , que le lendem&in on procéderait.» {ouverture t/'ipi cours public et gratuiPcC arithmétique , de géométrie, et de dessin linéaire, sfiécialemept destiné aux ouvriers.
• Nous rrq J) (unes nous empêcher de comparer» ce niotle si paternel et si sage dé faire participer le . peuple aux réjouissances d’un avènement, avec, les honteuses saturnales que nos magistrats de police, pariweuue s obstinent, par la plus absurde de toutes les opiiflâtretés, à renouveler dans toutes les circonstances solennelles. ‘
L’hôtel de la préfecture est un édifice curieux à visiter pour les amateurs de vieilles constructions. ' Quant à la prison , elle vient d'être achevée ; elle paraît être l’oûvrage du même architecte qui a con-
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struit celles'dé Valognes'ct de Cherbourg. On nous avait dit à Carentan (jne l’on était aussi suf le point d’en bâtir une dans cette ville. ’ «Ce grand nombre de prisons tieuves, me dit Léon ,• pourrait fournir à de mauvais plaisants la matière de quelques unes de ces vieilles épigranrmes dont on est. assez prodigue envers les pauvres Normands; mais j’aime à croire que vous attribuerez plutôt cette amélioration au tardif triomphe dés vrais principes de la philosophie . ,et de l’humanité ,• qu’aux exigences locales.' La création des.quatre prisons du département de In Man*che se rattachera, .par un honorable Souvenir,’ au berceau, de cette société def prisons qui « déjà fait • tant dé bien , et â laquelle il en reste encore tahit à faire. Il était naturel que la contrée qtie nous venons de parcourir, unpeu arriérée en civilisation , fût une des premières l’objet de sa sollicitnde. On trouvait dans le§ anciennes maisons de détention du département,de la Manche le caractère de barbarie du temps où elles avaient été construites; loin* as'*pect inspire maintenant les idées d’une raisonnable philanthropie qui dominent notre âge. On a enfin compris que sous quelques rapports il en était des prisons oomme dés hôpitaux , qu’il fallait tâcher do rendre les bommesmeilleurS dans les unes, de niême qu’on essaie de les guérir dans les autres.
Nous avons terminé notre revue d eSaint-Lô par un tour de Chamf*de-Mars , et par la visite du haras,'