UI113IB CSSK DE TOMB.CA1NE. Ô2Û
rocher prit lc nonj AeMont-Jou, Mans Jovis, e’ést- «i-diic mont de Jupiter. Ce ne fut qu'en ^aS'qu’U t eçut celui deSairit-Micliel , sur ja demande formelle que cet archange v fit à. saint Aubert, douzième évêque d’Avrauches, auquel il- se 'donna la peine depparaître plusieurs fois à oet effet. Il parait que diabord le bon évêque avait' cru tout simpleidfent qu'il* rêvait t mais, pour qu’il eût à son réveil itfte . marque sensible de sa vision, saint Michel, à la seconde apparition.,. lui -enfonça sou doigt dans le front. Les 'incrédules peuvent voir enpore dans l’église de Saint-Gervais à Avranches le crâne .du pré- -.lafc Ils.y remarqueront une cavité précisément de la grandeur nécessaire ptror- loger un doigt d’aecbange\ «a supposant .toutefois que les archabge* niaient pas les doigts plus gros que le cotmnbû des mortels. Ce mont est qu reste Celui des empreintes miraculeuses; çar ou rapporteque saint. Aubert , ne pouvant parvenir à faire aplanir le sommet du noclier sur lequel.il voulait construire sou-monastère, ‘put l’inspiration . dlj faire donner un coup de pied par un enfant; le rocher cédasous cet effort, roula an bas de la montagne,. où. on le montre encore, ainsi que la marque laissée par le pied de l’enfant.
^ .Saint Aubert envoya chercher des reliques de saint Michel sur le- mont Gargan, autrement dit mont Saint-Ange , dans le royaume. de Naples,- et en confia la- garde à douze .clercs qui ne devaient
L4 UftUIUgÿ6K 1>« ï'QMttLAlNGr 3^7
amalgame d'autorité a existé jusqu’à la révolutiou.
. ,« Eu les Anglais, qui convoitaient depuis
long-temps la possesion de cette forteresse, .l’assiégèrent, mais inutilementj Ceut vingt chevaliers repoussèrent leur armée, forte de quinze mille hommes, et lui enlevèrent même deux éuormes pièces de canon que l’on molltre encore aur étrangers. Elles sont un monumeift curieux de la manière dogi ou fabriqua d’abord les pièces d’artillerie; elles se composent de plusieurs barres de 1er, liées ensemble par des cercles du même métal. v
«La gloire de ce siège éveilla la curiosit^.de Louis XI qui, attiré à Avrancbes dans une guerre contre les bretons, visita te mont Saint- Michel. Ce modèle des rois dévots pe voulut pas abandonner un lieu si célèbre dans les annales religieuses , sans -y laisser des traces de sou passage, et, le t" août i46y , il institua l ptxlrc des chevaliers de Saint- Michel, « en l 'honneur, est -il dit dans les statuts, de
* moineigneur saint Michel, archange, premier c/ie*- «ualier, qui précipita du ciel l'ennemi de Lieu.»
« rendant les guerres d’Italie , qui épuisèrent la France sous Loués XU et soüs François le rnouas-
tère prospéra au milieu de la détresse générale , grade à uue sage administration intérieure; mais, $<ms le* régnes de Heuri. ll et de Henri 111, cette abbaye étant tombée entre les mains des courtisans qui pétaient jaloux que de ses éuormes revenus, sa
3a8 . la ohoidessR ng TOMot-Aiive.
splendeur commença à déchoir. Les mœurs de la cour pénétrèrent jusque dans le convent ; les dérè- , glements survinrent, et on fit une pension aux mni- * nés, à la chaire d abandonner le théâtre de leurs désordres. Pendant les guerres de religion', chaque „ parti se disputa ce poste important, et le désir dç s’en emparer donna lien à*des tentatives dune audace inouie. » *
En achevant ces mots, M. N w nous engagea 3i regarder à travers' jà longue vuequi se trouvait dirigée sur le mont Saint-Michel. Nous distinguârties clairement les rplirailles escarpées , les tqnrs'et les bastions qui l'environnent. Le côté qui. paraissait â nos regards présentait nne pente inclinée sur laquelle 1 s’élevaient une petite église et-quelques maisons , avec des jardins dont la terre a été rapportée sür je toc. M. N*** nous apprit quela partie du nord et dé l’occi " dent était inhabitée, etb’offrait qu’une surface granitique hérissée de rochers, il nous aida à reconnaître la -première .porte de la viFIe; le corps dè garde dtms lequel les étrangers doivent déposer les armes dont ils sônt porteurs ; la rue qui conduit au château ; l’église qui couronne la masse conique de ses bâtiments; la promenade des Pelits-Foas, au pied de la iabterne du clocher; la promenade des Grands- Fous nu peu plus hauf, et enfin le télégraphe au ' sommet de l’édifice. ■ Si votre oeil , poursuivit M. BT**,
..wy» •’
LA QR0IDK6SB I>Ê TOMBI.AINE. 1 ' 3ïij pouvait percer l’épaisseur des murs de granit dont cette abbaye est construite, j’iodiqtieriiistonr-à-tour à votre curiosité ses divers souterrains, ses «aVes, la roue et le câble à l’aide desquels on monte les * provisions att château, les oubliettes , que l’onap- A pelait aussi, par une affreuse ironie, les in paoe.
Au rez-de-obaussée , je vous ferais parcourir les ■ .cbâtubres du gouvernement, celles- de l’exil et de l’abbatiale, le» cuisines et le réfectoire ( parties toujours remarquables dans les couvents), et enfin les dortoirs, U bibliothèque, l’infirmerie^ èt -la grande- salle des chevaliers de Saint-Michel.
« La multitude des souvenirs qui sfe rattachent à ce rocher, la singularité des monuments qui le couvrent, quelquefois la piété, et plus souvent la superstition, ont attiré de tout temps une foule de pèlerins et de curieux au mont Saint-Michel. Il es* fâcheux que l'on n’ait pas eu primitivement L’idée d’y établir un de ces registres- sur lesquels les étrangers auraient écrit successivement leurs noms. En suivant l’ordre des temps , pn y aurait lu ceux de Richard II, duc de Normandie, et de Judith sa femme, qui y furent mariés ; de Robert, fils de GuilIaume-le-Conquérànt , qui s’y rendit au retour . • de la Terre-Sainte; de Henri H, son frère, et de Louis Vil, roi de France, qui s'y réunirent; de saint Louis, qui y vint au retour des croisades, ac- ,
LV) LA DBUH>B9fig- DE TOMBLÀItSE.
compagne de son fils Philippe , et qui déposa sur l’autel une somme considérable pour laugmentatiou des fortifications ; dePbilippe-le-Hel , lequel y déposa deux épines de la couronne de Jésus-Christ , et un morceau de la vraie croix; du fondateur de l'ordre des chevaliers de Saint-Michel ; de son digne descendant Charles IX j de Henri lll;> du duc d'Orléans , frère de Lonis XIV ; de madame de Sévigné',-. et, dans des temps plus rapprochés de- nous , du comte d’Artois, aujourd’hui régnant, ainsi que des jepries princes de la maison dTjrléans, conduits par leur gouvernante, madame de Silleri, plus connue depuis sous le nom do madame de < ledits.
• ' ■ Un trait, honorable pour le cœur de ces dei<nient voyageurs, est resté gravé dans la mémoire <Jes habitants du mont Saint-Michel. Les jeunes princes ayant aperçu qu’un des instruments de torture dont on avait fait autrefois usage dans les cachots de i’abbnye, et que l’effroi populaire désignait sous le nom de oaye de fer, bien qu’il fût en bois, subsistait encore, demandèrent des haches, portèrent les premiers coups, et ue quittèrent la place que quand ils se furent assurés de l’entièrfe destruction de ces iiorribles entraves. Un journaliste hollandais avait été la dernière victime que Louis XIV avait fait gémir dans cette cage. Il éteit • coupable de n’avoir pas respecté l’absolutisme d’un roi qui n’était cependant pour lui qu’un étranger'
• LA QHpipEftSK DE TQMBLAI NE. 33 1
et quun ennemi. I.e malheureux avait fini par chercher à se distraire de ses longues souffrances en ciselant, à l'aide d'un elou, "quelques ornements sur les barreaux de son affreuse prison. .
«Le nombre des dévots au grand Saint-Michel a considérablement diminué • depuis la révolution. Autrefois plusieurs confréries, qui avaient ee pèlerinage pour objet spécial, existaient dans les pays voisins, et se rendaient ici chaque année en grande pompe. Aujourd’hui, on y voit encore quelques boutiques tonnes par des femmes qui vendent des médailles, des chapelets, des croix de Saint-Michel et -des chaperons ornés de coquilles. t*eut-étre les pèlerins. seraient-» ils moins empressés à se parer de ce dernier attribut, s’ils en connaissaient mieux l'origine. On assure quelle remonte jusqu'aux druidesses. De leur temps , lorsqu’au équipage était sur le point de s’embarquer, il envoyait en députation un de Ses matelots, afin de demander aux prêtresses des flèches auxquelles on attribuait la vertu de calmer les orages. Cette mission- devait toujours être confiée àmin jeune homme dont le cœur était vierge encore* et, quand le retour était heureux, c’était le même ambassadeur qui devait revenir auprès de la prétresse, des mains de laquelle il avait reçu les flèches tutélaires, pour Ksi exprimer la reconnaissance des matelots. De son côté la druidesse l’iAitiâit à de tendres mystères,
33a LA ÜRUIUSSSK DB TOMBLÀINÇ.
et, à chaque révélation nouvelle, eHe ornait se»
épaules dam coquillage. Ne serait-ce ppint aussi de
cette antique coutume que certaines. coquilles ont pris le nom quelles oiiteQifeervé jusqu'à nos jours?
» Tel est, poursuivit M. NTyle- résumé de l*bis— toi ré du mont Suint-Michel. Comme asile de la superstition, il est à espérer que ses jourj^tje glçdre sput passés; comme place-forte, il est daus les devoirs du gouvernement de veiller à la conservation do ses remparts. Les bâtiments du couvent ont été transformé» en maison dedeterition. Des ateliers y sont ouverts, et l'industrie concourt aVec la morale a y ramener- les-coupabkes à la vert». C’est là rpià été détenu et qu'est mort, après quelques mois de Téchision, le dernier des faux dauphins, le sabotier. Malhurin Brunean f qui était parvenu cependant à couvai ocre de sa légitimité uu prêtre, un-chevalier de Saint-Louis, plusieurs Vieilles fouîmes, etqdeb •qnes fripons, fanant à T’omWainé, sur lequel je dirige maintenant ma lunette dapprOche, vous pouvez vous assurer par vos propres yeux que «es monumeut.s sa réduisent à uu petit- nombre, d,e mines , ensevelies sons l'épine et la ronce, de même que les éléments de ses annales ne consistent que dans des inductions incertaines et dans de vagues souvenirs. - i ‘.V . \ -,
, « Pour éviter de donner à Tomblame une étymologie commune avec le'rndnt BelefMts, quelques
Lk bnUIDESSE LIE TOMBLAJNÊ; annalistes ont fait dériver son nom de 'J'uitibttlwm ', petite tombe. >lais on a repousài cette version en faisant,^) bserver avec justesse que Tomblaine était plus grand que 'le mont Saint-Michel. Dim autre côté, un historien, breton, dAtyeutré, a avancé que ce rocher, était désigné dans ipielqnes bulles sous la dénomination àcUimba Heleiuc x Combe •d'Hélène; et il justifie cette orthographe par une histoire. Il raconte que la nièce d’un roi de la Petite- Rnctagne, nommée Hélène, fut enlevée par un chevalier espagnol qui la conditisi|,.<ur'ce rôc, et qu’après y avoir consommé un hymen qui n’eut que le eiel pour témoin et le plus vôlnge des dieux ponr garant, le félon s’enfuit en laissant là la belle, qni mourut de désespoir.? ’ ‘ j '
-w H oe manque à* la vraisemblance de eétte origine, interrompit I ,éon , que d’étre d’une date plus ancienne^ car la belle Hélène dont parle d’Argentré vivait à la fin «lu onzième siècle," et 'le rocher*' de Toniblaiue était connu sous -et* nom bien antérieurement à'éétte époque. Dés recherches plus sévères, et une tradition uon mdlus tôucliantc’quc celle rapportée par l’historien breton, m’ont amené à croire que e’élait à l’époque de l’invasion des Itomàins dàqs ce pays qu’il fallàit faire rémonter ce nom de Tomblaine, d’une •étymologie évidemment latine. Si Vous avéz quelques instants à dotinerà mon récit, -je serai Hatté-qn’e vous appréciiez
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la justesse de tues conjectures, et que vous jugiez deliiJtérèt de mon histoire. » ;
« L'expres<ion de curiosité que cette proposition fit naitre dans le» regards de M. Ji’** et dans- les miens, dispensa Léon d'attendre une réponse plus tonnelle, et il commença en cas termes > -
Vers la fin du troisième siècle, lorsque les Romains, maîtres des phis belles -provinces- de la Gaule, cherchaient à éteudre. leur autorité jusque sur ses confins les plus reculés, et répand aieut dans 1 Armorique des colonies de Francs, de Maures, de Sueves, et de Rataves, la contrée que nos veux embrassent était gouvernée par an roi, ou plutôt" par uu chef de cité nommé Conan.ije prince était intré-, pide comme toits les chefs gaulois, mais sa valeur aveugle se cousuuiait en efforts impuissants contre la savante tactique des Romains. Dès le commencement delà guerre, ils s’élaieut emptyés de la forte- cesse qui lui servait de résidence, et de la personne du jeune Cléomr, son fils et sou unique héritier.
i Le obàteau de ( lonau s’élevait, dit-on, à quelques lieues d’ici , AUr un promontoire qui a disparu depuis; car l’Océan et le temps semblent avoir travaillé de concert à effacer ces souvenirs de la mémoire des hommes. •
•< Banni de la demeure de ses aïeux , privé de son fils bien-aimé, le Gaulois n’avait point demandé là paix, mais- il s'était replié sur [es deilx monts que
La druidesse dk tombi>ajne. 335
l'on nomme aujourd'hui Saint-Michel et Tomhlaiue.
Un collège de druides occupait le premier, des druidesses étaient établies sur le second. Comme tous les princes inhabiles à gouverner par les voies ordinaires, Conan avait cherché dans la puissance' sacerdotale au appui à son pouvoir ébranlé. Un intérêt commun unissait la cause des druides à la sienne; car, par-tout ou les Hotnaius avaient établi leur empire, les autels sanglants dè 'ces prêtres cruels avaient fait place -aux dieux du Capitol* 0 . «Ainsi le patriotisme dps soldats de.Conân se trouvait encore exalté par le fanatisme religieux. ■Les druides parcouraient secrètement le pays, appelaient aux armes tous ceux qui étaient en état de les porter ; et malheur à ceux qui résistaient à leurs ordres! bientôt ils. étaient atteints, par un arrêt du ciel. Lorsque la divinité eu courroux réclamait une victime par la voix dés prêtres, c'était toujours leur sang qu elle demandait en expiation. ■
« Quoique vaincu dans plusieurs combats, Conau parvint, par un dernier effort, à réunir encôro une afmée autour du dernier refuge des druides. 11 rappela à ses soldats la gloire de leurs aieux qui avaient pris et saccagé Rome^il les engagea à venger leurs pères et. -leurs frères dernièrement içoissonués dans les combats, et eufin .à mourir- libres plutôt que de vivre esclaves!. Les druides, de leur côté, peignirent les Romains comme les ennemis des
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dieux , 'Attribuèrent leurs suèéèS aux orbites et â
fimpiété dotit là nation gauloise s'était rendue coupable; mais annonçant en mémo temps qiùmç -seule victime suffirait pour le salut de tous, ils plongèrent uU fer sacré dans le cœur d’un jeune homme, voué dès long-temps à leur vengeance. JÜes cri» de fureur èt de rage accueillirent ce sacrifice et «es discours. L'armée, persuadée quelle . avait les dieux ponr elle, demanda d’une voix unanime % ^métier au combat. Les -Romains, retranché*, aùtour de l’ancien -jialais de Conan , où lèurcbefs’était établi,' furent attaqués à l’improviste. Déjà ihpme ils avaient' été obligés d'aJiaixlonner leurs rétrandiomeuts extérieurs, -quand l aideur des Gaulois, épuisée par la Vivacité de cette -première -attaque-, commença à.se ralentir. Les Romains saisiront fia»bilemcnt cet instant d’hésitation ponr former leurs rangs et prendre -l’offensive; ‘et les Gaulois , ée* poussés à leur tour; furent nuis dànfc fine déroute complète. Lonait lui-même, ‘atteint par le’ fer ennemi, tomba au milieu de la. mêlée. Dn combat terrible. s'engagea autour de lui; mais Je seul aVamtagè que put .obtenir la valeur gantoise dans cette journée désastreuse, 'ce. fut-d’arracher spn eliçf aux mains de l'ennemi , et de protéger sa retraite jnsqn’a la dpineure des druides. !** nouvelle delà défaite •qde venait d'essuyer l armée y avait déjà répandu . le désordre' et l’effroi. Cèpendant ôn reprit , à l’ar-
' LA DRUlbÉSSE DE TOMflLAlNE. ' 33y rivée du prince, que espérance qui devait bjentAt s’évanouir. Fn druide, habile dans l’art, de guérir .Ici* blessures, fut appelé auprès de Couan; il né put'dissimuler que l’atteinte était mortelle/Le Gaulois l’apprit sans murmure; et faisant .approcher. Ie.che(d es druides auquel une-étroite amitié lavait toujours uni>: «La mort, lui dit-il, est glorieuse «pour le guerrier qui succombe en défendant son «pays et ses dieux, et je perdrais la vie sans re- «grets si je laissais un vengeur après moi-; “mais' «Cloovir, mais mon fils languit daps un honteux « esclavage. Ministre sacré de nos dieux, promets « à un père mourant de chercher à briser ses fers.
« C’est, toi qui 'élevas sou enfanqe, dirige sés.pre- « mi ers pds dans la périlleuse carrière où je le laisse «'après moi; et si jamais ilremonte.au rang de ses « aïeux* tu 'sais quels vœux ma reconnaissance pour « toi se. plut souvent à former; que Mœréa , que tq
« fille. » A ces mots la plaie du guerrier s’élaiU
rouverte, son sang coula avec abondance, çt sa tète tomba pour ne plus sé relever sur le bouclier qui lui servait d’appui. •
«Cependant, au milieu, de cette scène de désolation et de deuil, on avait remarqué qu’à I instant OÙ Conan avait prononcé le nom do Mœréa. un ééjair’d.cjôie, nn spurîre mal comprime avaient brille daps les yeux et sur Jes traits composés du grand-prêtre. On u 'ignorait pas que toùt enini-
('B MITE EK PROVtScF, t. VII. « U
T3d LA DR U1 DfcSSK Dp* TOM Bf, Al NE.
tiantle jeune Çlêovjr à*cette partie 'de leur science que les druides consentaient à révéler aux profanes, ce ministre ambitieux avait eu même tefnps cherclièà développer dans le Cœur* de son élève èn faveur de sa fille un sentiment de préférence et de tendresse' dobt il espérait tirer parti plus tard. Les derniers' mots du , prince «avaient , à cet égard comblé tous scs vœux ; mais on prétendait que le jeune Cléovir détail plutôt laissé - aller auprès de Mœréa à Tçn traînement des séduction^ dont il avait été l’objet, qu’il n'avait cédé au libre penchant de son cœur. Le chef des druides n'avait rien négligé en effet de ce qui pouvait charmer et surprend 1,0 l’imagination tendre et passionnée du jeune prince. Tantôt Mœréâ, les cheveux enlacés de verveine, la taille entourée d’une Ceinture coftipoSée d’un métal brillant, et la tête â demi-cou verte du voile des' druidesses, paraissait à ses côtés dnri^les cérémonies religieuses; tantôt dans un appareil plus simple', mais noïi moins propre à relever ses grçcés^ il l’admettait aux entretiens secrets dans lesquels il développait à Cléovir les principes des sciences et dé la politique. Alors il s’appliquait à fournir 3 sa fille i’occâsion de montrer l’étendue de son esprit et le feu de’ son imagination Les attraits d’une beauté ravissante secondaient merveilleusement les' artifices de ce père ambitieux. Il y avait néanmoins-, disait-on, dans le caractère de beauté de Moeréa, je
LA rmpHDKflSE DJ TOMBLAINE. 33 <j ne sais quoi 3 impérieux et d’exalté, qui avait plus d use fois glacé Cléayir lui-même an moment où, il cédait avec le plus d abandon à ses autres charmes. Cependant les liens d’une longue habitude , fortifiés partant de séductions, avaient faitnaâtre dans.soji éœur un attachement qu’il ne s’étaitjamais expliqué; tandis que dans l ame ardente de Mœréa cc même- sentiment, accru de toutes le* espérances de 1 ambition , s y était concentré avec uqe inexprimable énergie. • . ' ,
“ I^es funérailles de Conan. furent célébrées au mifieu durees récits divers; cependant lagrandprêtre réfléchissait aux moyens de replace#- Cléovù sur le trône de son père. Ne pouvant rien espérer* de U .voie des armes, il se détermina à recourir aux négociations. . Il se rendit auprès du chef des Romains, et il lui offrit, au nom du dernier roi, une treve dont il pensait bien que lés conditions ino- ■ dérées serafent agréables à in politique de l’empiré, plus jalouse encore de soumettre que de vaincre, il parvint en effet à faire admettre pbur bases de la paix, que le culte druidique serait conservé,, sauf les, sacrifices humains, et que Cléovir succéderait à tons les droits dé son père , sous la protection, et la tutelle des Romains. L'astucieux négoclaieyr espérait bien éluder plus tard ces restrictions; mais la nécessité lut faisait une loi de paraître ks aocueijiH avec joie. H prqposa même, pour donner nue
34o LtJ- DBtJlJ)ESSE I)B TOMBLAINEmarque plus (-datante' de ta bonne harmoniequl allait régner entre les RpruainS et les Qauldis, de rtmntr Tes deux armées dàrfà une as-lètn blée générale où Ctéovir serait couronné, et -oii chaque "peuple donnerait à l'autre lespectacle des jeux efdes diver- . 1 isaeuients de sa patrie. Il partit ensnifepour préparer la solennité dé ce grand jtnfc". • • ' V ' 1
*• ‘i< ï’ne vaste plaine fdt clmiste pour théâtre de la fête. Les chefs des deux armées y-parurent-aVec tons les attributs de leur puissance. Le grand-prêtre dés druides et «a fille offraient ah ufdieu de ces guer- . riers uh contraste qui contribuait à attirer sur- eux tous les regards. Mœréa/nisénsible-à' l'admiration même quelle inspirait, et les yeax attaché» sur Fe seul Cléosir, <jn’ellfc revoyait après une si longue Absence , suivait avèc uije - dévorante anxiété jusqu’à ses.moindresNnonvèménts ;ot un tressaillement sou- • dain l’avait saisie au moment où son père ot lé chef des Romains avaient déposé la Couronne sur Le front du jeune prince. lVrur lui , morne et rêveur, il rvnvait paru répondre à ces marques d'uuintérêt passionné que par quelques regards que. le hasard et l’inquiétude guidaient tour-à-touv. Cette' froideur* n’avait point échappé au regard du graud-préfne , . . et, tandis qd il cherchait à se l’expliquer, soit par les regret» encore récents que la mort deConân devait inspirer au jeune ptince, soit pan Fafteiôte portée dans sa personne au pouvoir qui venait de ldi être w.
LA* I)UL'IUE&SK DE TOM IIL Al N &• .Ifl
dévolu , Moeréa avait pénëtcéjtisqu'auçt plussecrûtos pçnSées du cœur de son amant. ■ . , • ,
«Fartons, dit-elle d’une v.oix treinblaute à sop u, pèse aussitôt qu elle put lui parler sans témoins ; ‘ « retournons dans le sein de nos forêts ; leur sombre « et mystérieux asile, est .seul fait pour moi. U mou « père, ne nous abusons point: une affreuse in*- « gratitude sera le, seul prix de tes service» et de . «ma. tendresse 1... elle est. déjà payée de la plus « noire perfidie; Cléovir trahit ses dieux, son pàys
vot .sa maîtresse. «•. •*. • ••. ., » •
• « lyc grànd-prétre , surpris de e* langageyet 1 attribuant aux transports dune imagination-, trop prompte 4 s alarmer, cherche à calmer sa. fille ; mais l'interrompant avec une .expression plus violente encore , elle s’écrie. : « Eh quoi l elle a doue éçbappé « à Tes. yeux cette fille; du chef deslioma ius , celte « Claudia qu’une uilniqe élevait, au- indien .de la « foula empressée d'applaudir a lupn amant? fui « deviné sa beauté à travers le vody qui la derobmt 4 à tous, les regarda. Tu n as donc point entendu « que c était elle que des mots «*utt’ecoHj»és uési- « guaieut autour de nous comme le gage de l'alliance «des deux nations? Va , mon cœui; nq m'a point « trompée* ils s’adorent; mais malheur à eux,et à .« moi-même 1 De ce moment, je. ne suis plus à l a- + moût- , je >üis toute à la vengeance. » Sou père
«efforça vainemcut dy h»i pupuvci- quçr- peut-être
34» LA. DRUIDESSE f)K TOM H I. Al N K.
cÜe s 'Abandonnait à des apparences trompeuses, il ne put ni retarder sôft départ, ni la déterminer à revoir Gléovir. Accompagnée de «Quelques braves- Gaulois, elle reprit, le soir même, ht route -de la demeure des druides, fin' la voyant ainsi, pâle, échevelée, les lèvres tremblantes, leè yeux enflant m«| de 'courroux/ parcourir les forêts à la lueur roègeàtre des flambeaux résineux , on l atirait prise pôur la déesse de la Veugeaoce égarée darts les bois dé l’Aveme et guidée par les torches sanglantes des Euménides. Enfin elle arrive avec le jour naissant an pied du moiit occupé par les druidesses i :*> O '«mes sœurs» léur dit-elle en les -rémiissant à ses * côtés, recevez parmi vous une infortunée qui » p*eût jamais dû vous quitter. Foulons aux pieds « «es impuissantes et frivoles parures, et remptacez- « les par vos saints vêtements, Mœréa se"youé à ja- « mais au culte du dieu de ses pères". » A ces mots, elle arrache les ornements qui décoraient et sa tête et son sein , reçoit f habit dcs-druideSscs-Ct monte an sommet du rocher. Là , tes regards tournés vers le palais de Gléoyir, tantôt assise, tantôt marchant à pas précipités, elle reste jusqu’au soir à donner* tm libre cours à sa fureur et à Sesl armes. :
«Cependant ’lç grand-prêtre s’était abandormé à quelque» inqniétudesen écoutait les révélations de sa fille; mais , toujours maître de lui-même, il étal» resté au milieu des *Rem*ainS pour sonder les rèplft