COURSE A TRAVERS LÉ MAINE
J'aime à me jeter, mu botmolc et mu lest, au 'milieu de ce* flou d’individu» que je ije * . 00 n nais pas. » c
* , . . . • St*r*«.
Dans la voiture publique, où j’avais pris place pour me rendre au. Mans, j'avais lié conversation avèc nn jeune homme de Lisieux, et, toüt en faisant l’éloge de son pays, je pie félicitais d’avoir parcouru la Haute et là Basse -Normandie sans avoir eu le plus petit procès à soutenir. •
• Abl mon cher monsieur, me dit-il, ne croyez pas que vous, soyez sorti du pays des huissiers et des procureurs :-la Normandie processive se prolonge jusqu’au Mans , où vous allez. Vous pe connaissez peut-être pas le fameux prôverbe... Pardonnez-moi, lui. dis-je, Un Manceau vaut un Normand et demi. • • • . . ‘ »
“ Sachez, monsieur, interrompit vertepientun petit homme sec i dont la vieillesse et l’babit noir, le ton
Ermite u» province y t. vu.
354 COUKSE a T 11 AVE BS LE M.VUSE.* ferme et la voix aigre , faisaient un personnage .assez comique; sachez que votre adage n a pas le sens commun , et sur-tout qu’il n’a aucun rapport avec la finesse et la rusp dônt ou gratifie les Manceaux. Voici l’origine de ce dicton. Quand la ville du Mans battait monnaie, le souque l’on y frappait valait un sou et demi de Normandie : c'est Jà le vrai sens de ce met que nos voisins répètent, et que vous répétez après eux. Vous voyez bien qu’ils ne seraient pas fûebés'dc partager avec autrui leur mauvaise
l'cnommée. » ‘ . .
Je n’eus garde de récuser cette étymologie’, et je me contentai d’observer que la mine querelleuse de l'érudit manceau semblait militer en fay-euV du sens littéral qu’il essayait de combattre. Cependant nous arrivions au Mans. C’o6t une. ville située en pleine campagne , daus foute la force du terme; les habitations des paysans se (hèlent aux dernières maisons de la ville , et les rues se terntpient par de simples cabanes, sans que l’enceinte de la cité soit indiquée par aucune limite : le voyageur parvient an , cœur de la ville,, et descend •sur la grande place qui en occupe le milieu , .sans s’être aperçu de sou entrée daus la capitale du. pays-maoceau, .. .
Inactivité qui* régnait dans la place des Halles me surprit et me fit plaisir. J’avais vu, dans ma tournée 4. travers la France, beaucoup do gendarmes et de missionnaires en mouvement et en marche; peu
COURSE * TBAVEIIS Lp MAINE.' 35f> d’ouvriërs ' employés à çés travaux publics qui aagnientent le bien-être des citoyens' et ^prospérité locale des diverses parties d’un royaume : ici , au contraire , les charpentiers et les couvreurs remplissaient le vastë terrain qui sert de carrousel à la ville du Mans,- par-tçut des scies- et des marteaux , des poutres traînées et travaillées à grand bruit; les cbants des artisans et le fracas de leur industrie plaisaient à mon oreille. > • - '
A peine eus-je mis an sûreté mon petit bagage , que je me dirigeai , dé l'auberge du Croissant où j!avais élu domicile, - vers ces ouvriers dont la vue m’avait semblé de botéaugurc pour le Commercé et l’industrie du Mans.-. t’appris de -l’un d’eux, qui interrompit, pour me, répondre, une des chansons de notre poéte-lyriquepar excellence-, quél’on s’occupait de renverser un vieux hangar gothique, bâti depuis des sièoles au milieu dèla Halle, et de le remplacer par une vaste promenade à couvert, dont le plan et lés proportions, autant qilè je pus m’en faire une idée d’après les expressions un peu embarrassées et fort, techniques de mon cicerone, ne devaient manquer ni d’élégance ni de ‘grandeur. C est cette espèce de portique que les anciens regardaient, avec raison , comme un des ornements les plus nécessaires d’une ville. Dans nos régions septentrionales; ilest étonnant qu&lrdée décès ambulatoires ( Deambnlatoria ) pe fût pas venue- plus