‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7 (volume 2)Chapitre 52 sur 60 · LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

LA FLÈCHE

Jt croit voir b hoir* n>«çlii»r D*nt le H>upk et Pimmense corps ' Èirnd tes bras jiis<|u‘à la Chipe.

A uicitrs dèt ilix-scpürrne sièiKr.

Nous passâmes presque autant de temps à riod» frayer un passade à travers les embaVras dont le* 5fa ncoanx encombrent la grande pluce.de léurville, que j’en avais. passé à la parcourir» ballots, charrettes, caisse», de toutes les dimensions, étaient entassés pêle-mêle , non seulement élans la placç niêniê, mais dans les rues adjacentes. Je laissai- le postillon’ sê , d.étnêler au milieu de ce chaos : Scnrron eût tiré ain moi lien r parti que je ne puis le (aire, du ditflogue animé *et sâns.'nt>J>lesse qui s’engagea entre notre conducteur et Jes habitants. Cependant nduS partîmes. Rien de plus riant que la route à! Angers sur laquel}» nous nous "trouvions : ç’est une avenue de peuplierset de-platanes, dont l'ombrage alterné se marie, comme le dit Horace, avec une charmante élégance et l’effet le plus original.

' * LA Fl/fcfcrflîV

I,e hasard, qui sc plaît à.cutasîer dans les dilijjchccV toutes’ lps bizarreries butnèlheS, avait placé cette fois dans la nôtre un jeune poète romantique dont le$ vers retentissent enoore à mon oreille effrayée. Au milieu d’un déluge de papules bibliques , germaniques ,' et ôssianiqncs , tou t ce quç je pus deviner ‘-'est que le jeune romantique venait d’être agrégé à l'académie angevine, et qu il allait lire, à la. prochaine séancè, uiï ppeme nouveau de sa façon ..intitulé : h T6ur 'les fées. .11 n’apprit pas saie étonnement que j’ignorais ce que c’était que la tour fameuse' 'qui' lui. avait sèrvi de t«te , et- il daigna me faire connaître les tradition* gothiques qui se rattachent, dit-il, a ce. débris de la cité antiqtie d’Allonèrc , située an milieu d’un bois’, à unef licite du Mans! Eri compbnsatiqri de ce* documents, je cru* devoir écouter, sînis trcrp d'impatience, les bagatelles sonores dont l'académicien angevin' nous fit valoir les beautés' par cette«dteloU vapwrfcuse dont leuecrct -n’est point testé dans les fimites de Paria.

NonS arrivions au pont jeté sué J'Huisné-, on me mobtra, non loin dea.blancliisseriés de M. Skmard, l’un des négociantsles plus recommandables de la ville, ce marais devenu célèbre par la mésaventure dp ScaiTon. Cfe chanoine s amusrOt à coiiri ries- rues du Mans, déguisé en sauvage, tin jour de oavnaval. Le peuple s’attroupe et le poursuit; il crqint d Être reconnu , et se réfugie dans les joncs dri mardis : son

UA FLÉCUE. . ’iq'i

corps ua, et couycrt d'un simple enduit de cire chargée de plumes, est saisi pat le froid, et les douleurs de goutte et de rhumatisme , qui défigQrèrcnt et torturèrent le malheureux, punirent bicu cruellement, peudant Je reste de sa vie', 4 inconvenance d'tm enfantillage qui n'était pds nouveau pour les contemporains du scandaleux Bois-Robert.

J’aperçus de loin le château des, JVmers,-. àquelque distance de là, nq magnifique dolmen 1 encore assis sur sq base , et un pculvan ’ renversé : la plus* haute et 1 a plus fragile de ces deux constructions druidiques avait cédé à.la main <|u temps. Un spectacle moins majestueux m'attendait à FoiUton, vil luge de quatre-vingts ’fop.x ; oit se trouvent étabfis deux cafés, l'un fort élégant, l’autre étroit et borgne. U est à remarquer que Fouit ou n’a pas encore de cabinet de leoture- Je. saluai le village d QUi, bérecau du pèr ç-Mer'seime, ami et disciple de Bescartes, l'un des membres dp cotte réunion dé géomètre», dont la conspiration- en faveur de la soieqçe a doune de si beaux résultats. .Cp mme Fiscal et Fermai, Mersenne joignait beaucoup désprit à ses connaissances exactes. Il est mort à Paris en 1 64K. : . .•

Me voiei ■ à la Efécbe. Miltoi d une lettre de re-

comniaudàtion pour l’un des principaux proies -

. y TowhSIiu gatiîois.:. ' * ■ ■*' v*' ’* r , •

1 AO(<jI „ ■ . •

37$ ’ LA FJLtCH*.

seors’, jédeniandai qliel chemin ine conduirait àu fameux collège, le seul objet sur lequel mon attention se dirigeât. Cette question que j’ddressàis à un voyageur, dans b co»r de l’hôtel de la poste, me fit reconnaître en lui une personne que j’avais vqe à Rouen. Il se félicita du hasard qui nous rappro-

chait encore, et qui lui permettait de me servie de

conducteur. Déjà, il énumérait les curiosités que .

* , • • nous allions- passer en rente , quand je l’arrêtai -en

a lui disant que la Fléehe ne pouvait pas m'arrêter long-temps,’ et’ que le Collège seul recevrait ma visite. ' #

s Ce n’est pas facile , Oie dit-il ; car les avenues du collège sont soigneusement interdites aux étrangers. Au surplus , la malédiction de Gresset semble encore peser sur la ville, qui iêa ui industrie, ni commerce. Située sur le Loir, dans un vallon fertile, elle jouit paisiblemcut des richesses de son sol ,' et ne songe point à augmenter industrie et sa richesse.' La crédulité la plus grossière régne encore ici et dans les environs. Si«vous .vous étiez arrêté à Fonlaine-SainlrMarlin , on n’eût pas manqué do vous . montrer les ossements d’un saint Gémétriùs, ton^ nouvellement, déterré, et canonisé il n’y a pas un mois.» • • •' *

Cependant nous arrivions au collège : l’aspect en est jmppsant. Labour principale, de dimensions extrêmement vastes, est entourée de magnifiques -

LA KJLÊCHK.

bâtiments. lx jardin est gfand et bien cultiyé ; et Te parc qui Vÿ ? trpilve joint eét arrosé par dés eàux vives , amenées de plus d’une lieue. Cest dans cet édifice, ou dans cette ville, que se fait l’éduçatioa, Soumise à unPrÆgitne presque miljtalre, de quatre cents pensiondbirê? du gouverne daetit , auxquels se joignent deux oente' jeunes gens dont las familles paient la pension.

Les - mêmes télexions * présentèrent' au même inâtam à. l’esprit de mon nouveau compagnon de* route et ah mierf. Nous crftmes. voir se réyeHler Mollnà, sesènfau{s s’emparer- de l’ancien collège', et. R Fléché redevenir une.de leurs colonies. '« Ah! me dit-il, quel monument de la faiblesse deîfepri IV pour les jésuites ! Ce grand homme les craignait; d voulait les vaincre par la générosité. Il leur légua son cœur ; Ravaillac se chargea été lé 'leur Itérer.

3j6 ? t.E» iIMÏKVINB.

' (i* clxxx, [ai ôciobhk i8u6.^

LE$ ANOEVmS.. ‘

JSew Üme.s, nmu arts, new rrum: bur Mtlt ■ .

ïftc , old tcars , ald,crims, and oUest ill • SSatl tx timony jour bace, !h (Bfcftnt Jbr£t.

Loni Bimujn , Heurt* and E#rtk, ; * .

Lc« oiwmçem, Le* art« a’aaucliomu , ïm

» raea d'homme* »e luccèdcnt , et oepcuduu .néuic* larmes , mêmes crimes , inêmrt douleurs , so(s des formes difim * •** ’ * « .

I<w4 Brmot» , le Ciel etAa Txrre.

’ » Quelle magnifique situa ti ou ! dis-je à M. M‘”, lorsque nous finies notre entrée dans la ville d’Angers.. Les campagnes ont ici ün caractère à-la-fois nant et sauvage qn’ou chercherait vainement ailleurs. La Mayenne , grossie des flots de laSarthe èt de ceux du Loir, semble s'élever à la dignité d’un fleuve de premier ordte. Des collines boisées bardent- 1’horizon; il tjy a point de paysage plus pitto- • resque ni plus gracieux. — Admirez à votre aise, monsieur l’Ermite; le moment dè la Critique "ne . tardera pas à venir. Vous reconnaîtrez tput-à-

L£ 3 .'«MG£VlNÿ.. “ $7 7

l'heure que les Angevins, comme la plupart des hommes envers qui Ja nature s'est montrée prodigue, se sont coptcutcs de jouir .de ses bienfaits., sans les mettre à profit. De toutes les gothiques cités •de France, il en est peu d’aussi noires, d’aussi tortueuses et d'aussi sales. « ■

— Du tyoiiis n’adresserez-vous pas ce reproche à la belle promenade ou uous sommes. — C’est une des innovations de l’indtistrie moderne. 11 régne autour de la vieille yillc uqp ceinture de nouveaux édifices, construits avec goflt, alignés avec soiu , des boulevarts aérés et bien plantés, qui cachent au voyageur la cité elle-même, toute bâtie, en ardoise, et où nous entions actuellement. Avouez qu’à l’àspeet de çes masures grise* et brunes, de cçs auvents énormes qui avancent sur ia tête des .passants, de ces marches composées duu bloc d ardoises à peine dégrossi, vous croyez entier dans quelque cité de Bohême au quinzième siècle. C’est cependant le sÿge d’une cour royale, d’url évêolié, et.de la préfecture de Maine-et-Jjoire ; c’est une ancienne capitale; plaignons nos ancêtres qui vivaient ou qui croyaient vivre dans ces villes privées d'air etconstruites en dépit dq toutes, les contenances du goût, de la propreté, delà santé,» ». ■ ,

Ici nous mimes pied à terre, et M. M*“ s’em- |>ressa de me. déployer les trésors de cette érudiüqn

■3-78 ' Î.KS AftCEVIWÎ.

locale dont je savais qu il* était abondamment '.pourvu.' fl me parla des 'Andes ou AndegmÇs. , premiers habitants "dè l’Anjon, qui suivirent dans la haute Italie l;r téméraire excufsioo dc Bêllovèse; on lehr'attribüe In fondation dn vîUaged Andes? Où naquit Virgile. Fabius", lieutenant de César, conquk • la ville d’Angers , capitale dés Andes , qu» sans dOute resséniblait à une* capitale de nptre sièelé, comme un hameau de l'Amérique septcntrioirale ressembla à Paris ou è Lôndrés. L»domitiatioti romaine pesa stir l’Anjou pendant cinq siècles; fes'cohqnérahts civilisèrent- le pays saurage -qu'ils avaient soumis A leur joug. Temples, cirques, “amphithéâtres, tout te que les. arts ont'de briHant et <f utile , des routés magnifiques, d es .aqueducs d'une construction qiii * brave le temf)s; ées monuments du génie romain ont fait jpardonner au" .peuple -roi l injustico do sè» triomphas.' Cèpeiîâant , vè^s le milieu dtf cinquième siéclè, là Gaule se siuléve ; l'instinct de la liberté se fait de nouveau sentir dèptis les bords de ht Méditerranée jusqu'au pied des monts Pyrénées.

LeS Bretons .et lès Andes s’unissent, échappent à"la tyrannie romaine et retombent- sous la framie des gtieFriçrs francs. Tcmtieâ les- cités gauloises perdent leur nom. Jiiliomagus . capitale des Andes , se nouante alors Amlegavia s d’où ■ les mbts Æjou, Anqeums, sont détivéS pat la suite des temps. En 4b4> Odoafirfe,

Lts A»os>vms.

à-k tête de ses Saxons, s’empare de l'Anjou :.Chil-

déric f • le cüas&e, est dépossédé de nouveau par Odoacre, qui va mourir deVant H a venne ^.et. laisse •à Clovis 1", fils de Cliildéric, le royaume qu’il avait conquis, perdu , ét reconquis. La môrt de Clovis, en ineorporaot l’Anjou au royaume dQriéans, le (ait passer sous la loi de GbHdebert , rca de' Pari*. Vers §4d', l’histoire fait", pour fa première fois, meufitru dnneoaite d’Anjou; Licinius, ou saint Lezin, est adoré de Ses* peuples pendant sa vie , "ét canonisé après $a mort; cette double conquête n’était point •facile, et la postérité Ini doit un souvenir.

Quand la mairie du palais était une vspéde de trône, dbeond&ire convoité par tous les ambitieux, Charles-Martel et Rainfroy au Ragepfroy se disputèrent cet honneur; Uaiufrôy , vaincu, reçut de son rival le comté d’Anjou, pouf^ compensation de çe que Charles lni enlevait. Cependant les ïîormauds ravagèrent k France. Charles-liVCbanve, qfti morcelait son royaume pour opposer aux agresseurs unfe résistance plus forte sur uu plus grand nombre * de points , divisa le comté d’Anjou en deux parties, l’une Comprenant An'gqfs avfec tout le territoire .situé entre la rive gauche du Loir et de la Mayenne cHh rive-droite du Layen^ l’autre dont Seran devint* la capitale, et dont un vaillant capitaine, Rostufle ou Robert , fut nommé corqte : la ville dé Château-

39b , . -i'ES asg« v »n8.

neufs élève »t; les dcbris de la forteresse construite par Robert. Gepcndantles hommes du Nord brillent Angers et le pillent eu $ 4 ^- Aux Normands succédèrent les Bretons. Angers devient la conquête de No-, rninpë , dont le fils Grispoe reçoit des rois de J ’i'apce 1» cession du territoire conquis par suit père. Dèslors, plus de repos pour les habitants de l'Anjou; les Français, eotulnits par Robert , marquis de Franc»», en disputent la possession aux Bretons, flastiugs, Angevin d’origine, qui avait passé au service des Danois, revient combattre sa patrie; il la ravage, il l’écrase; de tous les. forfaits historiques, celui-ci est peut-être le plus odieux. En 867 r il tue Robertle-Forf, premier auteur de la race des Bourbons, s’enferme avec les siens dans la citadelle d'Augeaa . se fait apporter les trésors de Gharles-le-Gbauve, etne quitte son paysVésolé qu après avoir rançonné te roi deVrance et réduit ses concitoyens à la j>lus horrible misère.' . • , • .

Le souveuir d Ingelger , non comme premier ■ chef, despotique, dé l’Anjou* mais comme homme généreux et chevalier loyal , mérite d être conservé. A peine âgé de dix-sept ans, il priten main la cause de la belle comtesse de Gàtinois, sa marraine, que Gontrau , l’un des parents de son mari qu elle. venait de.perdrc, voulait dépouiller de ses biens. (Gouiran , doué Aune force lietculéetme,, proposait le duel à

LES* ANGEVfHS. 38 I

qnl o&rait< soutenir contre iiii l'innocence de la eomtessc'dff Ifrtitiois': telle' été if la forme de procès en usage* là vjolertcë Avait fait les lois : cil# avait fait les peines , 'elle' devait faire aussi les innocents et les coupables. Le' jeune fngèlffér ramassa le gant jet# par le seigneur, et la scène rapportée par les vieux chroniqueurs caractérise vivement fépoque k laquelle-elte èe rapporte.' lia lice est .ouverte, Charles-le-llljatfle y assiste. La-comtesée monte sur lèeliafaïul, qui sera teint de son sang si son’ chevalier succombe : le jeun# homme reste vainqueur, et la comtesse Ibi donne sa main pour récompense de cet exploit généreux. Le comté héréditaire de la partie de l^âfejou qui ■ se pommait Dicà-Mainc ftft eoncédéà Ingelger eu 879;. le ootrtté d’Outré- Maine appartenait à Ludes, fils de Robert-le-Fert, qui céda les domaines , en 88fV, à Foulqueÿk-Hax , ‘fils d Lngelger et .son successeur.’

Parmi ces figures de chevaliers, si intéressantes et si terribles pourTimaginatiou, si étrangement bigarrées de grands -vices et de grandes .vertus , il faut distinguer le braye, Geoffroy-Urisc-GoneRe , grand séuéc(ial de France, charge qui resta ensuite dans sa maison, et FotiUptrs-JS'etn, sop fils, bonirpc au-dessus de sou siècle, qui. estimait la vie.de «es semblables , et qui desirait leur bonheur: V oici unirait qiiilui fait plus d'honneur aux yeux des püi-

38» 0 LES AMlBVlîtS.

losophes que vingt batailles gagnées, Il fondÜitî’abbaye'de Beauliei*; mais eu servant l’église, il avait soin- de protéger, par la clause suivante Tde la charte .d’iuféodation, la liberté de ses -vassaux : «• Quiconque, dit— H , habitera la pituite * ville de « Beaulieu (on le couvent était fondé), ne pourra « jamais être infatué .du crime' servage : mais en « raison .du franc-allen , tpus les habitants seront « libres; l'abbé ne pourra tailler chaque année tous « les habitants de Beaulieu, mais bien seulement lors «dp son élection ou -de l’achat qu'iL pourra faire d£ «quelques terres. Ou porir- quelque# causes majeures et évidentes. <> . y ■:

Ce bon fcitpycn étajt un brave guerrier; son fils, Geoffroy. Martel, luirita tic sa bravoure. ‘A vingtdeux arts, U avait, vaincu Guillaume V, dnc d’Aquitaine. Conquérant d n comté de Poitiers, U agrandit son domaine et dota des églises, Les- chroniques* vantent principalement le dernier do ces hauts faits- HHIes ne manquent pas dé* citer sa-vénération à la Saijite-Larme , qu’il déposa dans l'abbaye de Vencknne, relique précieuse et niitlirutique qu’jl tcuait dç l’empereur grec Michèl-ic-Paphlagénjcn. Leseufants de la subtije Byzance tenaient en réserve une foule de ctiriositéstfe cette espèce :Jes -princes d’Occident les recherchaient 'avec avidité; c’était de cette monnaie t^ue les descendants des'éittpe-

LES ANGEVi^iS. „ • 383

renr» grecs payaient les services qli on rendait à leur faiblesse politique et à leur théologique lâcheté.

L'histoire de L’Anjou se mêle ensuite à- Celle . d'Angleterre, -si. fertile- en atrocités, qu’on la croirait, dit Voltaire, écrite de la main du bourreau. L'héritière dé Henri I"-,.joi «l'Angleterre, Mathihle, avaitépousé Qeoffro/ Flantagenet , comte d’Anjou: malgré ses droits à .cette couronne* lé neveu de Hénri s’en empara, et ne lui laissa quelaNormandic. Le-fils,de Geoffroy- morita, après, la mort de Henri, sur, le trône -que son père n'avait .pu conquérir : il donna le jour à Uichard-Çœur-de-Liçn etàJeansans-Terre, l’assassin djtrthur de Bretagne. Ce crime, eonunis pour lui assurer -la. possession de l’Anjou, fut sans résultat pour l’assassin. Un jugement de la cour de Paris le priva des terres et, souveraineté^ qu'il possédait en France/ . ... • . • «’

Cependant le pouvoir souverain essayait .déjà d’absorber- toutes les -souverainetés indépendantes qui réduisaient au néant son action et son influence. Diverses branches delà maisou de France ont possédé le comté d’Anjou depuis l’an 1 260 jusqu’à Louis XI, dont f’odieux • génie fonda sur tant de raines l’unité mguatcliiqua qtii succéda an système féodal, Louis Jvl avait donné l’Anjou, en- 1 'i 4 G,.à ce roi régicide, .Gharles.de Provence, porté ,. malgré ses peuples», au trône de. Naples , ot assassin de

3#4 * LU ARCEV.IH».'

GonracCrt de Souabfc. Le' bon rtji René posséda ançsi I© même -, comté, qui ^lassa. après sa mort , sous la domination de l’exécrable Louis XI.

La p®é et lé terreur se 'môlctit.dAüs' rame dt» tout homme ami de l ‘humanité ,‘qdt -parcourt les • annales de ses; ancêtres. Oppression , violence, dés- . astre, superstition,.. c'est’ là •touto' l’histoire. Ijes guerres religieuses Vucfcédérent au fléau féodal dont l’Anjou partait encore tant de traits sanglants. Angers-, qu’tmc peste affreuse vênait de ruiner, prit le parti de la ligue/tout ce qtie le fanatisme, peut enfanter d'horreurs , vint foudre sur cette malheureuse contrée. U existé encore un manuscrit deLoirvet, greffier du présidial d’Angers, qui rapporte jour par jour (ont ce qui s est .passé dans céttè ville de l’au ifioo à l’^p i Go5. « C’est, mte disait- M.'M"*, le a plus épouvantable registre mortuaire que Ion ait «jamais tracé : l'incendie succède au vipl, l’assassi- « nat à l'emprisonnement ; c’eSt lq journal de toutes «lés iniquités hiimaiiies; le sang est empreint e •«•toutes les pages;, le sceâu du fanatisme religieux 1 « marque’ eliaqtie jighe,. et- en fait unq leoon.hidense « pour les peuples. Puiascla source de tant de dés- « astres être ajoutais tafle! Puissent nos enfants ne .. pas remuer avéç la même berreur /pie oousitispi «•renf ces sotiv'enirs 1rs ■ceudr'qs de leurs aieitx !.»‘ • t En i fx8o , l’Anjou totitentien était voué à la cause .

LES ANGtEViNS.

de I* ligue. Angers n’ouvrit ses portes à Henri IV qu’à toute -extrémité , en 1 5g8. On raconte que le roi béarnais aHa visiter Je couvent de la Basmette fondé par le roi René, avec lequel lui-même avait plus d’uu trait de ressemblance. Le gardien,, apquel il -demandait quelle était la chose qu.il souhaitait- le plus, lui répondit hqmblement: Réforme et pauvreté: « Ventre, saint-gris l je vous l’accordes yops * êtes le ‘premier homme de mon -royaume tjui «•m’ayez demandé la 'pauvreté ! v Pendant ces guerres de la fronde, parodié des guerres- de la ligue, Angers, défendu parle duc de Rohan, se rendit, en i6SV, aiix maréchaux d'Hocquiucourt et de la Meilleraye,-qui l'assiégeaient au nom -du roi et pour la compte de Màzarin. •

On descend le cours des- siècles sans voir le$ passions des hommes changer de caractère] les 'Costumes seuls diffèrent, les moteurs principaux de la misère humaine restent les mêmes. On s’est égorgé dans l'Anjou à la fin du dix-huitième siècle.comme à la fin dit seizième , au nom de Dieu et dû roi. Le désastre de, la Vendée a rejailli sur Angers. Les Vendéens* vainqueurs de Saumur, s’emparèrent de la’ ville, qui capitula; leur entrée fut un triomphe. L’évêqué d’Agra officia en habits pontificaux dans la cathédrale , et l’on- proclama solennellement 1e rétablissement de la royauté. . Le sang des républi-

3fiÇ LES AN6EVINS.

cains coula ; celui des royalistes, versé peu de temps après par leur^ ennemis, alla'grosslr à son' toUr'los ' flots de la Mayenne: affreuses rétributions des partis ! : ‘

Tçllés étaient les noteS rapides que je traçais sous la dictée de M. M***, après une promenade assez longue qui nous avait conduit:?» l’auberge du Cheval- Jïlanc , maison fort ancienne, et tenue par M. Droton, qui jouit, à vingt lieties à la rondo, d’une juste célébrité, 'que je nie fais uil plaisir de consigner ici.

‘ Dans notre coûté-, après avoir suivi nne direction très contraire à la ligne droite , et qui m’avait permis d’admirer tour-à-tour les' charmante» promenades dont la ville est embellie, j’avais remarqué une éolonne très simple, placée à l’extrémité d'une rue bordée de 'fleUrs placées daus des paniefs, des bottes , et des- caisses , et que de jolies paysannes offraient aux chalands. .Je priai M. M***, que je n'avais pas voulu interrompre au milieu du détail intéressant des aventures de la comtessç de Gâtinois, de m’apprendre enfin à quelle célébrité antique ou contemporain» cet obélisque était érigé:

» Je n’aurais pas manqué, me répondit M; M'", de ramener votre attention sur cet objet, l : im des plus ebrieux et des plus bizarres monuments de cette ville. Mais puisque votre sagacité de voyageur vous a fait deviner, par une èspéce d’instinct spé-

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