‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7 (volume 2)Chapitre 57 sur 60 · CAUSERIES DE EUE PIPEAU · texte numérisé non relu

CAUSERIES DE EUE PIPEAU

• Morv^v, son confitfent, mal* jamais ton fcuêur, * Qui , signa la* t toujours son séle e*>tf pr rnieaoe , Serviué gale ment son «glise et |a Er.mj e ,

• keuseur des courtisans , tirais à b cour aimé ,

Fier ennemi de Rome et de Borne estitic.' '• *

i VoiTàlRJk .

La première tradition dont le» diroqiques sauuu(i oiaes fassent mention donne ^histoire , un peu longuement racontée f . -des voyages , de l’eulève- • ment, du vol, et de la translation des os de saint Florent, Ce grand saint, qui avait tué -un dragon énonne, mourut à 'cent vingt-tTois ans, etinouta au ciel., Le vainqueur du dragon., bonune. merveilleux pendant si viq, fit encore des miracles après sa mort : les. fidèles bâtirent- un monastère dans la solitude de Moutglonne, où ij avait expiré ;• et quand les Normands vinrent ravager la çpntrée, les pères de ce couvent, plus preux que braves, se, sauvèrent à Tournas, .en Bourgogne, en emportant le corps précieux du saint.

4l<j ÇAUSUtlES DE L’iDE PONJCâü.

La cession de la Normandie au capitaine Rollon permit enfin à la î'rance de respirer, et les moines de Moutgloune retournèrent habiter leur ancienne demeure; maïs les gens de Tournùs ue voulurent pas leur permettre d'emporter la relique de saint Florent, et m partirent sàns le bienheureux cadavre. On avait brûlé leur monastère; à leur retour, ils furent rendus à la vie laïque.

Si lés bons moines eussent da mains, pour excitor la pieté du peuple et l’enjjagér à reconstruire leur couvent, conservé et rapporté lçs reliques du grand saint ! Hs auraient pu faire agir les ressorts ordinaires, faire parler le ciel ,• stimuler par lé triste spectacle diifie relique sans asile la' commisération et la générosité des fidèles; mais les Tournusiens*, cri gardant le vénérable saint l^orent, lesi avaient privés de toute ressource. Chaque moiné de Montglonne fut obligé d'aller vivre daris sa famille, au milieu des soins du ménage, avec son père .ou ses sœurs. Le couvent paraissait à jamais détruit: un novice; plus- patient que binon et plus , adroit qn’lflyssc , reconquit à la fin là- précieuse châsse, et fit relever 4e monastère; or, écoutez par quels moyens ce nouveau Godefroy vint seul à bout de Son entreprise.' • >•: H

■‘Absalon, petit tntJHte, âgé de dix-huit ans, part de Sàuinur, dégiriséen pâuvre v , et -arrive à Tournas t à pied. Il contrefait le ttorteux,' édifié la ville pav

. causerjeS de l’ile ponéau.- 4 1.7

sa»flévotiou et .s introduit dans le couvent-de Saint—

Philibert, où soft, assiduité pieuse et sou aspect d'humilité- profonde gagnèrent le cœur des pères. Ify fait profession, y passé vingt-cidq années, etfinit par y être nommé sacristain ac’était là le seul but de ses effort*. Mais un-obstacle nouveau se présentait. Gomment," parmi les reliques de toute v espéee que renfermait le saint des saints-,. reconnaître" les débris de celui <pe 'recherchait Absalon? par le soin meute m ec lequel on avait enveloppé dans une triple Châsse le larcin pieyx que l’ou av«it=coinmfi. Ko mois environ s’écoule' après cette découverte ; • les moines de Saiÿ-Philibért célébraient à table une • f été . so lenti eil e Ahsalon quitte lç réfectoire, où l’ivresse et -la gaieté régnaient; ij Semp^rçde lat-eliqne, l’entoure d’une peaod%ft>rf, part eq cojirant' et ne s’arrête' que pour- déposer eajre les mains dps magistrats de Satuiuu'le trésor dont il s'est rej»du màîtie. Aussitôt lè monastère .He;Monglomie es fci-e-' levé, les vieux moiaesen prennent possession,, et Ab. salon vôit sajongue ruse -et 6cs^ vingt-cinq années ch; patience courouuéps dUn plein stick ég; „ •

A cette narration ajoutez Je récit de tous les fléaux que la guerre et lu tyrannie peuvent versèr' sur los hommes, vous connaîtrez lès «opales pcimi- . tivesde Saqmui*, qui fit partie tantôt d’uuçoyaume, * tantôt d’uu autre, et qui changea de maitrôs sans-

HSMCIE ÏK PHOVINtF. , T. VII. . ■ • J. *

4 ,Ji. Câo’gEniKS. IIÊ-L^LÉ PONE AH.' .

changer 4 e sort. Prise par le tomtc il’ Anjou, ÿot 4 - <p,c* Nora, cette ville fut reprise et incendiée, c ,067 parle comte de Poitiers. Pldlippe-Anguste la réunit au domaine de la couronne après la condamnation de Jean-sans- Terre. Guillaume Üesroche* , qui avait passé des \>annièn» du monarque breton sous c'èHes du roi de Fpahce- ïeçut l'iqvestiture de Saumur et d'Angens, que saint.lxwiis donna bientôt après àLharles son frère. Dugucsclin choisit Saumur pour quartier-géiléral, qùànd, à son retoiii d’Espague, Il entreprit de chasser l’Ang\ai .4 de la France; e* Chartes VII vint y tenir sa «jour en 1 4»4

Saumur embrassa ^protestantisme ; le sang coula sur les éehaf^uds et sur Te» champs de bataille pour savoir si Dieu était dfctts l’hostio, su/;, in, ou orim . il fallut laisser les docteurs # eu décider à coups de plume. La Saint- Barthëleini; sonna : le comte de Montsoreau , commandant a Saurtiur pour le roi , commença le massacre de sa propre main en' égorjjpant son lieutenanugénéral : le lendemoia b ville fut un désert jcaplé dé eadîfvres. En r 376 , le roi de Navarre, qu’on avait enchaîné au- catholicisme, vient l’abjurer dans la vi|lé de Saumur. Les maflieu- • reux citoyens ne respirèrent qn’yn 1 58 g, époque 01* le lâche Henri 1 U accorda, cette place de sûreté à notre Henri IV, qui marchait * grand* pas vers le

CAUSERIES DK L'ILE POPCEAU.- 4 >9 trùne. Duplessiv-Moirmy, auqueNe Béarnais donna fi» gorrvcfnement do Satimur, fut le bionfaitenrde 1(1 ville : elle Ini devait une Statué, et ne lui-a pa» encore consacré un souvenir: -

La vie de l)nplessis*Moroay a fi* caractère simple, vigoureux et prend des vies de Plutarque. Il était savant, brève, éclairé : il fut l’ami de Henri IV. Né en »5g4, d'uue famille illustre, ses oncles Ifc destinaient an» dignités ecclésiastiques; mois sa mère, . protestante, l'élevait epset-rot dans les doctrines de ■/Calvin , et préparait la gloire de ev }iaj>e des huguenots. Jeune encore, il, parceunit le nord de l’ttirope , où tes nouvelles croyances jetaient répandues, ta Suisse, le PélatlnaC, l'Autriche, l* Hongrie, la Bohême, cherchant et recueillant jles lumières, et s’instruisant à-da^fbisdc ta Science des hVres et de celle des hommes. Il revint par Venise et lîome , échappa aux pbursirites de l’inquisition, qitilesipîtalait ccimme entaché d’hérésie, jt passa.ea Hollande, on le pritice Guillaume de Nassau l’acCneillit avec honneur. Ses écrits avaient déjtf servi utilement fa cansp dn calvinisme, lorsqu’il se présenta à la cour d’FHsaheth , où il fut reçu avec la faveur la plus distinguée. t

H revient en Franoeen i55î; devifte, tfu milieu des fêtes delà cour et des perfides caresses de f Catherine de Médids , les fnrénrs prochaines de' la Srfittt-

4sa. CAUAEH4ES DE LIKE PÔKEAV.

Bartbélcmi, «Avertit Goligny tbi danger, levoft ae perdre-par sa confiance, et n’échnpdelni-iiiéaifl que par un miracle au sort de ^coreligionnaires, tl sç réfugie à Lôndrcs, et ne rentre dans sa patrie zpCea cédant aux sollicitations du brave Lanmé. Un seul princeétait dignede-lui commander, cetaifïe rpi de Navarre. Après avoir servi quelque. temps de.. duc d'Alençon, il passa au service du Uéa ruais ; .e L lu tta»ebrment quxJes réunit depuis cette époqûe brava les années, les hasards do la fojrtuue, et J es orages dqp cours. 11 combattit 'pour le bqq rOi avec «à plumç dans ses ouvrages politiques et dogmatique», avec son épée sur lé c^amp de bataille. 11 lui voua son éloquence, sa bra.vouro, son talent., sa vie’-efues conseils.. . • ..... ; .

C’est à ce^pandbonmie que Saumnr a 4*1*9 naissante prospérité. 11 l'eutoura de fortifications, y fit fleurir, {industrie , y fonda une université •célèbre dès son origine. La tolérance et l’équité .appelèrent une nombreuse population dans son eaoejmte; ce fut l'asile des sciertces et de ht .paix: Les protestants y. affluèrent. Délavants professenra,, Çreig , Trocoréges, ljftcossais Iltirican, Dailiy, Cameron , Aniiranlt, Laplace, Tanneguy Lefèvre, père de madame Dabier^.y professèrent avec éclat. Quplessis- Mornay se plaçait, par l’étendue et la vigueur de Sôn esprit, A la tête de ceS .savants , tandis que sa

CAUSERIES 1)E l’u.E EONEAUi I

justice et sa bonne fof le distinguaient parmi eàux cpii.ôut gouverné tes hommes.

’ Ijâ- viéiHesse tJe tflorhay, ehipoisonuée par ia pette de son fMs unique • et par Lassassiqat, de Henri fMé rêçut en outrp de Louis XfU un aftifowE cruel ‘diquel . ce grand hamihe ne survécut pas long-» temps, Ce Toi faible , dépossédant Momay de son qjduvifrtiement pmr une perfidie indigne y vùii s'empftrer de la citodt He, sous le prétexte d’y loyer, ^lorhay mourut doux ans aptes. Il unissait la vertu de fioérate, là. force d'ante de Caton , la-qnété-de Fénéhvn, et- la bravnure de Bayard.»'' s • Le gouverneur calvinisme avait ffi'it prospérer Saie, mur, qni comptait trente-ttiillç citoyens" r Lortis XIV révoqua .ledit de/.Ndijtes , et la - ville filt frappée comme de la foudre. Commercé , population t académie, en uh jour elle perdit tout; 'elle commence pourtant à sé rélever de sa langueur; mais' à peine aujourddiui même la totalité de ses babitant§ s'élèvet-elle « douze mille âmes. * »*• •; ' **

'Une fotilo' de “p Art reniantes •intércsAntee que je suis forcé if omettre se mêlaient au récit deM . Ôodln ! cette rîaBserre*«olithii'e t ’sur -les temps passé#, câuseric dont -nous ‘jouissions ‘dans les plus, beaux lieux du monde , avait beaucoup de diartue pour moi. Cependàut je trouvais, entre ces souvenirs de désolation et. cetto nature jparés de- sa fraicbeur.vt

422 CAUSEHtES DE k’H.ti VONBAU.

riante «Uns son luxe , nu. contraste pénible. Ainsi l'nne des contrées que les bienfaits du sol, la beauté du ciel , la douceur du climat devaient rendre la plus paisible, n’a cessé d’être dévastée par la guerre, le fanatisme ; et l’avarice : la Providence a eu beau faire pour tes hommes, les crimes des paissants causeront toujours le malheur des sqjets.

’ « II- est trop Vrai , me répondait mon awH A qui

je communiquais ces observations mélancoliques. Tandis que les ijaeisèonf germent et que le fleuve roula avec ses «aux la fertilité au sein de nos ’ plaines, les erreurs de l’espritjntmain* l’orgueil des dogmes, la cruauté de la puissance,. pépandent sur la terre la. mieux, partagée du ciel un torrent de maux que des siècle* ne répareront pas. ..Saccagée -par Foulques eu 1026, .incendiée en io68, ensaoglantée eu par les pojgoardB -de la Saiut-Barth^lemi, submergée eu t 63 i , réduite’, ‘en 163a, à toutes les horreurs de la famine par l'imprévoyanoe de l'administration ; foudroyée eh 1 63 a r pendant les guerres le.faTrondé^par l’artilleile de là. citadelle ) anéantie daps «on commercé y dans ses richesses, dans ses* ressourcés, par -la révocation de l’édit de Hautes, notre ville a pu résister *à tous les fléaux qui précédèrent ee dernier acte do Michel Letellier et de sou royal pénitent; c’est Ce. dernier malheur qu elle oie pourra jamafc réparer peut-

• CAUSERIES 1)E' l.’l LE ’POR KAIT. £a3

être; -c’est de là qu'elle ne se relèvera jamais. • .« La guerre de la Veadée fut pour San mur une

nouvelle calamité. I -es troupes de la république essayèrent de Ja défendre contre les Vendéens déjà vainqueurs. En vain le général Menou , mal secondé par une armée indisciplinée , fit quelques dispositions à cet effet-;,le •jÿ jhjlleC 1 79.I , à quatre heures du soir, l'armée royale, dirigée par le* généraux de Lescure , de Loroèhejaqueletn , Deroagny, do !Vticigny, attaquèrent Sanmur. Ôn se battait sons se^ murailles. , lorsque fleuri ^de Lardchejaqueleiu , dont le nom jÿait déjà redoutable , ose pénétrer dans la viHe accompagné de quatre des siens, fia vue répdnd la terreur : les soldats $e débondent,, et croient trouver leur salut dans la fuite, baurnur est pris, la garnisqn dd cbâtejau capitule. Cependant le général Coutard propose, une manœuvre hardie qui peut -rendre ;la victoire à là république •: ou fait avancer cent soldats de la légion germanique : « Où *faul-il aller ? — ‘-A la mop : le sajut de la patrie « l’exige. » Weisen obéit ; son attaqué ébranle le corps .ennemi; mais lès troupes de Coutard fuient, et Saqmur reste aux royalistes.'»

Plusieurs jours s’étaient passés -comme un seul jour, et cetfe résidence , fort longue pour uuboinnie qui a tant de choses- à. voir, 111 empocha d’aller visiter le château de ürissac et la célèbre abbaye d'e

424 CAUSEpIFS i»K 1,’U.K PONEAU.

kontevrauk. Je n'avait piu&‘qi|’.une soirée à- passer dans Samnur/et je .vouluei’em ployer, bob pas à toe ’

Faire présenter dans un des salons du la so-

ciété -psi, dit-on , fort aimable , mais à -donner lin dernier coup d’oeif aux monuments (té la $Ue,.

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