‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7 (volume 2)Chapitre 58 sur 60 · LES Î^DÎSUMENTS ET LES HOMMES · texte numérisé non relu

LES Î^DÎSUMENTS ET LES HOMMES

f ...ji's deptxted and B with ponjp restand. M

. . • Pop». .

Fatnifie érudite , dont l'occupation était de faire

• la guerre aux syllabes , et de détrôoer la lèitre A . , pour -meure la lettre B à sa place. .

, Je- rentrai dans Stiumur escorté. de mon guida, qui. savait que tous mes moments étaient comptés , et. qui se hâta de me conduire, -à travers une promenade très agréable qui précédé un quai magnifique, jusqu’à l’église -de Notre-Daine-des-Ardil- • liers. EHe est Couronnée par un dôme de soixante* deux pieds.de diamètre. On -lit au-dessous des vi- HauX.dâns hi frjse de ^entablement, Une inscription latine dont voici te. sens ! Louis XI iT a détruit l’hérésie dau» tout sou royaume, et en a poursuivîtes sectateurs par mer et par terre.

4»6 . LK» ÜOWUMEflT». .,

* Oe trjste témoignage d'un Crime, d’uac faute, et

* d’une sottise , avait disparu pendant la révolution, .le m’étonnai d’apprendre qu’on l’avait rétabli depuis i8»4- «Autrefois, - m’a dit M. Bodin, la-eha-

pelle de la Viergeabrtndait en ex'yoto, représentait des cœurs , des couronnes , des nacelles, des croix , fi (jh ré s en or, en argent, et, en ivoire. -Elle n’a gardé de tous ces trésors qu’un seul, dont la conservation est sans, douté bien peu importante pour les margnilliers du lieu , puisqu'ils ne songent pas à oppoSpr* un remède aux causes qui le détériorent. C’est un-, de* meilleurs tableaux dé Philippe de Champagne % et presque ignoré. Le voilà devant Vous; il représente Simeon tenant le Sauveur dans Ses bras. » J’adruirai l’ordoquance, le beau, coloris , le dessin vigoureux dit grand maître, ét je plaignis la destinée des œuvres du génie que l’ignorance ou la négligence peuvent livrer . au néant. Des moine* imbéciles ont coupé -le tiers de la Cùne dé Léonard dtt F\nci pour que ce tableau pût entrer plus commodément dans tour réfectoire; si J on ne sauve le chef-d’œuvre, dont .je parle.de Thumidité qui le .■dévore , il sera hiéntÛti détruit.

•Deuji édifices, d'uné construction bien differente gelèrent en face l’an de l’autre ; lun yl’hôtel-de-ville \

* rappelle^ par ses formes gothiques et contournées,

• l’arehitecture en usage du temps de la chevalerie;

l'autre , bâti aveé une éjégauee toute modurue , est

ST LS* BQÜM«Ü. 427

consacre à des 1 urina publies. M.Ifodin', tout en m'«ntrçteoan*. dr quelques personnages célébrés que S^umarj vus naître , me copduidt.au château,, du haut des remparts duquel ûn jouit d’une vuo im- . tqtMiÂe et admirable; au -Dolimn de Bayeu*, vieux çpo 1 ni 1 ne ni druidique ; à l’abbaye de, Florept , qui Aaftière était un chef-lieu de séuatererie, et à l’église de -MiiHliUy t 'construite ait sixième s»ccJe, 1 ( jitonnment* prééii'tix de 1 'architecture d'un- tctqp* si reculé.-

L’heure. du départ,, était. venue, et je pe quittai pas sans regret uu guide aussi aimable qu'instruit. .1$ renverserai, 1 ordre des temps, et jeie placerai à la. tête de 1». cou rte biographie que je dé k aux hommes illustres de SainuiH'. Issu de la famille du célèbre auteur' de la république doirt j’ai eu déjà 0ec4siau.de parler-, il g etercé peudaut vingt ans avec honneur plusieurs emplois de l'administration française. En i 8 i 5 , il était receyeùr particulier de Sauteur, et les services qu’tlareudus a son pays, an exposant sa . fortune pour faciliter le UcoticUrtieut du Iqrmée de la Loire, lui eut assuré la recoünaissanca de ses concitoyens.- Ses UecheirheS sut S*uvk‘r > et celles sut* Antjer»£ t le iSkzJn/ifu, sont des

modules d’ériulitiop otite et -de stne&oç historique. Le départent, ut de àrne-^t» Loire a wgtvipd, es iSao', M. lîodiu membre de là charuhre-.det députés ; c’était.anpHiicr une partjc de sndette. •

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M. Félix BorfAt, fils (hr précédent, 'esprit lumineux /'écrivain élégqnt,.et bon fcito.yen, mérite d'être classé , malgré sa jeunesse , parmi les hommes S dont cette contrée doit s’honorer.

* Madame Dacier , Anae' Lefèvre? fameuse prfr tnic autre espèce d’érudition , est née à San mur em 63 1, dans imc 'maison située rue de Paradis, n° i.,<*tVjue M, Bodin m a montrée. On counait-sbji admiration fanatique ppul- les -anciens, et sa guéri-# contre Lo Mothe, et sps plaidoyers pour Homère. Fillç d’on savant, sœur d’un savant,’ mariée à'un savant, ell^ n’avait que feS'défauts dpttt le pédantisme est entfecité. I.e& irrouvèments violents de sa passion scientifique lui h refit insulter A plus d’une réputation célébré'/ et l’on sait jusqu'rtù alla sa véjïénfbncc-contre’ lé père Uardomn , homme assez bizarre en êffet, qui prétendait .que Virgile était ‘un-mpine du neuvième sièclei A ces’ grànds talents, mêlés de petits rklfoules ,’ elle mêlait une pariai te égalité d’anie et de caractère. Elle mourut le iy mars 1.720. '

•Me n oublierai pas-riristtV/£ du P étil-T houars ,*quiest hé aû château 1 de Boqmbis en 1 728. Témoin des combats d’tèuessant et de la GrenSde ,-il èe distingua par sou habreté et «on courage. îl forma en 1*792 te projet magnanime d’aller 4 la recherche de’ Lapeyroyse. La souscription qu’H duVrit- à cét effet ne hii suffit pas; il vendit lé domaine de st>n frère ét le -sien pour, compléter la somme dont fl avait

•RT LES 'HOMMES. .. . 4 a 9

besoin. Trahi au .Brésil, an-moment dû il voulait arracher à. la mort, quarante Portugais, il fat envoyé prisonnier. à Lisbonne ;4et le bâtiment que sa générosité avait équipé fnt bjtÆé sur la côte- A son* retour il reçibqursa de'ses deniers les-avances qu’on Ini avait laites, fl commandait ,à la fatale bataille d’Aboühtr, le vaisseau le Tonnant; frappé par un boulet, il fait ètanchef son sang j commande tant que ses forces soutiennent l éofergie de son atne, et expire ; en -criant : Équipage tlu Tonnant, ne vous Vendez pas! Quelle vite et quelle mort! Sou frère*, Aubert du Petit-Thouars, est un de nos savants dis- ■iiajpiéf. ; Vue.j' ••

4!fex • DE SAUMUh a TOC* 8.'

!*• cLjfu^Vî. [flf nÉcfuBnr 1 84#.]

; DE SAU MD R A TOJflRS.

• t >ç pcnlou» point U lÇ 0 >pp » c'«*l jVtoffc dowi

la vie est faite. , .

. îtaOAMitf .PftAKrfUft. *

Une bonne ohaise de poste m çntraîn* A nne course rapide loin de M. Bodin et- de Saumur. Sur la belle levée de Tours que je parcourus tout • entière, cette ïhaniére de voyager est san.4 dôute la plus dangereuse. La qputc, exhaussée entre le fleuve. et des précipices, 4'orme un long quai ‘fort étroit qui n’eat point bordé de parapets. ^lais, en revanche, on ne perd pas^ de Saumur à Tours, un » seul des points de Vue qu’offrent k» rives de ce monarque des fleuves de France. Soit pç^ir me distraire sur J’espéeè de risque que je courais, ou par suite de cette habitude *de ne perdre aucune •des parcelles de 'Dion temps, je me rnis à lire ma correspondance, pendant qn’utr postillon , aux jambes avinées, moins raisônnable que ses bêtes, échappait, grâce à leur instinct, # sa propre mal-

DE 8A0MUR- A TOÜW* . 4?»

adresse, qui le menaçait sans cesse Se le précipiter avec elles- et moi, dn sur les buissons et les chaumières qui'* trouvaient à gauche à quarante pieds de profdndeur; oh dans les eau* du fleuve qui coulait majeatuedseinent-â notre droite. •

.Je' regrette de- ne pouviv* transcrire dans son intenté la lettre d’un habitant de Mamers; ep jugera , par les fragments que j’insère ici , dn ton spirituel qui caractérise cette épîtré ,’çt do là sévère impartialité de" son auteur.

Jt passe rapidement sur un début plein de grâce et dé -politesse, sur l’histoire *dç Mmnors, qai.mialheurçuseinent se trouve un -peu perdpe cfotis l-’his foire de la France, sur mie -chronologie des préfets dé la-Sarjhe, puissances éteintes dont je craindrais de troubler les cendres ; je prends l’biStoire de Mamers -en 1789: • • . .

« Mamers- sàkie âvççqpiè ce rév'eij de la Franc»; cette aùrofe.d’un état moins barbare que la ponfu- • sion intérêts et de droits qui régissaient l'Europe depuis si longtemps. Nulle part on De courut ad* armes, avep plus d’ardeur pour défendre sur les frontières le sol antique et la nouvelle patrie. Nulle part aussi -tes -excès de la^témoeralie déchaîriîée, les violences dq ' 1 793 ne.se ÊrenE moins sentir. Las chouan» parurent T toète la population se levé comme dp seid homrtie, et sa hère attitude éloigna ces brigands, qui se disaient amis du rai, et qui

/| 1 ’i HE SAIJMKR A TOUR§.

h aimaient qu<* lu désordre. Dès-lors Mamers fut |Kiisil)le; mais les guerres étrangères de Bonaparte décimèrent ses habitants. En. ifiij, le modo de conscription fut supprimé, et les Mamertius vue ni. avec plaisir le retour d'apc dynastie qui leur rendait la paix et leur promettait. la liberté. v

«Cependant 1 8 1 5 vint jeter le désordre parmi ces citoyens jusqua-là si paisibles et si nuis,, les légions allemandes vinrent camper., et .loger , chez eux : les parents les plus prdobes devinèe^t ennemis; on s’accablait de reprochent d’injures, .et d’ac-

cusadons mutuelles. • ■ . ■ . •"

* L'ordonpaucn dn 5 septembre 4816 rendit an parti copstitutiunncltoutc sonéiiçrgie. Des élections ' exprimèrent fidèlement le v ue» de h» mnjxjrih;. j^Iais une lof nouvelle ayant rc avorté la .première et tc^it accor dé à l’aristocratje, celle-ci , représentée à Ma-.' mors par ilné famille puissante, ne tarda pqs à tout ouvahirz Electeurs, ad»duistrat<*irs sont également sous .sa- main. Il forain diffiqjle de. peindre lligpru-. * • den.ee et,ia violence de certaines mesures; la France, d'ailleurs, ne Ijgiiorc point v et* ce -tableau serait, aussi- déplacé que pénible. ”■ ; .»

. ^zSi j’étais plus malin, jç pourrais vous dire que la Uipille directrice ayait-acheté par unleng apje egtKsage , le dfoit de servir 4 a puissance ,et da^commauder à la. l'bture. Sou encens avait ftnjté sur. les autels de Jionaparte ; et quand ta visite de Napoléon

DE SAUMUR A TOUHS. 4^3

nous fut promise - , la fille de notre maire avait déjà appris par cœur un compliment de bienvenue dont elle a pu faire usage dans une autre circonstance.

■ « Mamers s’est embellie depuis une dizaine d’aiinées. Des contributions assez fortes, subies par les; propriétaires, ont servi à la construction de plu- 1 sieurs établissements utiles qui nous manquaient. On a percé des rues , planté des promenades , Jaâli des balles , irrégulières il est vrai , mais assez élégantes; érigé, siwja place principale, des prisons saines et aérées; réparé et entretenu les- routes et les chemios vicinaux. Ori va rejeter de notre enceinte, uu cimetière qui l’infecte ; élever une fontaine que la salubrité réclame; enfin nous donner, pour notre argent , ce -qui nous est nécessaire.

■ m Si vous voulez savoir à quoi se réduit le catalogue des hommes célèbres (excepté l’économiste Véçou deForbonnais, né près de Mamers) , frappez à la porte des frères Michaud , consultez leur Biographie; page Vous jugerez aisément qu’il est

plus façitç (Je trouver chez nous des favoris du ministère que des favoris-dé Mars oud’Ajmllon. •

« En voilà-bien long; en voilà trop peut-êfre pbur nos obscurs pénates. Mais enfiü l'honneur du Saônais m’est cher, puisque j’y ai- vu le jour. - Notre ville ett la seconde du département de la Sartbe, en dépit des préteptions de la Flèche, cité rivale qui nous oppose Aes jésuites , son cercle militaire, sa rivière na

Ermite en province, t. vu. • a8

DE SAUMUR A TOCRS.

vigable, et se#cent portes çeçhères. Ai-je besoin de vous dire que nous sommes chef-lieu de sous-pré- ■ fecture, que nous possédons un tribunal de première instance, que la Vire coule dans nos murailles enfin que nous comptons à-peu-près six mille habitants, et que notre principale industrie consiste dans des manufactures de grosses toiles? • ••

“.l’ai tout dit, et cependant j'achève, selon l’usage, par un long etc., etc. » ■ . •

La véracité de la persoune qip m'adressait cette lettre lui donnait encore plus de prix à mes yeux. Pourquoi ne peut-on pas tout voir lorsque l'on court le monde? J’aurais voulu aller m'informer dans Mamers, ville à laquelle je commençais à attacher plus d’importance, quel était -ce personnage mystérieux et illustre dont la Biographie Michaud a encadré lejiom dans ses pages. Comme on pense bien que je voyage sans être escorté de cette œuvre volumineuse; j’ai été forcé de réduire ma curiosité au silence. La célébrité des abbayes , la gloire mondaine acquise par ceux qui gagnent les, biens -de la terfe en montrant le ciel aux homrfies, me touchent pe», je dois-l avoucr ; cependant mon caprice me porta à visiter les débris de la fameuse abbaye de. Marmouders, où. tant de, riches serviteurs de Dieu- venaient faire profession d'indigence. Toutes les anciennes constructions sont déntokj)t*. Un escalier magnifique , seul reste de tant de splendeur, est

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