‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 10 (volume 3)Chapitre 10 sur 40 · JO LES ANCIENS DAUPHINS · texte numérisé non relu

JO LES ANCIENS DAUPHINS

îtii mois (l'avril 1790, de» dcputatioiis dn ÎAonnais, du la jjrcsse, du iorcz, du V'ivaiais, et de la Bour- (];ognc, avaient réuni sur cette place leurs drapeaux fraternels. Pleins d'enthousiasme et d espérance, les citoyens sY pressaient dans les bras les uns des au* très; un même sentiment y feisait battre tons les cœurs; le serment d amour et d'uuiou sortait à-Iafois de toutes les bouches... Qui donc viola le premier une promesse aussi soleoDelie ? quels conseillers infâmes, dans le secret des conciliabules nocturnes, osèrent dire que les paroles les plus saintes n'eD{];a{jent qu autant quW ne peut sans dan- (»er s y soustraire? Morale des Tibère , des Domitien , des JiOuis XI, des Ilciui Vlll ! morale que 1 l'Europe, éclairée par les premiers rayons de la philosophie, condamne solennellement, en prononçant le bannissement perpétuel de ses plus effrontés professeurs, de ces jésuites qui en tenaient école, et que s'efforcent de remettre en vî(jueur, dans la vingtième année du dix-neuvième siècle, des honmies qui prient et proscrivent, qui prêchent le pardon des injures en aiguisant des poignards et en broyant des poisons.

Cette brillante époque de 1790 fut ^sélébr^e à Grenoble par une féte superbe que donna M. DoUe,.

commandant de la milice du département, et à laquelle présida riiouorable M. rrantjuieu, }>renner maire de la ville élu par le peuple , car alors

LES a.ncie:«s dauphins. 5i

le peaple choisissait ses magistrat» mniûcipaïut.

Grenoble est entouré d*iine mnraiUe crénelée dont la constmction fut imposée atLx habitants par

le coniK'table Lesdiguièrcs. Cotte muraille s'étcud de la porte Saiut-LaurciU , sur la route de Cliambéry, à la porte de France , par laquelle je suis entré. J'ai traversé Tlsère sur le pont de pierre, et, suivant la rue de l*H6pital, je suis arrivé à Chôtel Labarie, rue Montoi^e. «Vous serez fort bien ici, me dit mou conducteur; la maison est lanieuse. — A quel titre? — Ou vous l'apprendra, » me répondit-il avec un sourire i^ardouique. Je vis bien qu'il y avait là quelque mystère; mais les manières engageantes de mon hôte, M. Gharpcnay, m'avertissaient què je, pouvais sans inconvénient attendre une occasion de m*ea éclaircir: au reste, ma curiosité fut bientôt satisfaite. Une grosse (illo dauberj»e, bien fraielic et bien bavarde, me dit eu m introduisant dans la chambre qui m*ctait destinée : « C'est ici qu'il a logé en 1 S 1 5 ; c'est dans ce Ht qu'il a couché... — De qui me parlez*vous? — Pardine, de lui; est-ce qull y en a en un antre?... en i8i5!... Monsieur n*entend pas? — Si fait... très Lieu. »

Moi qui ne rends ni les pavés des rues, ni les édifices, ni les tentures des appartements responsables des folies, des malheurs on des crimes des hommes ; moi qui n aurais épousé ni la mer Adriatique, comme le doge de Venise, ni fait fouetter les flots

Si LES ANCIENS DAUPHINS.

de IHellespont, comme le grand roi de Perse, je ii*ai point demandé à changer de chambre; je ne m*y suis même pas trouvé plus à mon aise parcequ*an h6te ilhistre Tavait occupée.

n^vxx. [acimnimi 1819-]

fFê ihing «MrMh* «Min,

Page 1