‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 10 (volume 3)Chapitre 18 sur 40 · LE GRATIN · texte numérisé non relu

LE GRATIN

PêréàÊOrhm inter misera lux.

Hon. , Sjit.

Ci-*i dan» ce trarail futile ^'ilfierd •on wmp» !

J'ai cru m'aperceroir, en soitaDt da jardia, que nous ne prenions pas la route de mon auber^je : M. N*** avait un certain air empressé et mystérieux, dont j'ai feint de ne pas m'apercevoir. 11 faut laisser aux personnes qui cherchent à nous préparer d'agréables surprises le plaisir de nous croire leors dupes : cW 1 innocente récompense des soins qu'ils se donnent.

Nous nous trouvions dans une me assez étroite, et devant une maison de niocl(\ste apparence, lorsque mon guide, s arrêtant tout-à-çoup et prenant un ton moitié suppliant, moi ti (> solennel, ma dit en accompagnant mon nom des plus pompeuses épithétes: « Monsieur voyage pour connaitre les mœurs. Tes» prit , les usan^ des habitants de la France j le moyen

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le plus sûr d aUeiadre son but est de pénétrer sons le toit, de s'asseoir à la table, de visiter les laboratoires et les atelief» de ceux qulil veot peindre. Un litlérateiir no peu bisarre, mais très sarant, et qui mlhoiiore de son aiiiîtié,'po|ts attend pour manger le gratin et la salade. — Nous, M. N***? vons m'avez donc trahi? — Non , monsieur, je n'ai point trompé votre confiance; vous netes et ne serez aux yeux (le notre hôte qu'un de mes confrères. S'il vous est fait quelques questions, elles ne rouleront que sur • les livres^ et tous êtes en fonds pour y répondre. • Un refus pouvAît avoir quelque chose de désobli{;eant; je me suis laissé conduire et présenter. La rénnion était nombreuse: j'ai été accueilli avec des é^jards qui n'avaient rien d affecté , comme un homme dont la présence éveillait l atteution et la curiosité; mais cette curiosité était polie et discrète.

Notre hôte, espèce de bibliomane exclusif, m*a proposé, en attendtfnt le souper, de me faire voir ses livres. L*aubergiste de Saînt-Marcelin n*a dans sa cave que des vins du cauton; M. M.... n'a dans sa bibliothèque que des auteui*s dauphinois, et cependant elle est assez nombreuse. 11 m'a mouti'é successivement des iUî^moires pour servir à thisioire du Jhtupkiné, par le président de Valbonnais; l'iTfs* foire dei Dauphins du Viennois ei itJuveryne, par Lequîen de Ti&nenville; les deux {jros volumes infolio de VUisloirc du Daupliinéf pur Chorion ; un

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qB le gratin.

autre ouvrage du même auteur, intitulé E(at po-' Ulique de la province du Dauphiné, avec un supplé* ment. «Les savants font beaucoup de cas de cet ouvrage, » m'a dit le savant M. M.... ; les Antiquités de la ville de Grenoble, par Expilli, avocat: « Son ouvrage est si rare que le seul exemplaire connu est e«'hii (|ue je possède; » deux ouvrages sur les /Inti- (juilés de la ville de Vienne, l'un par Glioricr, l autre pat* Jean Leliévre; V Histoire des choses les plus nouvelles arrivées en France dans les années 1 587, 1 588, et 1 589, par SonfFrey de Galignon : « C*élaît un jurisconsulte savant, un historien exact et véridique'; » le Journal historique de tEurope , par Louis-Augustin Alenian : " C'est une œuvre médiocre; l'auteur ne se piquait pas d impartialité. Je n'ai placé cet ouvrage dans ma bibliothèque que parceque lauteur était avocat à Grenoble. Je n'estime pas beaur coup plus les Mémoires d'histoire, de critique, ' et de littérature d^Antoine Cachet d^Artigny, auteur né "à Vienne; la Vie de Marguerite de Bowrjoyne, par Guillaume, cbanoine de Grenoble, la fie de saint IIu<f(m, et les jinnales de Pilule, par l'évêque Heidelberg. L'inondation de Grenoble, arrivée le 1 5 février 1219, a été décrite par levêque Jean de Sa»senage, dans un mandement rempli d onction évangélique et de charité chrétienne. Je lai joint aiix Mémoires historiques sur le Dauphiné', et à ce que Vincent de Bcauvais a dit de ce désastre dans son

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