‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 10 (volume 3)Chapitre 3 sur 40 · SAINT-MARCELIN · texte numérisé non relu

SAINT-MARCELIN

Biirva $ed opta.

9Mitt mil agréable.

Cette très petite ville» située an nulien dVm territoire fertile et d'un paysan charmant, est une des plus jolies du Dauphiné. Lîsère, qui nen est pas

éloi^ce, accroît et entretient la végétation des plantes qui s élèvent cL fleurissent de toutes parts. Nous avons fait balte à Saint-Marcelin pour y déjeuner. C est nn bien brave homme que notre hôte, mais il a deux petits travers; il aime beanconp à parier, et, pour s*en procurer plus long-temps le plaisir, il a pour faabimde de Êiire les demandes et les réponses; il aime passionnément son pays, mais par ce mot de pays, il n'entend parler que de la ville de Saint-Marcelin et de sou territoire : c'est un patriote local; toute son histoire, tout son caractère est dans cette espèce de dialogue, où il ne nous a pas permis de placer un mot

« Le vin est le lait des vieillards, dit*^il en m*a-

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dressant plus particulièrement la parole: monsieur a entendu parler des nôtres.' j eu élais bien sùr: quel gourmet eu Europe n'a savouré nos vins de 6o/e- PiùtiCy de Vienne? ceux de Raveniin et de la Porte de lion ne leur sont pas inférieurs; mab peut-être ces messieurs préfèrent-ils les vins de Seyssuel, qui ont une léj^ère odeur de violette. Après tout, je ne dis pas cela pour vous en(;ager à en boire, je nen ai pas; et (;raee au ciel il n'en est jamais entré, il n*en entrera jamais une bouteille daus mes cavc& : jaiuie trop mon pays pour le souffrir. Quand on me demande si je suis Français, si je suis Dauphinois, je réponds que je suis de Saint-Marcelin; et, en cette qualité-là, je ne m'approvisionne que des produits de Tarrondissement, et je ne manque de rien. Vous allez nie dirccjue la Lc-nédiclion du t ir] est sur notre canton, c'est vrai : nous avons de tout et des vins de toute espèce. Vous riez! Tn seul canton, dites-vous en vous-même, ne peut produire qu'une sorte de vin; voilà Terreur : vous avez à choisir, outre le Saint'Feran , le Murinah, le Chewières, le Bessin , entre les vins du P/an, de Pont en lioyans et de Saint- André. J'en ai dont le raisin a mûri sur les cailloux, j'en ai dont les grappes ont été cueillies sur les tillages; j*en ai... » Je saisis le moment où notre homme prenait une prise de tabac pour lui demander, du ton le plus sé> rieux, combien le plus viens de ses vins comptait de consuls. Surpris par une question à laquelle il n*a-

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