LES ANCIENS DAUPHINS
Eumbert prit Tbabit de cbartreiUL ' HumbeH II fit présent de ses état» aa roi de France Philippe de Valois, après s*étre fait recevoir
chanoine de Vienne et installer aa chœur. JjC jour de l'an i352, le pape Clément VI officiant, le dauphin fut fait soos-diacre à la lucsse de minuit, diacre à la seconde messe, et prêtre à la troisième. Huit joors après, frère Humbert fut nommé patriar* che d'Alexandrie: ./Vinces et. rois vont Jbrt vite en tout genre d*a£Gûres; il monmt adrainistratenr per> pétael de rarchevéché de Reims. C'était un sinjjulier homme que cet Humbert: il se fit excommunier pour des querelles de préséance avec Tarche- ▼êque de Vienne; mais il sollicita rhonnear qnH obtint de porter le signe des croisés et d*étre nommé général de Tannée chrétienne. Il modéra les tributs exorbitants imposés par son alenl , et par la même ordonnance il mit à prix les nombreux privilèges qull accorda aux gentilshommes et aux roturiers. U avait fait de grands efforts pour ériger ses états en * royaume, et il y attachait si. peu de prix, qn*il les d<mna de son vivant au roi de France. Les titres de dauphin, d*arcfai-8énéchal perpétuel du royaume, ne suffisaient pas d abord à sa vanité; et dix ans avant sa mort il ne prenait plus, même dans les actes publics, d'autre titre que celui de frère Humbert. 11 vendit aux juifs, à raison de trente-deux florins par individu, les privilèges dont ils avaient
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joui du consentement de sei prédécesseurs; mais en suite il les bannit de ses états : il en fit même brAler
un assez bon nombre, comme un remède cfhcace 00011*6 la peste qui désolait alors le Danphiné.
Avec frère Uumbert finit 1 existence du Dnur phiaé comme état distinct et indépendant Cet état 8*était formé à Fépoque des guerres civiles ipiî suivirent la mort de Lonis-le-Bégne. Boson, profitant de la confusion , aidé des nobles et des prêtres, se fit proclamer par eux roi des provinces dont le gouvernement lui avait été confié. Les racmes prélats qui avaient sanctifié la félonie de Boson déclaré» rent les fils légitimes héritiers de la couronne usnr^ pée par le père.
La gnerre entre Conrad et Eudes de Gfaampafpie' devint une circonstance favorable à l'ambition des sei{jneurs du Dauphiné : les évéqucs prirent part à cette espèce de curée, et se rendirent maîtres des villes capitales de leur diocèse; des prélats, de simpies chapitres se firent rendre hommage et prêter leserment qui jusque-là n*avaitété fait qn*aux rob et aux empereurs. La noblesse à son tour, quand elle ne put disputer les villes à ces suzerains tonsurés, se rendit maîtresse des campagnes; les plus puissants d'entre les nobles semparèrent de tous les lieux qui se trouvèrent à leur bienséance, et c'est à ces usurpations que remontent leurs privilèges et rasservissement des peuples dans ces contrées: tels
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«ont ks titres et les droits que Ton ose encore aujonrd*lini présenter à nos respects.
Les barons d'Albon, plus forts ou plus heureux, réunirent plusieurs sci[jncurics à leurs domaines, et eu composèrent la petite monarchie couaue sous le nom de Dauphiné, laquelle s eieva vers le milieu du onzième siéde et finit en i349, après une durée d'environ trob cents ans.
• Presqu*à la sortie de Smnt'Marcelin, avant d'arriver à Saiiit-Sanvcur, nous avions traversé une rivière sur le pont de Vinay; nous en passâmes une seconde, puis uae troisième à C/iantesse, puis une quatrième à MoretU, et enfin une cinquième nn. peu au-delà de IhlUns,
Llsère, qui coule à la droite de la route, roule ses eaux dans un lit profondément encaissé. Du haut de la ( (^tr, apjx lco le luKjnon du Daupliiuéy la vue se promène au loin sur uu immense paysage, admirable sur-tout par la variété des aspects. De là jusqu'aux frontières de Savoie, la nature étale le luxe de la plus riche végétation. Nous voyions à nos pieds cette longue vallée dont le sol , bien que formé de dépôts argileux, de sahlc et de cailloux apportés par le Drac et l'Isère, n eu est pas moins d'une inépuisable fécondité; des champs où croissent le chmvre, le lin, tandis que la vigne s'enlace aux rameaux des arbres fmiticfrs qm les entourent; des villages très rapprochés les uns des autres et la
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population paraît encore à l*étrott Le département de llsère renferme quatre cent soixante-dix mille babitants, et la population des chefs-lienx des communes, au nombre d'environ cinq cent cinfjiiante, est estimée à quatre cents hahilants, terme moyen; dans nn assez grand nombre, elle s'élève de deux à trois mille. - •
Tuliin$ est nn gros bonrg très dangereusement simé sur le torrent du Rêvai, qui menace chaque année de le couvrir de ses ondes fanfrenses, de renverser ses murailles et d'ensevelir sous leurs ruines les hommes et les animaux ; les fréquents donmiages qu'il cause sont de nature à appeler les soins de iautorité, et commandent impériensement la construction dWvrages propres à mettre la fortune et la vie des habitants à Tabri d\me imminente catastroplic.
De TuUinSy après avoir passé plusieurs rivières, on arrive à Moirans, située sur celle de Morges. Cette ville ne justifierait plus Tépithéte de Longue qu*on lui donnait autrefois. Les guerres de'religion en ont réduit de beaucoup la population et Tdtendue.
De l'autre eût* de cette ville, nouslaissâmes à gauche la route qui conduit à Genève , et nous parvînmes au pied d'une assez haute montagne qu'il fallut g ravir pied.- Je priai Charles de me prêter 1 appui de son braS| et lui rendant confidence pour confidence, je
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lui racontai quelques circonstances de ma vie, particulièrement marquées par la violence et Finjustice des hommes: « Plus d'une fois, continuai-je eu lui serrant la main, j'ai pu me venger, plus d'une occasion s'en est offeite; j ai dédaigné den profiter: la ven^ance est le besoin des faibles et des peiv vers. Laissons aux hypocrites de religion la paix dans les paroles et la (j^uerre dans les actioii?; laissons les tartufes politiques proscrire eti termes d'amnistie et frapper en parlant de clémence. Gémissons sur la violation des lois, sur la partialité des -magistrats; mais n opposons pas le poignard au glaive de la justice. Je plains vos malheurs, ils sont affreux. Les hommes qui ont fait mourir vos frères ' ont pu se tromper; mais eussent-ils af^i à dessein,' eusseul-ils immolé au pouvoir ou à leiii's propres passions ces deux tendres victimes, leur erreur, leur crime n'est pas celui de leurs femmes, de leurs enfants que vous voulez en punir. Si vous venges la mort de vos 'frères, à leur tour ces fifimilles auront A venger des pères et des époux : où s*arrélera* cette succession de meurtres? Qui, le premier, commencera à pardonner? Cette chaîne de calamités commence à vous, quelle y finisse : la patrie, Thu^ manité, la religion vous commandent également ce sacrifice. Gharies, croyez-moi, les victimes sont moins à plaindre que les bourreaux; pour cdles-là les souffrances ne dorent que quelques jours; pour
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les autres, le supplice dure luutc la vie, et peut-être la mort en éteroise la durée. » Gbarles leva sur moi des yeux noyés de larmes, et avec un accent qui retentit encore à mon oreille : « Assures-moi donc , me dit-il, qu*un jour des lois justes, des magistrats équitables feront ce que vous nie défendez de faire; qu'ils me vengeront et que la mémoire de mes frères sera réhabilitée. — N'en doutez point, Charles, la justice et la philosophie auront aussi leurs jours de triomphe. »
Du haut de la montagne, dans la direction de Gbambéry, je remarquais une jolie petite ville.
«C'est yoiroîi, me dit mou guide; il s'y fabrique une grande quantité de toile : c'est le centre et l'entrepôt de cette branche de commerce auquel sa population entière est employée. On y compte près de six mille habitants. Yoiron est k patrie de M. Béranger, le conseiller d*état : il y exerçait la médecine au commencement delà révolution. — L'estime qu'il s'y était acquise, répondis-je à Charles, l'a suivi sur un plus grand théâtre; il a sur le crédit public et sur 1 économie politique des idées saines et arrêtées qu il n*a malheureusement pas eu le temps on la force de mettre en pratique. »
' Ce que j ai vu de plus remarquable à Foreppe, C^était un chartreux qui se dirigeait vers les montagnes où saint Bruno se retira en loH/f, avec ses compagnons, pour s y vouer à la prière et au si-