‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 9 (volume 4)Chapitre 11 sur 39 · MIL1IAUD ET LODÈVE · texte numérisé non relu

MIL1IAUD ET LODÈVE

relies de MM. Menars, Fournier, Foulquicr, etc.

Comme dans toutes les villes du Midi , les rues en sont étroites et mal bâties, mais les environs sont délicieux. En passant, nous avons admiré la campagne de M. L****, qui a été membre de plusieurs assemblées législatives, mais qui, une fois rentré dans ses foyers, s’est promis de n’en plus sortir. 11 a deux passions que l’âge n’affaiblit pas, Horace et sa . famille. Sa campagne de Monlplaisir, digne d’être comparée à celle de son poëte favori, est visitée par tous les étrangers : c’est une habitation délicieuse.

Le cardinal de Fleury, de pacifique et parcimonieuse mémoire, est né à Lodève. Jamais ministre, a-t-on dit, n’a moins coûté à l’état; il est vrai que sous son ministère la France, sans armée et sans marine, eut au meilleur marché possible les malheurs et la honte de la guerre de 1 740.

Le patron de cette ville est saint Fulcrand, nom (juepar haine pour l’euphonie sans doute, la moitié des habitants reçoit sur les fonts baptismaux. Ce saint a une réputation de grand faiseur de miracles sur laquelle il vit à crédit depuis des siècles. A dix lieues à la ronde, c’est le saint par excellence; à onze, on ne se doute pas qu'il ait existé. 11 y a beaucoup d’hommes célèbres à Paris dont la renommée est encore plus circonscrite.

Le général Forestier, parent d’Auguste, n’a pas voulu que nous eussions d’autre maison que la sienne

MILHAUD ET LODEVE.

pendant notre séjour à Lodève. Ce général est né en Savoie, mais dès long-temps ses services, ses campagnes , et ses blessures l’ont naturalisé français ; il a fait la guerre en Italie, en Allemagne, et longtemps en Espagne, comme chef d’état-major du maréchal Soult.

A l’époque du licenciement de l’armée, le général forestier s’est retiré à Lodève, où il a épousé la fille de M. Pierre Fabrcguclte, qui a laissé la réputation du plus honnête homme et du meilleur fabricant de cette ville, où sa famille jouit de l’estime générale.

Le général nous a fait dincr avec un de ses neveux, M. Eugène Brun , qui a quitté la carrière des armes, où il s’est distingué fort jeune , puisqu a vingtun ans il était capitaine, et avait obtenu la croix de l’honneur sur le champ de bataille de Wagram, pour épouser une très jolie femme, auprès de laquelle le bonheur lui fait oublier la gloire. Un autre convive, que le général traitait avec une distinction toute particulière, était le lieutenant-colonel Lanjon, l’habitant le plus considéré du Caylar. Ce brave militaire a fait toutes ses campagnes avec cette fameuse trente-deuxième demi-brigade, si souvent citée dans les bulletins, et principalement dans un rapport du général en chef de l’armée d’Italie au directoire. En parlant d’un poste qu'il était essentiel de conserver: Jetais tranquille , disait-il, la trenle-

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