‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 9 (volume 4)Chapitre 22 sur 39 · C.A.IIPENTRAS · texte numérisé non relu

C.A.IIPENTRAS

mur d appui d’une superbe cuisine. On a cru pen- * dant long-temps que cct arc de triomphe avait été élevé à la gloire de Marius; mais M. de Fortia prétend avec quelque apparence de raison que ce monument triomphal , ainsi que ceux d’Orange et de Cavaillon, devait être consacré à César, puisque ces trois arcs de triomphe se trouvent sur la route que le vainqueur des Gaules avait tracée dans ce pays.

L’hôpital est un superbe édifice, à trois corpsde-logis, où tout est beau, ou tout est grand, trop grand peut-être pour une aussi petite ville. C’est au sein de ce monument que reposent, sous un tombeau de marbre blanc, d’un assez beau style, les cendres révérées de ce vertueux évêque d’Ingembert, dont le nom s’est déjà plusieurs fois reproduit sous ma plume. Je n’ai jamais vu de plus bel escalier que celui de cet hôpital.

Parmi les hommes célèbres que cette ville a vus naître, on cite le baron de Sainte-Croix , membre de l’Institut, auteur de V Examen critique des historiens - d'Alexandre ;

L’abbé Arnaud, l’un des quarante de l’académie française , dont les œuvres ont été recueillies par M. Boudon ;

M. de Saint- Véran , neveu de M. d’Ingembert, antiquaire d'une vaste érudition. Il a laissé à la bibliothèque de cette ville, dont il était conserva-

CARPENTRAS

teur, un manuscrit intitulé Nocles captiva, recueil d 'élégies qu’il a composées dans les prisons d’Avignon.

M. Delasonne, premier médecin de Louis XVI, etM . Duplessis, son premier peintre, dont on ne connaît guère que le nom , sont également nés dans ces murs.

•Entre les vivants dignes de la réputation dont ils jouissent parmi leurs concitoyens, M. Morel, substitut du procureur du roi, distingué comme jurisconsulte, comme érudit, et comme littérateur, doit, je pense, occuper le premier rang: il a grand soin d’employer scs talents à leur place; il ne fait pas de poésie au barreau ; il ne prend pas le parquet pour le Parnasse, ce qui fait qu’on ne rit pas en le lisant ou en l’écoutant.

Après ce magistrat homme de lettres, je me plais à citer M . Auguste Leblanc, officier eu retraite, et auteur d’un Voyage sans bouger île place, prose et vers, qui mérite de figurer dans la jolie collection des Voyages de Chapelle et de Bachaumont, dePompignan, de Berlin, etc. Cet officier, royaliste comme il faut l’être, avait cependant été choisi, en 1816, pour exercer les fonctions d’adjudant-ynajor de la garde natiouale; mais au mois de juin de l'année suivante il plut aux hommes qui dominent encore dans le département de Vaucluse de lui ôter une place qu’il remplissait avec zèle et fer-

Page 1