CARPES T B AS
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1 no té, pour le punir de s'être tant soit peu moqué de la caste aux écussons, contre laquelle il setait permis de publier deux petites brochures malheureusement très spirituelles.
Parmi les contemporains les plus distingués , je uc dois pas oublier le meilleur de nos paysagistes, M. Bidault, et le docteur Audin-Rouvière , qui a professé l’hygiène à l’Athénée de Paris, à côté des Cuvier et des Fourcroy. Ce médecin est auteur de la Topographie médicale de Paris, dont les hommes de l’art parlent avec beaucoup d’éloges.
L’éducation des vers à soie est la priucipale branche du commerce de Carpentras. On doit à M. f Talon , médecin philosophe, le conseil mis en pratique par M. Eysscrie, de saupoudrer, avec de la chaux vive, les vers à soie parvenus à l’état de chenilles, avant de leur donner à manger : les succès de cette méthode commencent à prévaloir sur la routine, au grand déplaisir des immobiles. C’est encore M. Eysserie qui a déterminé le degré de chaleur nécessaire à ces insectes : l’erreur où M. des Sauvages était tombé à ce sujet avait fait perdre la récolte entière d’une année.
Eu visitant les délicieux environs de Carpentras, l’aqueduc a fixé sur-tout mon attention : cette construction élégante et hardie, ouvrage de l’ingénieur d’Allemand , a quarante-huit arches de longueur : les deux, dernières, à l’extrémité de la ville, s'ap-
puicut sur fin pont sous lequel coule 1,1 rivièée dAuson.
.l’ai poussé ina promenade jusqu'au pont sût l’Ouvèië ' , dont la Construction fait honneur dû tdlCrtt de M. Citrislie , Ingénieur des ponts et chafussées, membre de l'institut d’Égypte. Je fus bien aise d’apprendre qu’on s’occupait d’un projet de canal qui doit amener sous ce pont les eaux de la Durance. Ailleurs, on aurait peut-être attendu pour construire le pont que le canal fût exécuté; mais j’ai déjà eu l’occasion de remarquer que, dans ce pays, on s'occupait d’abord des moyens, sauf ensuite à délibérer sur le but.
Quoi qu’il en soit, on jouit d’une fort belle vue sur ce pont de prévoyance, qui sert de limite entre l’ancien comtat et la petite principauté d’Orangc. Le château- de Beauretjard , que l’on remarque au bas de la rampe du pont sur l’Ouvèze, présente une masse de bâtiments assez régulière. « Le propriétaire de ce château, me dit M. Audrin, né dans cette classe où généralement ou ne vit que d’exceplions, de regrets, et de souvenirs, s était préparé de bonne heure une existence' plus honorable, eu se dévouant encore au service de sa- patrie, avec les vertus et les talents d’un bon administrateur; ce qui
1 L’Ouvèze , formée par tm (orient, est à scr prml.uit une partie de l’anncc . ^
CARPENTKAS.
lui a valu, comme vous pouvez croire, l’honneur d’être persécuté... M. de Biliotti a pris le seul parti qui convient au sage dans les temps d’injustice et de haine; il vit dans la retraite, il cultive ses champs, et fait des vœux pour le bonheur de son pays. «
BKTOUn A AVIGNON.
\ ' tin. [ 3 o JANVIER 1819. J
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Brcvt s il quod iurpilei amies.
Jüv. , sat/vili.
Le règne tics |M$Mon» est de courte duree.
J’ai été obligé, pour reprendre la route de Marseille, de revenir à Avignon.
Je 11’ai.pu m’assurer, en passant à Vedènes, lequel avait raison, de Scaligcr, qui prétend que ce village fut jadis l’antique Vindalium, détruite par Domitius Æuobarbus, ou de M. Fortia-Durban, qui assure que c'est à Bédarides qu’il faut chercher les ruines de Vindalium.
Au bas du monticule où Vedènes est situé se *• trouve une jolie maison de campagne, appelée Gromclte: cette maison appartient à M. Adeler, ancien chambellan du roi de Danemarck, et, qui plus est, ami de M. Lasleyrie, l'un des membres les plus distingués de la société d'agriculture.
Je ne m’amuserai pas à décrire cette charmante habitation, où je fus accueilli avec une extrême
2<i4 U KTOU K A AVIGNON,
bienveillance. Au lieu de parler de trente mille pieds d’arbres dont cet habile cultivateur a enrichi sa propriété, je dirai que M. Adeler est le bienfaiteur des deux communes qui l’avoisinent ; que les pauvres le bénissent comme un père, et que le voyageur trouve en lui un homme d’une profonde instruction et d’une vaste littérature.
L’amitié d'un homme de bien est , selon moi , la meilleure réponse que l'on puisse faire à la calomnie : M. Mouveau , de Vaucluse , a été en butte à ses traits les plus cruels; mais, pendant la terreur de 1793, il sauva la vie à plusieurs de ses concitoyens , et il fut proscrit par les hommes de 1 8 1 5 : à toutes les époques, il resta fidèlement attaché au parti français ; en un nîot, il est l’ami de M. Adeler. Si de pareils témoignages ne peuvent désarmer la haine, du moins doivent-ils consoler la victime.
La réaction n’a point épargné Gromelle et. ses paisibles habitauts : la maison de M. Adeler fut pillée, sa famille proscrite, et le fer des assassins qui l'assaillirent est encore empreint sur son front.
J’ai parcouru la plus grande partie du comtat ; par-tout j’ai trouvé des traces plus ou moins profondes des malheurs qu’entraînent les dissensions civiles; par-tout j’ai trouvé les partisaus de la réunion à la France victimes d’une réaction tout à-lafois ultra-royaliste et ultramontaine.
Peut-on nier cependant que ceux qui coopérèrent
RETOUR A AVIGNON. lifiS
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à cette réunion n’aient bien mérité de la patrie et de leurs concitoyens? Avignon et le comtat, qui forment aujourd’hui un des plus riches départements de la France, se trouvaient jadis enclavés dans les provinces méridionales, qui les réclamaient depuis long-temps. Éloignés de trois cents lieues du cheflieu du gouvernement, sans secours, sans protection ; placés dans une position également fausse a l’égard de la France et de Home, depuis que les principautés particulières avaient disparu; entourés de barrières; sans industrie, sans agriculture, sans commerce; pauvres au milieu de l’abondance, courbés sous le poids intolérable des abus ; tourmentés par le despotisme de Rome-, avilis par l’aristocratie des nobles, par le fanatisme des moines; entraînés violemment par le torrent de la révolution française, et précipités par le choc de tous ces éléments de destruction dans un abyme inévitable de malheurs, quel autre moyen de salut existait-il pour ce pays que de le réunir à l’état dont il avait été séparé jadis par une donation dont la validité n'avait jamais été reconnue? MM. Tissot et Vinay eurent .la plus grande part à cette transaction politique. Le premier, nommé député près du roi et de rassemblée constituante, leur porta le vœu de réunion, qui fut solennellement accueilli ; le second , en qualité de substitut du procureur de la commune, remplissait alors .les fonctions du ministère public. Tel
HETOUR A AVIGNON.