I. AMOUR AUX GALÈRES
« Ma première démarche fut de me présenter avec elle chez l’oncle de Jules. Il nous reçut avec insolence, et sa femme ne craignit pas de inc laisser entendre que l'ainour, dont j'avais, disait-elle, ensorcelé son neveu, l’avait peut-être conduit, de faute en faute, au crime dont il était accusé, « Mi- « sérable ! lui dit ma mère dans un accès d'indigna- « tion qu’augmentait le désespoir où ces paroles « m’avaient plongée , vous accusez ma fille! ch bien ! «c’est aux tribunaux que vous aurez à répondre: «nous y paraîtrons pour y déposer des faits qui « nous sont connus , pour y démasquer le véritable « auteur du délit dont la loi poursuit la réparation, « et que d’indignes parents rejettent sur l'infortuné « qu’ils ont fait leur complice. » En disant ces mots, dont la vérité se peignait sur le front de ceux auxquels ils étaient adressés, ma mère sortit et m’entraîna sans vouloir écouter l’espèce de réparation qu’on s'empressait de nous faire.
« Jules était au secret : quarante jours se passèrent avant que nous pussions le voir et concerter avec lui nos démarches. Pendant ce temps, son oncle, qui depuis deux ans avait dénaturé ses biens, prit la fuite, et l’accusé resta seul sous le poids de la preuve matérielle dont il était accablé.
« Le sort , qui semblait m’avoir choisie dès le berceau pour faire de moi le modèle accompli du