A LA TOILETTE
au milieu de scsspéculalions ; elle est toujours prête à tendre une main secourable à celle dont elle s’est approprie les dépouilles; elle la suit dans sa détresse, et ne manque pas de saisir, pour l’en tirer, l’occasion qui se présente ou celle qu’elle fait naître.
« Adm ise dans l’intimité du boudoir, elle sait î'i propos faire intemmir la partie mercantile de son art dans ces moments où elle n’a de prix que celui que l’amour veut bien y mettre : ces instants fort courts, liabilcment saisis , lui ont souvent procuré le paiement de créances tout-à-fait désespérées. Un ^Icut qui lui est encore tout |)articulier, c’est celui /fle se niénaj'cr la faveur des femmes de chambre : clic sait que ce sont des intermédiaires indispensables pour arriver aux maitresscs; et, par une réciprocité de procédés utiles, plus d’une soubrette a vu récompenser, par les bonneiu's du salon, les services qu’elle lui avait rendus dans l’antichambre. Le rang et la condition ne sont rien pour madame Dubreuil : elle voit toujours l’étoffe d’une grande damedansla matière première d’une jolie fille.
«La morale de mon livre, car mou livre a la sienne, tout frivole qu’il paraît être, continua mon historien de ruelle, sera de prouver que les mœui*s des femmes galantes de l’époque où j’écris ont gagné beaucoup, sinon en pureté, du moins eu décence; que le vice a quelque chose de moins seandalciLX ,
l56 LES REVENDEUSES A LA TOILETTE, et que, si Paris compte encore beaucoup Je femines qui font parler d'elles, aucune autre grande ville au monde ne renferme peut-être un plus graud nombre de celles dont on ne parle pas. n
MON PROCÈS