UNE NUIT AU COKPS-DE-GARDE
d’un son de voix très doux qui semblait appartenir et qui appartenait en effet à une très jeune femme, elle nous fait l’énumération des griefs qu’elle avait contre son mari; celui-ci s’excuse d’un ton de vérité qui nous persuade en même temps qu’il nous fait rire : nous commençons par intercéder pour lui; la jeune dame, qui paraissait vouloir gagner du temps, nous invite, au nom des mœurs, à faire passer à son mari la nuit au corps-de-gardc ; nos jeunes gens, qui se mettent d’autant plus volontiers à la place de ce dernier que sa femme, dont ils distinguent les traits au clair de la lune, leur paraît fort jolie, insistent pour qu’elle ouvre; j’en donne l’ordre formel, en menaçant d’employer les moyens de rigueur; elle se décide enfin : après quelques minutes la porte de l’allée s’ouvre; nous montons sans lumière avec le mari, qui se confond en remerciements, et nous ne le quittons qu’après l’avoir entendu refermer sur lui la porte de son appartement. Nous retournons au corps-de -garde; nous étions quatre quand nous en sommes sortis, nous sommes cinq en y rentrant, et dans ce nombre se trouve le garde national absent par permission, dont le bon mari s’était particulièrement réclamé : sa pré*sence inattendue excita d’interminables éclats de rire, qui redoublèrent à la vue de son sabre et de sa giberne placés sur la même épaule, et d’une de scs guêtres mise à l’envci-s.
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