‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 6 (volume 5)Chapitre 41 sur 65 · U^E PENSION BOURGEOISE · texte numérisé non relu

U^E PENSION BOURGEOISE

était si manifeste, que toute la ville d’Amiens avait eu connaissance de l’intimité qui avait existé entre la mère de mademoiselle Eugénie et M. le comte de***»; cependant l’honnête protecteur de cette jeune orpheline, qui négociait avec la famille du comte, paraissait décidé à se contenter, pour sa cliente, d’une somme de trente mille francs qu’offraient les héritiers du comte pour éviter le scandale d’une nouvelle procédure.

Il y a deux hommes à Paris qui semblent jouir du privilège de Viibiquitéi on les trouve partout, excepté pourtant chez les gens malheureux et disgraciésl’un est ce M. Babler, le plus affairé des désœuvrés de ce bas-monde , dont la voix nasale est la première que l’on entend dans tous les salons; dont la figure étonnée est la première que l’on aperçoit aux spectacles dans toutes les loges : l’autre est cet insecte rimaillant, prosaillant, criaillant, dont le nom se trouve dans toutes les bouches, comme la plate romance de Malbrottgh, sans qu’on puisse deviner pourquoi. Ces deux personnages arrivèrent au moment où l’on allait se mettre à table.

La maîtresse de la maison voulut m’en faire les honneurs en me plaçant entre elle et sa fille; mais M. de la Poulinière s’était emparé du poste, et paraissait y tenir d’autant plus, qu’il avait devant lui un prétendu chapon au gros sel qu’il couvait des yeux. Gréville me força d’accepter sa place auprès

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