I.KS PASSANTS
forme antique. Sa tête, coiffée d'un ebupeau à trois cornes, est beaucoup trop petite pour son corps, et son corps iufininicni trop gros pour les jambes fluettes qui lui servent de base. Ce personnage dégingandé tenait en main un écrit qu’il avait l’air d’apprendre par cœur, en même temps qu’il en déchirait un autre. J’ai recueilli quelques petits fragments de ce dernier; mais, faute de liaisons, je n’ai pu y rien comprendre. Cet bomme , qui suait la sottise et la vanité par tous les pores, ne rendait le salut à personne; mais, en revanebe, je le voyais se courber jusqu’à terre devant un carrosse vide, derrière lequel il y avait trois laquais. Pour cette fois, ma pénétration est tout-à-fait en défaut. Après y avoir bien réfléchi, je ne vois pas à quoi l’on pourrait reconnaître un homme qui ne parait être ni de son siècle, ni de son pays.
Je terminerai par une observation générale, où l’on pourrait trouver la source d’un fort long commentaire :
En marchant, les gens qui pensent au passé regardent à terre; les gens qui pensent à l’avenir regardent au ciel; les gens qui pensent au présent regardent devant eu.x ; les gens qui regardent de côté et d’autre ne pensent à rien.
ülCT 10 N^AlnE DES GEÎiS DU GllAlND MONDE. 267
v'* IXV. [38 DéCEMBRE l8l5.]