‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 6 (volume 5)Chapitre 64 sur 65 · AÜX RIVES DE LA SEINE · texte numérisé non relu

AÜX RIVES DE LA SEINE

je fus complètement dupe: j’allai m’asseoir à l’autre extrémité du salon, auprès d’une jeune dame à qui je m’efforçais de dire avec mystère les choses les plus insignifiantes. ■■ Vous avez beau faire ( me dit-elle avec un sourire malin, en jetant les yeux sur madame de Sesanne), nous ne vous croyons ni l’une ni l’autre. » Je fus .si décontenancé par cette répartie, que je ne jugeai pas à propos de .soutenir la gageure... Je sortis en quêtant un regard qu’il me fut impossible d’obtenir

« Le chevalier de Rosilly descendait l’escalier en même temps que moi. «Vous partez de bien bonne heure, me dit-il. — Oui, j’ai quelques lettres à écrire avant de me coucher. — A d’autres, mon cher comte! vous boudez comme un enfant, et demain on se moquera de vous. Voulez-vous m’en ' croire? venez avec moi au Cercle: je vous mets de moitié dans mon jeu; nous gagnerons cinquante louis chacun, et ces dames apprendront que nous ne sommes pas à la merci d’un caprice. » Moitié vanité, moitié entraînement, j’eus encore la faiblesse de céder à ce conseil. J’entrai au Cercle: je jouai; je perdis trois cents louis comme un sot, et je rentrai chez moi à trois heures du matin sans avoir soupé, mécontent de moi-même, mécontent des autres, et réfléchissant avec amertume que ma vie se composait en grande partie de journées semblables à celle dont je viens de vous rendre compte. »

EkMITF. DR CuL^RE, T. I. 2^

K* XXXVl. [ai MAItft 1816.]

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