‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 8Chapitre 18 sur 79 · H* CCI. [17 MAM · texte numérisé non relu

H* CCI. [17 MAM

ORLÉANS

Inqmtn patria! n« oita quidcm habrs!

Pairie ingrate! tu n*as paa même mes ossements!

Epitaphe de Scipieet t Africain.

A ce bruit assourdissant des roues se mêlaient la voix criarde de nos conducteurs et le babil de l'intérieur de la diligence , où se trouvaient , comme cela arrive presque toujours, un ou deux personnages incommodes et deux ou trois autres insignifiants. Une nourrice et un marchand de vin , dont le voisinage eût pu démonter une patience moins exercée et moins solide que la mienne, commenc^aient une conversation fort intéressante pour eux; je me mis à rêver à cette étrange variété de vues et d'idées sous lesquelles les événements et les choses se présentent aux yeux des hommes. Je comparais la savante et curieuse recherche philosophique de M. Bodin , la légèreté vaniteuse de mon guide tourangeau , qui ne voyait dans les souvenirs de l'antiquité que des ressources pour briller dans

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une séance d’académie de province , et la misanthropie du riverain de la Loire, ermite à vingt-sept ans, et préférant aux brillantes conversations de Paris l’ignorance des paysans de la Sologne; enfin la franchise anti-ultramontaine de l’oncle que je venais de quitter, et les opinions romaines , que le neveu déguisait sous des sophismes assez habiles. J’étais tenté de croire que tous ces gens avaient en quelque point raison , et que , dans l'inSnie diversité des pensées et des intérêts , le scepticisme qui se tient pour ainsi dire au centre , ou tant de rayons divergents aboutissent, et qui les juge tous sans leur interdire jamais l’appel et la révision du procès, est la seule philosophie raisonnable.

Déjà l’aube naissante éclairait à mes yeux les tours élégantes de la cathédrale d’Orléans et de quelques autres clochers gothiques dont les aiguilles, ciselées comme ces bijoux indiens où l'ivoire est travaillé à jour comme de la dentelle , étonnaient mes yeux : par une association d’idées assez inexplicable et assez commune, je franchis trois ou quatre siècles ; mon imagination se reporta vers l’époque où la Pucelle d’Orléans chassa les Anglais. En repassant dans ma pensée l’histoire de cette fille héroïque , en admirant son courage , en maudissant la lâcheté de ses concitoyens , qui ne se précipitèrent pas à travers les flammes de son bûcher pour l’arracher au monstre évêque

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de Beauvais, à rinfame Cauchon, je donnai moiméme un démenti à mes pensées nocturnes, et je reconnus qu’il y a dans les hautes vertus, dans la véritable grandeur, quelque chose qui force l'estime, détruit les doutes du sceptique, et ne permet pas aux hommes généreux d’avoir des avis différents sur un même sujet. L’utilité des hommes, le dévouement à l’intérêt de tous, voilà ce qu’il n’est point permis de dénigrer. L’égoïsme , la concentration, le sacrifice de l’intérêt général an sien propre ; voilà ce qu’il n’est point permis d’excuser.

Je voyais s’élever devant moi les palmes patriotiques dont le front de Jeanne d’Arc s’environne; et, à mon arrivée à Orléans, je me hâtai d’aller visiter le monument que la reconnaissance publique a érigé à son souvenir. Quelle fut ma surprise de découvrir cette statue dans un coin presque inaperçu de la grande place ' ! L’exécution en est aussi médiocre que la situation en est mal choisie. Le tonnerre l’a frappée en 1 798 , et les traces du feu céleste sont encore visibles sur le piédestal. « Hélas ! me dis-je en m’acheminant vers la Grande-Rue-Boyale, aban-

' Le premier monument érigé dans Orléans à Jeanne d’Arc, en 1 458, a été détruit lors des guerres civiles et religieuses en i $67, et remplacé , en 1571, par un autre dont on trouvera l'esquisse à la fin de ce chapitre, et qui, à son tour, fut brisé en 1793. La statue en bronze de la Pucelle, qui existe aujourd’hui, a été élevée en 1 8u5.

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donnée par ses concitoyens ingrats , brûlée par les Anglais, chantée ironiquement par Voltaire, il ne lui restait plus qu'à subir la calomnie d’un sculpteur, au fond d'une place au centre de laquelle son image héroïque devrait s’élever comme un autel !

Comment ce patriotisme local, cet amour exclusif du lieu de la naissance, le souvenir de vénération tendre qui chérit et protège les hauts faits du temps passé; comment ce culte qui encourage aux belles actions a-t-il si peu de force et d’influence dans ma patrie ? La pompeuse monarchie de Louis XIV, la frivole administration de Louis XV ont-elles à jamais éteint ces sentiments honorables? Je ne désespérerai point de l’antique liberté suisse, tant que les descendants de Tell montreront au voyageur la chapelle où le nom du libérateur est l’objet d’un culte pieux. Tant que les noms et les images de L'Hôpital, de Coligni, de Sully, de Jeanne d’Arc, de Malesberbes, deTurgot, de Monthyon , ne seront pas familiers au peuple, et entourés d’autant de vénération que les douteux personnages de la liturgie l’étaient au moyen âge, j’espérerai peu de la France.

Une heure de promenade dans cette ville, située au bord du grand fleuve, roi de ces contrées, ne m’a pas fourni de renseignements assez détaillés pour que je m’empresse de consigner ici des obser-

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valions qu’il m’eût été facile de trouver dans les livres , si c'était eux que j’eusse choisis pour mes guides. Un grand mouvement régnait dans la place : je reconnus cette industrie active qui doit caractéliser une ville dont le voisinage de la Loire et du canal d’Orléans fait un entrepôt très utile pour le commerce de Paris. Après avoir jeté un coup d’œil sur les rives du fleuve et sur la promenade à laquelle conduit un beau pont, j’allai visiter la cathédrale de Sainte-Croix ; le style saxon-gothique n’a rien produit de plus étrange. Nulle part la maigreur des colonnes, l’audace irrégulière et gigantesque des voûtes, la recherche des détails dans la grandeur de l’ensemble, l’effet hardi et mélancolique de l’intérieur, la beauté et l’élévation des deux tours qui lui servent de clochers , ne frappent davantage l'imagination, plutôt ébranlée que séduite. Ituinée à diverses reprises, elle a dû sa restauration déflnitive à Napoléon.

Dans presque tous les autres édifices, les traces de la barbarie féodale s’offrirent à mes yeux. Décidé à repartir pour Tours à l’instant même , j’achetai chez un libraire Y Histoire du diocèse tf Orléans, par üuyon; et je comptais suppléer ainsi pour la partie historique aux recherches et aux renseignements qui me manquaient. A peine eus-je ouvert le livre, en attendant le départ de la diligence, que je fus tenté de le fermer, lorsque j’y lus que >• Dieu

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était descendu sur la terre pour consacrer la cathédrale d'Orléans. » Cependant je suis parvenu à extraire de cette compilation monacale quelques notes dont j’ai fait mon proBt.

Orléans a produit plus de savants que de grands hommes. Tels sont P clan. Secousse, Bonjars, Pothier, Amelot de La lloussaye, et l'abbé Gédoyn.

Avant .Tilles César, la ville se nommait Genabum. Sous Aurélien , elle prit le nom d'Jurelianum. Lorsque Clovis mourut, Orléans forma l'apanage d'un de ses 61s. Réunie à la couronne, puis détachée du domaine royal , auquel elle ne fut ralliée que par Hugues-Capet, en 987, la capitale de l’Orléanais fut assignée , depuis cette époque , comme apanage des enfants de France.

Attila, qui avait inondé la campagne orléanaise de ses hordes barbares, recula devant le courage des habitants. Cinq siècles après, les Anglais allaient entrer dans ses murs, quand Jeanne d’Arc la rendit à la liberté, à la France, et à Charles 'VII.

En i56y, les calvinistes la ravagèrent. Tour-àtour ligueurs et huguenots, les Orléanais souffrirent les conséquences de ce double fanatisme. Cinq conciles se sont rassemblés dans ses murs, sans apaiser l'Eglise déchirée, sans rendre le calme aux citoyens, sans ramener l’esprit de douceur et de charité parmi les hommes.

Sous la fronde , le parti Mazarin posséda Orléans,

que mademoiselle de Moutpeiisier, par nne intrigue conduite avec l’adresse d’une femme de cour et l’audace d’un homme de guerre , rendit à Monsieur, de qui elle avait reçu cette commission difficil( Telles sont les particularités curieuses dor tissu l(%er, étendu par les soins deM. Guyon, pr d'Orléans, a couvert et rempli deux gros volumes, n est vi*ai que , pour réduire l’histoire d’Orléans à cette simplicité un peu sèche, j’ai été forcé d’en élaguer tous les miracles, tons les noms inutiles, toutes les oiseuses suppositions, c’est-à-dire de prélever, sur cette abondance de paroles sans but , une dlme fort peu considérable , et qui peut s’évaluer à un dix-neuf centième de l’ouvrage.

Fhutti f.ü niorisoc, t nii.

IIKNDEZ-VOUS A TOURS.

»*CCII. [î4 'S’? ]

RENDEZ-VOUS A TOURS

Parlcranje des douce* vapeor* de la terre et de U fraîcheur qui s'exhale du fleuve? Pardonoet-moi de retouruer encore ver» cei asile : Alcméon lai-méme s’arrêta quand il eut rencontré les belles île» Echinades.

Saint Hasilb, Lettres, t. lu.

Il n'y avait pas un seul coin de terre, un seul canton que je n’eusse visité dans cette belle province de Touraine ; et plus mes yeux se reposaient sur l'inépuisable succession de beautés variées que sa fécondité présente à l’admirateur de la nature, plus je les trouvais aimables et touchantes. Me voilà de nouveau sur la route de Blois : je n’essaierai pas d’en retracer une seconde fois les sites délicieux ; l’admiration des beautés de la nature a bientôt épuisé les combinaisons du langage, les paroles sont monotones pour reproduire des merveilles toujours diverses, et Thomson lui-même, poète coloriste, en essayant d’imiter le luxe infini dont le globe se pare ,

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n'a souvent fait que cliargcr sa toile de traits confus , entassés sans goût, brillants, il est vrai, niais où se font souvent desirer la délicatesse des touches et la variété des nuances.

Les jeux des paysannes toiirangeaudes , les travaux des villageois, le chant des bateliers sur laLoire, se mêlant à de gracieux points de vue, animaient cette route charmante, véritable galerie de paysages , avec laquelle les collections des plus célébrés amateurs hollandais ou belges ne lutteraient que faiblement. Plus ou s’éloigne d’Orléans, plus le paysage s’étend, plus la scène s’agrandit: les collines s’abaissent; le fleuve, au lieu de réfléchir dans son sein mobile la fertilité des deux rives escarpées, roule avec majesté au milieu d’un amphithéâtre qui s’élargit de plus en plus, et finit par ne répéter, dans son cours devenu plus vaste et plus tranquille, que la voûte azurée du ciel.

Parmi les sujets d’étonnement que j’ai rencontrés dans mon voyage à travers la France, je dois placer le regret de n’avoir pas à citer un seul poêle français vraiment pastoral, dont les vers, inspirés par la naïveté de ces beaux spectacles, aient effacé le fard des bergères de Fontcnelle, égalé la grâce de Gessner, ou même l’élégance champêtre du Giiarini. Segrais et Racan n’étaient pas entièrement dépourvus du sentiment poétique; Delille connaissait

nENDEZ-VOUS A TOUR8.

les ressources variées de l’art; Saint-Lambert avait de l’élégance et de la pliilosopLie, mais il semble que le profond .sentiment de In nature leur manquât; La Fontaine, dans ses vers sortis du cœur; ,)ean-.lacques , daus sa prose ardente ; le doux bernardin de Saint-Pierre , dans ses tableaux mélancoliques , sont les seuls qui aient donné quelque idée en France d’un genre qui demande un talent si aimable et si vrai , pt que le régime d’académies et de cour a dû éloigner de la littérature française.

Je me livrais à ces pensées, au son des cloches qui retentissaient û mes oreilles. L'un des voyageurs qui SC trouvaient avec moi dans la diligence se mita chanter à demi-voix les paroles suivantes, dont il accompagnait le tintement monotone du bourdon :

Orléans, Braupcncy,

Notre-Damc-dc‘-Cléry,

Vendôme! Vendôme!

Ce monsieur, que sa tournure semblait classer entre le commis voyageur et le petit maître du boulevart de Gand , voyant que sou refrain , composé de noms propres et chanté sur trois notes , excitait mou attention, eut la complaisance de m’apprendre que ces paroles remontaient à la plus haute antiquité, qu'elles étaient dans la bouche de tous les petits enfants et de toutes les nourrices , depuis Orléans jus-

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qu'à Vendôme, et qu’elles étaient censées imiter le son des cloches d’Orléans , et donner le catalogue des villes jusqu’où leur vibration parvenait. Je le remerciai de son explication savante, et je ne doute pas que ces trois vers innocents ne puissent fournir ample matière à quelque Mathanasîus junior, s’il lui prenait envie de les annoter et de les enrichir de ses élucidations.

Beaugency, que nous traversâmes, est situé au bord de la Loire; de fertiles vignobles l’environnent : ses habitants jouissent de moins de réputstiou que ses vins, et le commis marchand, on celui que je préjugeais tel, pensant que j’étais homme à bien apprécier les travaux et même les jeux.de l’esprit, ne manqua pas de me dire , avec un sourire de satisfaction intérieure , que le vin de Beaugency était plus spiritueux que les Beaugençois n'étaient spirituels. J’eus l’air de ne pas entendre ce mauvais jeu • de mots , et je lui répondis qu’un littérateur distingué, que M. Aignan, était né dans cette ville, et suffisait pour la relever de l’anathème intellectuel dont on essayait de la frapper. Homme instruit dont le talent grandissait avec l’âge, poète correct, versé dans l'étude des antiquités, il est mort au moment où quelques écrits politiques, remarquables par la force de la pensée et du style , venaient de le classer parmi nos bons publicistes et nos meilleurs citoyens.

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Blois et Amboise , toutes deux si mal construites et si admirablement situées, virent passer notre char, dont In course uV-tait jamais aussi rapide dans la campajjnc, où aucun accident n’était à craindre, que dans les villes où plus d'un malheureux piéton courait risque d’étre écrasé. Enfin, le soir même du jour où j’avais fixé mon rendez-vous avec le janséniste M Mersan, j’arrivai à Tours, où je le trouvai.

Il était descendu à l’auberge du Faisan, et m’attendait avec impatience. 11 me fit quelques reproches aimables sur ce que, dans une nouvelle liaison, j’étais le dernier au rendez-vous; et nous nous retrouvâmes avec tout le plaisir que deux amis d’ancienne date auraient eu à se revoir. Sans chercher à expliquer cette sympathie qui unissait déjà nos âmes assorties, j’attribue ce penchant de ma part à l'estime qu’inspirent toujours des opinions décidées, un caractère franc, et la persécution des hommes. J’avais cru distinguer, dans les discours et sur la phy'sionomie de M. Mersan, ces caractères qui me portaient à desirer son amitié. Il semblait disposé à me faire, de son côté, les mêmes avances d’estime et de confiance : nous décidâmes que nous partirions le lendemain matin â onze heures pour la Rochelle.

Nous déjeunâmes avant de partir , et je lui lus quelques unes des notes que mon guide primitif

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m'avait communiquées sur la Touraine. 11 ne manqua pas de corriger quelques erreurs : « Votre cicérone, me disait-il, s’est traîné un peu platement sur de mauvais mémoires qui se disent historiques. Il a eu tort de ne pas vous parler d'Àtjnès Sorel, qui, née à Loches près de Tours, faisait perdre au roi Charles VII un temps précieux, pendant que les armes anglaises réduisaient sou trône en poussière. Il aurait pu vous entretenir des faits honorables de la vie de saint Martin, général et ermite, véritable fondateur de Tours. Ce qu’il ne vous a point dit, c’est que deux prêtres licencieux, l'un avec philosophie et une espèce de profondeur, l’autre avec une obscénité frivole qui révolterait chez un laïque, et pour laquelle je n’ai point d’épithète quand il s’agit d’un abbé, que Rabelais et Grécourl, en deux mots, sont nés dans cette ville. Voilà, monsieur, ajouta-t-il, où conduit le grand relâchement des mœurs; certes , les plaisanteries du curé de Meudon n’ont pas peu contribué à entretenir cet esprit de licence qui régna sous. François I" et ses successeurs : leur verve obscène, grossière, et fantasque, fit les délices de la cour, et fut même admirée des cardingaux dont il tournait la pourpre en ridicule. Quant au prestolet qui a grossièrement imité les nudités de La Fontaine sans pouvoir atteindre à leur grâce , je le laisse dormir paisible dans l’oubli profond où il est dé jà tombé.

nENDEZ-VOUS A TOURS.

— Je crois, dis-je à M. Mcrsan, que Descartes était de Tours; c’est un grand nom.

— Et un grand homme. La hardiesse de son génie s’est révélée par ses erreurs même; il a rappelé ces marins qui veulent découvrir des terres qui n’existent pas , et que l’audace d’une entreprise inutile conduit à d’autres découvertes qui les immortalisent, et qu’ils n’avaient point pressenties.

«Madame de la Fallièrc, aimable et triste victime des passions royales , qui se fit presque pardonner sa faiblesse aux yeux des gens du monde par sa douceur et sa délicatesse, et qui, plus tard, 'honora ses erreurs par une punition exemplaire et chrétienne, était aussi de Tours. — Joignez à ces poms ceux de l’historien Duchesne, de l’abbé .fiautleau, le père des économistes, et du poète Racan. n

Nous fîmes nos adieux à ces rives si belles et si bienfaisantes. En jetant un dernier regard sur le fleuve qui les arrose, je ne pus m’empêcher de manifester le regret que ce canal creusé par la nature, que cet admirable moyen de navigation et de commerce n’ait pas été exploité par le génie de l'industrie. Le lit de la Loire est eneombré de sable ; les grands bateaux n’osent pas se confier à son cours. Pourquoi ces bateaux à vapeur qui quadruplent aujourd’hui la richesse américaine , et qui opposent aux éléments la force irrésistible que leur sein re-

- DioilizÆcl-bMXioogle

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cele, ne convrent-ils pas ce beau fleuve ? Pourquoi ces nombreux atterrissements et cette marche lente de quelques rares nacelles sur des ondes si vastes? Quand la nature est prodigue , pourquoi les hommes et les gouvernements insultent-ils à ses dons par 1 inertie et la routine?

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CC1II. [3l MARS 1827.]

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