LE CHATEAU UE MONTAIGNE
Dûwnrüjht MonUugM.
Popi.
Montaigne le franc-parleur.
Nous autres voyapcui’s, nous ressemblons pour la plupart à ces peintres gothiques qui ne savaient qu’imiter confusément les objets dont leurs regards étaient frappés. Sans observer les lois de la perspective, sans suivre aucune règle dansla disposition des divers plans de nos tableaux, nous nous contentons de reproduire les choses dans l'ordre où elles se présentent à nos yeux. Quelquefois un mince accessoire occupe la place que l’objet principal devrait remplir, et il arrive de temps à autre que les objets les plus intéressants sont oubliés. C’est à-peuprès la méthode d’après laquelle les orientaux travaillent; les paravants chinois, modèles de l’industrie des plus mauvais peintres du monde, sont remplis de personnages aussi grands que leur propre maison, de mandarins de trois pieds prenant le
LE CHATEAU UE MONTAIGNE. 267 frais dans des jardins dont les plus {jrands arbres n’ont pas deux pouces de hauteur.
Je suis prêt à donner cette critique pour une confession. J’ai plus d’une fois voyafjé comme Levaillant et Pococke tout-à-fait au hasard, mais avec uu peu moins de prétention qu’eux. En avouant naïvement mes erreurs, j’aurai du moins sur eux l’avantage de la modestie.
Dans mon désir d’atteindre enfin le but de mon voyage et l’asile du repos au coin du foyer domestique, j’ai parcouru rapidement des contrées dont plusieurs souvenirs d’une grande importance me sont éehappés; tandis que j’ai recueilli sur ma route une foule de particularités d’un intérêt très secondaire.
Telles furent les réflexions que m’inspira la lettresuivante de M. Mersan , lettre qui me fut remise à Yhôlel de ta Pyramide au moment où j’allais quitter Limoges et partir pour l’Auvergne.
U Pendovous, brave Crillon, je viens de rendre visite au château de Montaigne le douleur, et vous n’y étiez pas. Votre impatience vous a privé d’un grand plaisir, et j’ai été obligé de m’acheminer seul vers l’antique demeure du philosophe, au village de MonlaigneSainl-MicItei.
X J’ai payé assez cher mon pèlerinage en subissant la fatigue d’une mauvaise route. De Périguéux à Bergerac elle est cependant tolérable ; mais de Bergerac à Casliltou, elle devient affreuse; de