‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 8Chapitre 67 sur 79 · ET · texte numérisé non relu

ET

. .SAiNT-4EAN-DE-LOSN£.

Homnagè dooc , dîMitdl en Unga^ paiîui^ru^liqae, k cette audcretM d« laoiuie , à U dieelwaieUle ! ^ ,

RAsrLAis.

.... Qm sert loo pays sert BoaTem un în^t.

, * * . ' • «nVOLTAlM. ' •.

M. de Vçnissaa nous retint chez li)i pcsndant la nuit suivante y «t ne noos pénnit .de qpus remettre eu route qoe le lendemaia màtid. 11 ^nous accompagna jUsqu’à la vallée de Ctuey, vallée étroite, do milieu' de laquelle une. petite colonne , qui s'élève dans nne mér de verdure,, semble attester l’intention de pepp^Hcr la tradition , aujourd'hui eflacée, de quelque bataille^ dont le nom même a disparu. «Allez, nous dit4l ensuit^ en nous quittant surda route de Béaune , suivez le chemin , qui , de vignobleen vignoble , vous' conduira' jusqu'à la capitale de ' la Bourgogne. Un dithyrambe en l'honneur de Bao

4^8 ' LA BOUHGOGNE V.INR08E

chq» serait le.frait littéraire le plu^ paturel de la tournée que vous commeàcez ; ce seraitdà l’hom-, niàge le plus juste que l'Ermite pourrait rendre à ce pays. Vous passérez p>ar Beauoe, Nuits, Clos-Vqugeot ; à chaque pas les produits ~de la vigne vous offriront des variétés nouvelles et délectables. Ah ! ' (|ue je vous plaindrais, si une bonne analyse 'Critique et gastronomiqüe des .payeurs différentes de tous ces vins classés par zones et nuniérotés savamment à la manière du doèteur Gall, n’était pas le résultat de votrç voyage ! »

Il dit, et partit. Nos chevaux de louage nous conduisirent assez lestement jusqu'à Beaune , qui a fourni'tant de vin à nos restaurateurs et tant de bons mots à Piton. «Assez bien construite, assez- bien alignée même, -entourée de jolies promenades, cette ville semble fondée non d’après les lois de la répubbque de Platon y-mais d’après les axiomes- plus fttelles établis par' Épicure. Nous -visitâmes la bibliothèque solitaire, le tbéàtre.y iin waUxhall élégant, un jeu de' paume 'commode,.- un bépit^ foit bien, tenu. BoUin , à ce que m’apprit mon guide , non le bon.univfersitaire.de 1770,. mais le cbanc^ier de Bonrgogne au quinzième siècle , fcmda cet établissement par ordre de Louis Xi, qui disait avec cette gaieté.àcredont il était doué^ '« Rollin a^ait assez de pauvres pour qu'il; bâtisse une maison qui serve aies loger. » ^ •

ET SAINT-JBAN-UE-I-OSRE. 4^

C^en^ant nous avions regagné notre, pubei^ie, et un modeste souper était servi devant noUs. «,La sainte bouteille, la sacro-sainte gourde, » cette dir vinité que Rabelais honorait par-dessus toutes les autres, fut aussi l'objet de nos hommages; et tout en rendant justice à Beaune,.tout en réfutant Piron, qui cependaut était trop connaisseur pour envelopper dans sa haioe l'objet de notre admiration , noqs cherchions, dans un excellent annuaire du département de la Côte-d’Or, quelques documents historiques.

Ce petit trésor de science, ouveTt à tous ceux qu) .veulent acquérir quelques lumières rapides sur les révolutions , et même $uc les coutumes boutguignonnes, nous apprit que la ville dejleaune,- appelée en latin Betna-, tire son origine d'un cast/'uin. romain. Plusieurs monuments le prouvent une inscription découverte en 1 683 semblerait annoncer que cette ville poitait. d'abord le-nom de Miiiervià ; dit qu'elle dut ensuite celui de Belna au dieu Betenuî, nom sous lequel les Gaulois adoraient le soleil. Si je puis essayer aussi une co^ccture érudite , il. me semble probable que Belrta était le nom primitif .de la ville, que les Rotqpins auront voulu changer en celui de Minerve, maù sans pouvoir y pt^rvenir, et qu’en dépit des conquérants, l’appellâtion celtique aura prévalu, a II y a là, s^cria mon anii le gentilhomme, de quoi faire mourir de .plaisir l’érudit que

43o LA BOURGOGNE VINEUSE .

Dou» avons laissé à Au tun. — Il montrait de dou* leur, repris-je, s’il lisait comme moi dans cet annuaire que les Beaunois réclament pour leur ville tous les honneurs de l’ancienne Bibracle, si bien acquis à la ville d’Antun. Il est vrai qne l’auteur donne gain de cause aux Autunois.

Nous trouvons ensuite que cette ville suivit le sort de toute la Ganle ; elle passa des Romains aux barbares , appartint anx Bouqpiignons et aux Francs, et eut ses comtes particuliers sous la seconde race de nos rois. Le premier connu se nommait JUanutsès de Fergy en H8o , lequel appartenait à l'illuslre maison de Vei^y, d’où est née la belle G^ibrirlle, épouse de Fayel, et amante de Raoal de Coucy, de tragique mémoire. , • ;

lies ducs de Bourgogne en devinrent les maîtres ainsi que de toute la province. Ce pays fiorissait sons CCS princes, et on y établit tioe manufacture d'étoffe. Les draps que l’on y fabriquait étaient laides , U n'en fallait que sept aunes pour vêtir complètement un homme et une femnie,' et l’aune coûtait dix sous. , ■ •

Vei armoiries de la- ville représentaient une vierge portant son fils, et celui-ci tenait dans sa main une grappe de raisin ; autour était cettedcvise : Cause nosirtt lœliliæ (la cause de notre alégresse.) L’auteur de l’annuaire ne s’explique pas sur l’ambiguité de cette expression qui laisse ù deviner ce que

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