COUTUMES DK LA SOLOGNE
burlesque. Un pot de grès est placé au bout d’uti bâton : on bande les yeux de la mariée, on l’arme d’une branche d’afbre, et on la laisse seule et sanfs guide se^iriger à l’aveugle vers le pot qu’elle doit briser. Il ne lui est permis de frapper qu’un seul .coup. Tous les invités, les yeux également' fermés, en font autant; et lorsque le pot est en débris, le vainqueur a le droit d’embrasser la- mariée. S’il n’y réussit pas assez vite ,.ou s'empare de lui , on lui fait un trène de feuilles, on lui yerse à boire, et l’on feint de trinquer avçc lui. Le triomphateur est condamné à boire jusqu’à ce qu’il ait touché le verre d’un autre paysan qui le remplace et qui est de même remplacé.
U Je dois ajouter à ces* amusements rustiques, qui n’ont d’intérêt que celui de i^ire connaître toute la simpUcité de ceux qui s’y livrent, la coutume de présenter. à la mariée, le dimanche qui suit ses noces, une quenouille que le sacristain lui remet, et quelle entoure de lin filé pour l’offrir ensuite à l’église , qui la vend à son profit. Quand le filleul ou la filleule d’un Solonais se marie, le parrain ou la marraine font à leur protégé un cadeau nommé cochelin; ordinairement c’est une cuiller à café, un pot à l’eau , quelquefois uil^ase . moins noble et non moins nécessaire.
U La plupart des fêtes que l’église chôme sont
l6 COUTUMES UE I,A SOLOGNE,
marquées eu Sologne par des *o|ennités locales. Le premier dimanche de carême, par mtemple, on voit tous les champs ensemencés $c cdtivrir de flambeaux portés par des paysans qui se poursuÎTCokçn répétant la strophe satirique que voici :
Sortez , sortez d’ici , mulots !
Ou je vais vous brûler les crocs!
Quittez, quittez ee.s ble’s;- Allez , vous trouverez Dans la cave du dure Plus à boire qu'à manger. *
U Le soir, après que ces vers, dont la rime n’est pas riche
Ist dont le style est vieux i
ont retenti dans toutes les paroisses, on se réunit pour manger du mi, c’est-à-dire, dans le patois de la Sologne, de la bouillie de millet. Tout convié à ce .festin doit apporter en entrant un pied de nielle, qu’il a cueillie dans ^ course nocturne. C'est le lychnis ÿithago des botanistes; du moins on peut voir dans cette coutume une apparence d’utilité publique. » ' .
J’ai.visité les savades ^^l’Amériquc, et si, dans les déserts primitifs de l’Oréuoquc, j’ai admiré plus de beautés naturelles et une plus grande fécondité du sol, je dois convenir aussi que ces liomiiics,
GOüTUHES DE LA SOLOGNE. I7
que nous flétrissions du nom de sauvages, m’ont paru beaucoup plus avancés sous le rapport des arts, de la civilisation , et du perfectionnement des facultés dé l’esprit, que les indigènes d’un petit pays enclavé entre Paris, Orléans, Dijon, Lyon, et La Rochelle.- ' . ■ ' • ’ >,
FrMITP. F.N PROriKCF, t VItl.
n'cxcil. [ l3 lltlVlEII 18x7.]
Thtrr manj o ttnver And rmhintrd tattiement.
Sir Waltkh Scott
I.A te decoQvrcDi mille tour* «oiiquet , .ivec des reniparU arroodii » anoëi de rrcneaux.
4’etais fort empre.ssé d’achever la tournée que mon jeune ami m’avait fait commencer, k Demain matin, inc dit-il, nous repartons. Vous me perméttrez de m’arrêter peu de temps à Romorantin, malgré ses prétentions historiques; car il est bon que vous le sachiez, ce bourg, qui ne vaut pas le village de Passy, s’est appelé jadis, au dire des érudits solo nais, Rome la Seconde, Roma Minor. Les boui^s de Chanmont-sur-Loire , de Saint-Dié, et de Fontaines, ne recevront notre visite qu’après que notre curiosité, satisfaite, se Sera arrêtée sur des objets sinon plus utiles , du moins plus intéressants. |i En me livrant à sa direction , je demande la per-
mission à' mon lecteur de le faire errer comme moi un peu à l’aventure, et sans autre itinéraire •que celui qu’improvisait mon guide.
Nous repassâmes la Loire devant Ménars. ■< Celte magnifique habitation, me dit Valbreuse, appartient aujourd’hui au maréchal Victor, duc de Belliine. Les destinées de ce château , changèrent plus d’une fois. Sous Henri II , il était la propriété'du secrétaire d’état Buthier. Guillaume Charron, conseiller d’état, le rebâtit sous Louis XIII. Stanislas , de Pologne, vint l’habiter en 1727; et la fameuse demoiselle Pois.son, moins honorablement et plus généralement connue sous le titre de marquise de Pompadour, habita cette retraite que son roval amant fit réparer et décorer pour elle avec magnificence , après le départ de son auguste beau-père.
« — Au moins, mon cher Valbreuse, .sa destination présente me réconcilie un peu avec sa splendeur ancienne.
— Je ne peux cependant pas oublier son histoire ; et l’éclat dont brilla la maîtresse de la couche royale se hlasonne, pour me servir d’une antique expression, â travers les allées verdoyantes et les colonnes de ce palais.
« Vous avez vu, bon Ermité, le côté misérable de cette contrée ; des paysans sauvages comme des Samoïédes , honnêtes gens comme s’ils n’étaient
d'aucuu pays. Suivez- moi pendant quelqiie.'i jours ; jé vous' iiiénafje un spectacle tout différent.
Aucun département de France u'’offre une aussi grande quantité de manoirs seigneuriaux; distribués ou plutôt pressés sur une égale étendue de terrain. Vous n êtes ni assez romantiquement féodal, ni a.ssez ridiculement exclusif pour dédaigner ou adorer ces débris du tenqis passé, qui se rattachent à de tri.stes, souv/cnt à d’horribles souvenirs; mais cette magie que l'antiquité répand sur les objets contemporains de nos aïeux les environne et les couvre ; c’est le p\)énoméne du mirage; une illusion brillante fascine notre imagination. A l’aspect de ces tourelles, dont les feux du jour le plus pur ne peuvent éclairer à-la-fois toutes les parties, tant l’adresse des architectes gothiques a multiplié les saillies et les irrégularités de la construction principale, afin d'en rendre la défense plus facile ; à la vue de ces ponts-levis, de ces créneaux, de ces poternes encore existantes; à la vue de ces monuments où un mélange- d’ombre , de lumière , de pierres mousseuses, et de fleurs sauvages forme mille tableaux dignes de la touche originale de Bouton, l’esprit .se crée plus d’un brillant fantôme, et réalise pour se.s menus-plaisirs les chimères de la chevalerie, que de graves historiens ont voulu nous donner pour de regréttables réalités. Vous ne verrez pas avec indifférence, mon cher Ermite, ces reliques que je pour-
rais appeler sanglantes, sans employer une figure de rhétorique trop hardie; mais l’intérêt qne vous y attacherez se mêlera d’effroi; vous croirez voir s’élever à vos yeux le géant de la féodalité , ce éolossc qyi prétendait, comme le Sa'tan de Millon , soutenir sur ses épaules d'Atlas le poids de la monarchie universelle,
U Atiantean shonliiers to lear motianhjr;
ce tyran des rois et des peuples, a fini par assurer dans certains pays la puissance du despotisme, dans certains autres, comme <*n Angleteire, la prépondérance de l’aristocratie, à laquelle un esprit national invincible sert de contrepoids démocratique. >> Nous commençâmes par visiter quelques châteaux-qui environnent la ville de Blois : àCelletes, celui de Beauregard, dont le Gaulois Ronsard célébra Yapolfyne beauté en termes qui n’étaient d'aucune langue. Le possesseur actuel de ce château , l’un des plus honorables généraux de l’ancienne armée, le général Préval , nous y offrit la plus aimable hospitalité. C’est sur-tout sous ces vieux donjons de la féodalité que j’aime à retrouver les guerriers illustres qui ont , pendant un quart de siècle , enchaîné la victoire .sous les drapeaux de la France. Il y a quelque chose d’agréable à penser que ces chevaliers ,. que ces barons d’auti'efois ont fqïfdé l’asile où quelques héros jouissent aujourd’hui d’un repos glorieux dans
ne CHATEAU EN ciiateaC.
'il
la retraite où la reconnaissance de la patrie les accompagne. f /imagination la plus chevaleresque n’a rien à créer dans le château, de Beauregard, en voyant le général se promener dans la galerie des rois ' avec ses trois filles, aussi rcmiictpiables par leur beauté que par leurs grâces et Feurs talents. Jean du Thiers, secrétaire de Henri 11 , et les seigneurs de Beauregard qui lui succédèrent, MM. Ardier, commencèrent à embellir ce château si heureusement situé.
A Cliailles, sur uq coteau, le château de VUtelonel nous frappa par sa position tout-à-fait gothique. C’est un observatoire d’où les seigneurs pouvaient étendre leurs regards jusqu’aux dernières limites de la Touraine , de la Solôgne , et de la Beance.
Non loin de’là, je vis le château de Pezai, berceau d’un diplomate de l’école (je Maurepas, d’un poète de l’école de Dorât , du marquis Masson de Pezai; je ne fis que passer en répétant quelques vers agréablement tournés qui composent toute la gloire du marquis poète.
A Saint-Claude , en face de Ménars, où nous revînmes après cette dernière course , j’admirai l’élégance et la conformation du château de Nozieu , qui sert de point de vue au premier de ces châteaux.
' Il existe à Beauregard ^e galerie extrêmeineiit curieuse qui renferme les portraits des rois de France des trois races, et de leurs plus illustres contemporains.
DE CHATEAU Efî CHATEAU.
Mon guide m’apprit que Jean Charroç, conseiller du roi en se.s conseils, avait fondé ce b^fe^Hce. ^ Je me contenterai de noter ici'|8s ntçw^ifrfes. par "V ticularités distinctives des châteaux uombrens sous les murs desquels Valbreuse m’entraîna tour-à tour. Celui d’HerbaiiU, situé dans le canton de Bracieux, fut construit, me dit mon cicerone, par Franc^ois de Foyal,maître-d’hAtel de François I". En 1600, il devint l’apanage de la famille Pbélippeaux. On y admire une chapelle élégante d’ordre dorique. Saunier)-, propriété du marquis de Saunier)', dans la commune d'IIuisscau, fut habité, depuis Henri IV jusqu’à la révolution, par la famille de Saumery, à laquelle appartenait exclusivement , sinqn par un droit armé, du moins par une succes.sion non interrompue, le gouvernement du château de Chambord.\alhremc me fit remarquer, dans le château de Ville-Savin, situé dans la commune de Toun en Sologne, quelques fragments de peinture sur cristal , tr^s bien conservés ; je m’étonnai du degré de perfection qu’avait atteint chez nos aïicêtres un art aujourd'hui oublié. Breton de Villandry, secrétaire ^ des finances, l’a fait construire, sous François de son bien, de celui du maître, et de celui de l’état. » Le Beuvron, rivière sur laquelle est jeté un vieux pont de pierre, nommé le pont à'Arrianlj hsâ-^ gne les murs du château dc^Ville-Savin. Le jardin, le pâte, le verger, les toitures, sur ‘lesquelles l’or
ï4 DE CIIATEVU EiN CHATEAU,
rayouuc encore , tout se ressent de cette uia{'niftcence à laquelle se sont toujours livrés les bonimes qui manieut librement les deniers de I état.
Chevtrny, dans la commune de ce nom. Plusieurs familles illustres le possédèrent totm-à-tour. En 1 5 28, Pbibppe Ilurault de (Jbevemy vit le jour dans ce cbàteau. Cbancclier de France sous Henri III et I lenri IV, il y écrivit des mémoires , publiés sous son nom, et y mourut en 1 Sqq. Reconstruit en iG34 par sou fils, il appartient aujourd'hui à un banquier portugais, M. Gttillol. Ce cbàteau, le plus beau du pays, consiste en un corps de logis accompagné de deux pavillons doubles qu'un dôme élégant couronne. Les croisées, dont les pierres sont toutes en bossage , se font admirer par le fini du travail. De belles eaux vives répandent la fraiebeur et la fertitilité dans le parc, que la complaisance du propriétaire actuel nous permit de parcourir.
Le cbàteau d'Omain nous rappela des souve- * nirs plus variés et plus antiques. La construction en est ancienne et remarquable. En 1 1 83, les seigneurs de NaiUac le bâtirent. Le prince de Condé y fut enfermé après la bataille de Dreux, par Catherine de Médicis. Au milieu du dix-buitième siècle,
M. le comte de Varax en était propriétaire. Ce fut là que Voltaire, ami du comte, composa deux chants de ce poème que la morale n'avoue pas, mais que les muses adoptent parmi leurs plus brillantes créa-
lions J ce cliâtean sinfjulier a servi de modèle au cbâleau de Cutendre; et le conveiit de la Guiche, situé à peu de distance, est le prototype du couvent où sœur Besogne si{;nala sa mâle vaillance.
Catherine de Médicis, dont le nom hideux se retrouve sans cesse dans les souvenirs de cettfe belle contrée, habita, pendant les guerres de religion, le château de Freschines,.(\\\e nous visitâmes dans la commun^/le Fillefrancœur. Destiné à servir d’asile aux malheureux pendant les guerres civiles, il offrit une retraite, du temps de la fronde, à la duchesse d Aiguillon et à ses enfants. Le célèbre Lavoisier y demeurait , et ses principales expériences venaient de l'illustrer plus que le nom d’une reine et celui d’une duchesse, quand la révolution, plus cruelle que la fronde et la ligue, en arracha l’immortel auteur de tant de découvertes utiles pour le jeter sur l’échafaud.
Un château moderne, celui de la Molle- Beuvron, en Sologne, nous arrêta peu de temps. De construction récente, et habité précédemment par un seigneur étranger, il ne nous offrait ni^souveuirs antiques, ni pensées nationales.
I^e château de Selles-sur-Clier est un. peu plus ancien. 11 remonte aux premières années du dixseptième siècle; bâti par le frère cadet du bon ministre Sully , il est devenu la propriété d’unfc compagniCjde négociants. Il est naturel de penser que
leur utilité personnelle l'emportera sur toute autre considération. Quelque partisan que l’on soit de rindiistrie, on doit re|;rettcr que les destinées de ce beau domaine semblent le dévouer à une ruine certaine, et que l’intérêt de ses nouveaux possesseurs lit; les engage pas à le respecter.
U Nous ne sommes pas au bout de notre course . me dit mon jeune guide; voici le château du Plessis dont la régultrité élégante contraste avA les manoirs que nous avons déjà examinés, l/époqiie de sa con.stniction ne remonte quô jusqu’à Louis XIV, et Lenôtre eu a dessiné les jardins , où le quinconce et la taille des ifs annoncent encore le règne de cette monarchie absolue, sous l'empire de laquelle les arbres comme les hommes, privés de toute libeiTé naturelle, ne pouvaient croître et se développer que dans les régies de l’art , ni fleurir qu’avec permission.'»
De là , nous allâmes visiter Beaufeu , où Philippe-, Anguste, après une bataille gagnée parles Anglais, perdit son sceau et tous les actes de sa chancellerie; événgnient qui fit instituer les chambres permanentes , dépositaires des actes de la couronne ; la Voùlc, bâtiment moderne, dont l’aspect est noble et régulier ; Planay , situé dans la commune de Sainl-Jacques-des-Guéi éts ; ce château fut habité et embelli par madame de Fernage , femme du premier médecin de Louis XV, ange de bienfaisance , que
la contrée a bénie pendant plu.s d’un demi-siècle, et qui a emporté des regrets universels au tombeau , où elle est descendue en 1819; La Poissonnière, dans la commune de Couture, lieu natal du poète gaulois Ronsard ,
Qui depuis... mah jadis il était adoré ;
La Fredonnière, où fut arrêté en 1 56o le plan de la conjuration d’Amboise; Rochambeau, qui doit toute son illustration au maréchal de France de ce nom , qui y est mort à quatre-vingt-deux ans; Montrieux, où.se fit la première édition des Lettres provinciales, à laquelle Sébastien Hyp, imprimeur à Vendôme, ti^availlait dans une cave en 1 656; Gay-la- Guette, aucœur de la Sologne, exemple dé ce qu’une culture persévérante pourrait opérer dans cette contrée ; une immense plaine de sable d’e«toure, des marais s’étendent sous ses murs. M. Gauvitlicr, son ancien possesseur, l’avait considérablement amélioré; entre les mains de M. Roussel, qui l’occupe, il est devenu l’une des plus.charmantcs habitations rurales que possède la France. Bejuin, qui, dans ces solitudes, se fait remarquer par son élégante simplicité. C’est la seule maison de campagne d’un pays où l'on ne trouve que des châteaux et des chaumières; pendant trente ans, Bejuin a été l’asile d’une femme (madame Boudonville) , qui y a laissé d’impérissables souvenirs de bienfaisance; la jolie
DE CIIATF.au en CHATEAU, maison de campa{jne de Prépatour, dans la commune de Navail, propriété du Béarnais, et qui a conservé le titre de closerie de Henri IV; il allait y recueillir le vin de Surin, fort mal-à-propos confondu avec le vin de Sitrèncs; Malay , construit eu I y35 .sur les ruines d’un ancien château qui avait .servi de quartier-général au vainqueur de la ligue pendant le siège de Vendôme; Ltt Bonne-Avenlure , château antique qui tombe en ruine, tandis que la chanson composée pour le célébrer conserve sa popularité française; Antoine de Bourbon, roi de Navarre, l'habita long-temps, et y appela près de lui Ronsard et Dubellay; La Ferlé- Ilumbaull, et par corruption Imbault, le manoir le plus féodal de toute la contrée, après le château de Fougères; bâti en 1022' par Humbault-le-Tortu,. comte de Vierzon : la vue de ses mâchicoulis répandait la terreur; le marfchal d'Etampes, sous Louis XIII, affectionnait ce séjour, où l’on voit encore les portraits de ce roi, d'Anne d’Autriche et de Louis XIV, qui datent de cette époque; possédé à titre d’héritage, pendant le dix-huitième siècle, par la famille Nonant-Pierrecourt , il a été acheté récemment par M. le comte de Belmont; La Ferlé-Beatihamais , qui n’est célèbre que comme propriété patrimoniale du prince Eugène Napoléon ; La Grillière, bâti sur pilotis vers l’an 1 660 , singulière habitation , dont l’isolemeut au milieu d’une plaine de sable ne permet
pas de deviner quels motifs ont. pu déterminer le choix d’une localité aussi incommode et aussi bizarre; Chaumont, le plus remarquable , si ce n’est le plus ancien des châteaux du département : la tradition le fait remonter jusqu'à l’an looo, et lui donne pour fondateur £udes, comte de £/ois; lorsque les sei{jnciir$ d'Amboise, qui le possédaient sous Charles VU, eurent pris parti pour les Anglais, le roi le confisqua à son profit; Henri 11 en fit cadeau à Diane de Poitiers, qui le donna en 1 559 ^ Catherine de Médicis, en échange de»sa terre de Chenonceaux; là naquit une huitième merveille du monde, un ministre vertueux et ami du peuple, Georges d’ Amboise ; Chaumont appartient aujourd’hui à M. Letché-Goyen i démoli, brûlé, reconstruit à diverses reprises , ce château , malgré sa vétusté gothique , joint quelque élégance à la solidité de son architecture. 11 est flanqué de quatre grosses tours, dont l'aspect a de loin quelque chose de très pitton-sque; Conan, qu’un ancien gouverneur de Chandernagor, M. Chevalier, fit bâtir sur les ruines de l’ancien manoir seigneurial de Bois-le- Beau ; habitation élégante dont le dessin est le même que celui du château de Garetty , que M. Chevalier avait fait construire sur les bords du Gange, et que j’ai habité quelques mois pendant mon séjour au Bengale en 1 789 ; les Montils, bâtiment très simple , qu’environne un paysage délicieux; ce lieu de plai-
sance, dont on ne voit plus que les ruines, servait à-la-fois de rendez-vous de chasse aux comtes de Blois, et de domaine à leui-s maîtresses ; Montfrault, auquel des souvenirs plus vajjues encore assignent la même destination , et qui occupe l’angle sud-est du parc de Chambord; Corbrantle, habitation de M. de Grimoard, lieutenant-général des armées du roi, auteur d’un grand nombre d’ouvrages oubliés, et qui a laissé dans son château une belle bibliothèque; Lumonnicre, Mongiron, Laborde, Billi-Ui-Basme , tous plus ou moins remarquables par l’élégance ou l’antiquité de leur constructioai. A la Basme, MM. de Goursy et Durand ont établi dè nouveaux procédés d’a’griculture qui, répandus en Sologne, pourraient en peu de temps régénérer ce malheureux pays.
LA CHATELAINE DE FOÜGÈRES.
ft'' exclu, [ao jAnvixit 1817 ]