LA CHATELAINE DE FOUGÈRES
De i'aaüque manoir
Les mur» cpai» m>d( enveloppés d’oinbrei Seuls, du soldat veUlaoi dans la nuit sombre. Les pas é^auz font retentir les tours.
Madame Tasru.
Je venais de m’arrêter (levant un ancien château, dont le caractère tout gothique et la belle conservation m’étonnaient. C’est, me dit Valbreuse, le château de Fougères, le plus antique de toute la contrée. 11 mérite bien une mention particulière j et, si vous voulez demander au possesseur actuel quelques moments d’une hospitalité qu’il ne vous refusera pas, je vous apprendrai sur les lieux mêmes plus d’un fait historique et plus d’une anecdote romanesqu», dignes d’être ioacrits sur vos tablettes d’ermite. J’acceptai une proposition qui m’offrait, dans cette marche un peu fatigante, une balte agréable, et l’espoir de recueillir quelques renseignements utiles.
Les voyageurs assez heureux pour trouver un
3a LA CHATELAINE DE FOUGÈRES.
cliâtcau sur leur route ne se contentent ordinairement pas d’y arrêter leur lecteur; ils le font errer dans les galeries, le plongent dans les caveau.x, le perdent dans les vieilles salles, et ne lui sauvent pas le détail d’un créneau , d’une meurtrière. Le moindre nid de vautours féodaux a reçu des mains de nos déclaraateurs pittoresques une illustration phosphorique qui ne tardera pas à s’évanouir. Le gothique a été canonisé pai- la mode. Je ne céderai point à ce penchant ridicule de l’époque, quelque favorable que soit l’occasion qui se présente.
Rien de plus pittoresque que le château de Fougères. Des murs crénelés le protègent et l’environnent; des arabesques et des sculptures, très bien conservées et noircies par le laps de trois siècles et demi, attirent l’attention des curieux. L’esprit se reporte de lui-même vers ce beau idéal de la féodalité que des rêveurs imbéciles voudraient nous faire regretter. Ktrange et capricieuse destinée ! le siècle industriel a métamorphosé en filature de laine ce château antique , qui existait déjà du temps de l’invasion des Normands, et qui tomba alors sous la loi d’un seigneur danois nommé Frangal. Pierre Refuge, trésorier du monstre Louis XI, le rebâtit sous son règne. Après avoir observé en détail toutes les parties de ce château-fort, muni de tout ce que l’art avait jusqu’alors inventé, nous errâmes sous ses longues galeries, et l’esprit encore rempli des
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