LES CHAMPS CATALAUNIQUES
Licpx oà 1 aigfe frappé de la flèche te débanii
Tainem^ot contre le deatih.
~ , Btron.
. « Votre prosopopée est fort.belle , mon brave . Elrmite; elle exprime - des sentiments bien généreux, bien patriotiques; je- ne vous conseillerais pourtant pas de vous livrer à ces mouvements d’éloquence au milieu de certains savons, où les habitants vous feraient infailliblement taire à coups de clOtqre. — Que, m’importe! ce nest point ù ces gens-là que parle , c’est encore moins pour eux que j’écris ; l’histoire est là qui m’écoute, et l'avenir s’est plus d'ime fois rangé du côté. des minorités.,... Mais quelle route prenons-nous? — Celle de Châtillon. Be cette ville où le monstre équivoque de la diplomatie établit, én i8i4; le ceptigp'*de ses frauduleuses opérations; où l’Europe, conspirant la perte d’un .seul homme, aü nom de^la paix, répandit sur la France tous les'fléaux de la ^err^.-
5o6 LtS CHAMPS CATALAüMQCES.
Non, mon cher j;i‘iiér;il, de pareils souvenirs n’oiil auciift charme pour mo<; allons droit à Châlonssup-Mame, et continuons notre pèlerinage dans des champs de gloire et de malheur, où nous ne pouvons du moins accuser que la fortune. — N’en parlons plus,» dit le général eu donnant i'ordi^- au postillon de suivre la grande route de -Troyes. Je rejjrettai cependant de ne poipt passer par Langres, patrie d'Kdmond Richer, de Barbier d’Aucourt, et (le Dklerot. Çc dentier, sur-tout, recommandait à mon souvenir la ville qui l’a vu naitre: cet homme de géuie qui, par un mauvais emploi de ses facultés prodigieuses, .manqua sa destinée, et, si j’oæ m'exprimer ainsi, dévora son propre avenir. Des. conversations stérile» , d(» q>amphlets , de» romans , absorbèrent une. grande partie d'une ,vie mal employée ^our sa gloire. Peu d'hommes, doués de , talents aussi vastes, ont plus complètement négligé d’en tirhr parti on ne doit pas juger Diderot d'aptips ses ouvrages, ou la confusion, l’emp^sp, la divagation, sé foui trpp souvent .sentir. Ulio sagacité ^ puissante , une ardente pénétration , une haute éloquencre, une 'seusibilité active, lu’y ont laissé que des traces plus on moins profondes , auxquelles on . est pltft^t forcé de deyiner son génie que de le Kécoiinaitre. . ' ' . i
• ji Le général ne partageait pas dans toute son étenf due mot) opinion sur l’auteur de Jacques le Fataliste,
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LES CHAMPS CAT ALA.UNIQUES. Soy et nous discAitions encore lorsque nous arrivâmes, par une route de traverse, au vill^e de Doufe^ ^ent , où le* quartier général de nos troupes fut établi le 24 mars 181 4-"
^L’empereur, me dit' le général, avait forihé le haréi projet de manœuvrer sur les derrières de l’ennemi, et de lui couper toute communication ; par celte admirable ^manœuvre les coalisés se seraient trouvés comme pris au piège , et presque entièrement cernés: mais, pour accomplir ces projets dictés par le génie 4 la science et le .courage ne suffisaient pa^y'il fallait le- concours de la puissance des masses, il- fallait cé' nombre qui nous < manquait. • ' '
> a Napoléon , dès le 23,, ftu rejoint à Saint-Dizjer par le duo- de Viccnc^, qui apportait Içs dernières .propositions du congrès de Châtillon; quelque pénibles qu’elles fussent à accepter, l’empereur, ébran- ,l«p ar les vœux que l’on fesait autour de lui' pour la paix, ne bttlança pas à dobner au duc de Vicence . 'l’ordre de reprendre le cours des -négociations. Un -tel effort dut sans doute lui coûter plus que l’acte même de son abdication. . ‘
• « Cependant.il ne, négligeait pas le soin de la guerre; par ses ordres l’armée se rapprocha de Saint;Dizier, et lui-même s’établit à Dpulevent, dé'^ ployant une de ses ailes vers Bor-sur-Aube , de ma- • nière à pouvoir s’avancer vers la Lorraine, la Bout-
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(joj'ne, QU Pai’is', suivant que les-circonstances • lu demanderaient. Le 36 , au matin, les coalisi^ attaquent notre arrière-garde cantonnée à Saint-Dizier, la forcent de se replier sur le corps principal , et la suivent avec audace. L’emperéur jugé le moi^nt favorable, il envoie, contre l’ennemi les'généiaux Milhaud et^ébastiani, les appuie lui-même de sa présence; et, enfoncés -à Jeur tour, les coalisés battent en retraite, et abandonnent Saint-Dizier, dont nous prenons possession sur-le-champ. '
« Cette affaire glorieuse avait été précédée d’une action qui ne le fut pas moins, e't dont la même ville avait été le théâtre; celle-ci eut lieu à la fin de janvier : Napoléon chassa devant lui les troupes étrangères. On ue peut sc figurer l’enthousiasme • des gens du pays , lorsqu'il féparut parmi eux, et l’on ne peu): trop rire de la prétendue haine que les écrivains d’on parti ont prétendu qu’il inspirait ait peuple. ■ ■>. * -» •»
U Kieu n’est plus magnifique que la route de Saint-Dizier à Vitry-le-Fraiiçais : cette ville èstd’origioe moderne, celle qu’elle a remplacée fût brûlée pendant la guerre que Charles-Quint fit à la France en i54i ; le roi Français F', n’ayant pas voulu la relever de. ses ruines, en transporta les habitants à .^une lieue plus loin, sur le penchant d’un coteau et • sur les bords de là Marne. * - ’ -
'« Napoléon établit là son quartier général à la fin