DROIT 1)E GUERRE
quieu a respecté les principes de la morale, dont il s’cst plus d’une fois écarté, en voulant montrer quel a été et quel doit être l’esprit des lois. Usbek reconnaît que, dans le droit public, l’acte de justice le plus sévère c’est la guerre, puisquï/ peut avoir pour effet de détruire la société qui est attaquée, et même celle qui attaque. Il met au second degré les représailles; c’est le talion delà politique. Cette manière de se venger du crime par le crime doit être rejetée du droit public pour les mêmes raisons qui l'ont fait rejeter du droit civil; car si le rqeurtre ne répare pas le meurtre , la dévastation n'iudemnisc pas non plus de la dévastation.
Le troisième acte de justice politique est de priver un prince ou un état des avantages qu’il pouvait retirer de l’état offensé, en proportionnant toujours la peine à l’offense. Enfin le quatrième acte de cette justice des nations, et qui doit être le plus fréquent, est la renonciation à l’alliance du peuple dont on a à se plaindre. « Cette peine , dit Montesquieu, ressemble à celle du bannissement que les tribunaux ont établie pour retrancher un coupable de la société. » Mais je vois dans ces derniers actes renonciation et non réparation: n’est il donc d’autre moyen de l’obtenir que par la guerre? Les rois se sont garanti 10111*8 prérogatives par de saintes alliances; fie peut-il en être formé de plus saintes pour garantir les droits des peuples? un lien féde-
DROIT DE GCERRE.
ratif, semblable à celui qui unit entre elles les républiques de l'Amérique du nord, ou à celui qui forme un état unique des diverses républiques de la Suisse, ne peut-il aussi unir entre elles les diverses nations? Enfin cette paix perpétuelle, proposée par l’abbé de Saint-Pierre, est-elle aussi impraticable qu'on ne cesse de le répéter? C’est une question politique qui , sans être étrangère au sujet que je traite , exige plus de développement que je ne puis en donner dans le cercle où je me suis renfermé.