‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 12 sur 318 · ET DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

ET DE LA RELIGION

tions outre nature, il en détruisaient l’ensemble ; ceux-ci ont cru trouver l'homme primitif dans l’individu isolé, et n’ont pas assez réfléchi que l’association estletat naturelde l’homme, et qu’il apporte en naissant l’instinct nécessaire à l’établissement et à la conservation de cette société, hors de laquelle il n’y a pas pour lui d’existence.

Cette chaîne n'existait pas pour les anciens. Cicéron , dans son traité des Devoirs, établit sur les bases de cette philosophie stoïcienne (où Montesquieu voyait le plus haut degré de la sagesse humaine); Cicéron, dis-je, établit des principes de morale qui ne diffèrent de ceux de l'Évangile qu’en cela seulement qu’il les présente indépendants de toute croyance religieuse.

Un grand écrivain a dit: « Cultiver la vertu, regarder toute superstition avec horreur ou avec pitié , c’est être philosophe , c’est être religieux. »

Adorer la cause première et Anale qui se manifeste dans toute la nature ; croire que letre intelligent qui fait le bien et évite le mal, dont il a le sentiment inné, se conforme à la volonté de l’éternel créateur; que toute action aura son châtiment ou sa récompense , c’est penser en homme religieux : n’est-ce pas aussi penser en philosophe ?

La morale sans la foi ne cesse pas d’être la morale; mais, sans la morale, qu’est-ce que la foi? Vous croyez, dites-vous; mais voyous d’abord ce

24 UNION DF, LA MORALE ET DE LA RELIGION, que vous faites ; car enfin , que m’importe votre croyance , si vos œuvres ne sont pas d’accord avec la justice éternelle? Dans la inorale, je ne sépare pas le précepte de la pratique, la régie de la conduite, et le commandement de l’exécution.

Page 1