DU PRINCE
senties. 11 faut que ses actions soient toujours conformes à ses discours; il lui importe detre cru stable dans ses desseins et sincère dans ses paroles. Le choix de ses familiers, de ses ministres, de ses généraux, de ses agents dans toutes les branches de l’administration, ne doit tomber que sur des hommes dont les vues, les sentiments, les intérêts, et les discours, soient aussi sincères que les siens; car quoi de plus propre à mettre en doute de sa foi , s’il gouverne un peuple libre et régi par des lois, que de le voir confier le soin de leur conservation et de leur exécution aux partisans de l’arbitraire et de la servitude?
Le banquier, le négociant qui prendrait pour commis des banqueroutiers frauduleux, des hommes d’une mauvaise foi reconnue, protesterait vainement de sa loyauté dans les affaires, de la sûreté de ses engagements; la confiance publique se retirerait de lui.
Il importe plus particulièrement encore que des hommes qui représentent le prince au-dehors soient connus par leur attachement aux institutions et à la forme du gouvernement établi dans leur pays : non seulement ils ne doivent pas être soupçonnés de calomnier ces institutions chez l'étranger, mais leur devoir est d’en prendre hautement la défense en toute occasion. L’honneur de la nation et l’honneur du prince demandent qu’il ne soit élevé aucun