‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 144 sur 318 · LOIS DE LÈSE-MAJESTÉ · texte numérisé non relu

LOIS DE LÈSE-MAJESTÉ

« avaient rompu tout commerce entre les vivants k et avec les morts; la compassion s’éteignait dans «le cœur des citoyens à mesure que la cruauté « augmentait dans lame féroce de l’impitoyable Ti- « bère. »

Dans la crainte d’être considérés comme ses complices, les parents , les amis d’un accusé se retiraient de lui; les délateurs, les témoins qui le chargeaient étaient seuls entendus avec faveur, et récompensés : la disgrâce et la mort frappaient bientôt ceux qui avaient osé parler pour les accusés, et déposer selon la vérité. Les accusateurs abondent; les défenseurs disparaissent : des bourreaux et des victimes, voilà tout ce qui reste en face de ces tribunaux dont la justice est bannie.

Tout devint crime de lèse-majesté sous le régne de cet exécrable Tibère et de ses infâmes successeurs. Drusus Libon périt pour avoir consulté les devins ; Scaurus, parccqu’il était auteur d’une tragédie d'Atrée; Fusius Géminus et sa famille entière périrent pareeque l’auteur de cette famille avait été autrefois ami de Pompée.

Un citoyen est mis à mort pour avoir manqué de respect au divin Auguste, en frappant un esclave auprès de sa statue; un autre subit le même supplice pour avoir changé d’habits dans une chambre où se trouvait le buste du divin Auguste. Un personnage consulaire est jeté aux gémonies pour avoir

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