‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 157 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De la torture et du secret.

Le motif qui fit abolir la torture est celui pour lequel les partisans du pouvoir absolu la regrettent, et sont tout prêts à la redemander; car c’est le moyen de sauver les coupables et de perdre les innocents.

A Rome, l’esclave d’un certain Marcus Agrius fut soupçonné d’avoir tué un esclave de Titus Fannius. Dans les douleurs de la torture, l'esclave d’Agrius convint qu’en effet il avait tué l'homme dont on l’accusait d’être le meurtrier, et il fut condamné à perdre la vie. Peu de jours après son supplice, l’esclave que l’on croyait mort reparut; il n’avait été ni assailli ni même insulté par celui qui venait d être exécuté comme son assassin.

Cet esclave de Fannius tua , par la suite, un chevalier romain, et, mis sept fois aux épreuves de la torture, sept fois il les soutint avec constance, et finit par échapper à la punition d’un crime avéré.

Dans ces luttes odieuses, entre la douleur qui presse un homme de s’accuser lui-même, et la conscience de l’accusé qui refuse de trahir la vérité, oii le sentiment de sa conservation qui le porte à la

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